Le coup de la cigarette…

« Emmanuelle, toi qui est soi-disant fan de bijoux…. Tu fais grève, ou quoi, sur ton blog ? » Bon, en gros, je me suis aperçue que je n’avais pas parlé de choses légères et jolies depuis de longues semaines, et que vous pourriez mettre en doute mon esprit fifille que je revendique haut et fort (en plus, ça rassurera ma mère !). J’avais en fait prévu de vous parler d’une drôle de broche dégottée sur Internet il y a quelques temps, mais mes envies du moment avaient un peu changé la donne.
Si mes tiroirs débordent de bagues, boucles d’oreilles et colliers, on ne peut pas dire que je sois très « riche » en broches. Certainement parce que j’estime qu’un gros machin à chaque main et à chaque oreille suffisent au décorum, au risque de ressembler à un arbre de Noël avant l’heure. Mais parfois, la broche est bien plus qu’un bijou : c’est un sauve-la-face… Comme pour cette robe imprimée noire que j’adore porter mais dont le premier bouton refuse systématiquement de rester en place plus d’une heure. Et j’ai alors soit le choix de me faire connaître sous le surnom de « la fille en soutien-gorge noir » (oui, j’essaye d’assortir, quand même !), soit d’être juste congratulée sur ma tenue… grâce à la fameuse broche qui retient tout ! Et quand me prend la bonne idée de m’offrir une combinaison bordeaux à ceinture rouge chez mes camarades de H&M, je suis bien obligée de me rendre compte, une fois l’épisode cabine d’essayage expédié, que la coupe cache-cœur donne droit à une place au premier balcon d’où vous vous doutez. Sauf que… Combinaison bordeaux au décolleté XXL + ceinture rouge qui flashe = broche assortie obligatoire ! Et là… Bon courage !
« The » combinaison… ©MBazU
Comme il existe heureusement un Dieu pour les fashionistas, j’ai vite repéré sur le web l’accessoire idéal, original, et drôle. Une fausse cigarette ! Un bijou décalé, comme je les aime souvent, un peu plus « gadget » que les autres, mais comme je ne le porte pas tous les jours, autant qu’il ait de la personnalité. Et puis, la non-fumeuse que je suis y trouve un clin d’œil plutôt drôle en ce temps où les drogués de la clope sont montrés du doigt ! Même si mes rapports avec le tabac sont un peu complexes… Vous allez comprendre pourquoi.
Et un gros plan sur la broche… ©TheFrenchFactory
Mon histoire avec la cigarette…Alors… Tout d’abord un père, ancien gros fumeur ayant arrêté à ma naissance, histoire d’épargner mes poumons. Une mère qui devait consommer un paquet en deux ans, et donc s’autoriser d’en griller une à la fin d’un bon dîner au restaurant. J’avais bien deux oncles très portés sur la chose nicotinée, mais rien que d’évoquer les Gauloises Blondes de l’un, mon estomac fait un grand huit. Donc pas de mauvais exemple sous les yeux, une confiance quasi aveugle de mes parents quant à mon envie de jouer à l’ado rebelle et fumeuse… Confiance que j’ai trahie par deux fois. La première, à douze ans, lors d’une masterclass de violon à Pont St Esprit. La pianiste qui accompagnait lors des concerts nos professeurs, Frédéric Lodéon et Ivry Gitlis, fumait des Dunhill Menthe, très longues et très fines, d’une classe folle. Nous avions trouvé le moyen, avec d’autres stagiaires, d’en récupérer une, je ne sais plus de quelle façon. Mon souvenir ? Une grosse toux d’étouffement, la déception du goût peu mentholé. Bref, un échec. La seconde fois vous fera rire, je n’en doute pas. Alors âgée de 15 ans, et avec l’envie de jouer à la grande, je décidais que oui, je fumerai, sainement et sans danger pour ma santé. Direction la pharmacie pour m’offrir un paquet de cigarettes… aux plantes ! Fière de mon achat, de cette maturité déjà bien établie et de cette intelligence sanitaire, j’allumais donc ma première cigarette sous l’œil pas très convaincu de Dominique, ma meilleure amie de l’époque. Le décor était à la hauteur de mon challenge : les Champs-Elysées ! Premières bouffées tout en marchant d’un pas allègre, la tête haute et la pose limite ParisHiltonesque : tout le monde se retourne sur mon passage… J’y ai cru 15 secondes, mais les quelques neurones qu’il me restait à ce moment là ont vite repris l’ascendant. Ca sentait carrément le barbecue ! Grosse honte, bien sûr, mais surtout vaccination définitive contre la cigarette. Comme quoi, une sacrée bêtise peut vous servir jusqu’au restant de vos jours…
Depuis, j’avoue avoir développé une belle allergie à cette odeur de nicotine. Non pas que je sois une anti-fumeurs primaire, mais l’odeur de tabac froid m’est juste insupportable. Sans compter les nombreuses batailles qu’il a fallu livrer contre ces derniers au moment de l’adoption de la loi Evin. Si j’étais ravie de ne plus être enfumée dans les avions, trains et quais de gares, cela ne faisait pas plaisir à tout le monde, et j’ai souvenir que nombreux ont été ceux qui ont fait figure de résistants, en refusant délibérément de nous laisser profiter de cet air dépollué de nicotine. Il y en eu des insultes, des accusations d’empêcher de vivre librement ! Deuxième phase au bureau, quand le patron est lui-même un gros consommateur et refuse délibérément de suivre la loi, à savoir, à l’époque, réserver une salle exclusivement aux fumeurs, et préserver l’espace de ceux qui ne sont pas cigarettomanes. Chaque mois, en tant que déléguée du personnel, je remettais le non-respect de cette loi à l’ordre du jour. Et chaque mois, je me prenais un vent. J’ai même eu droit à un traitement bien particulier : déménagée dans un bureau avec trois fumeurs, qui bien sûr ne baissaient pas leur consommation pour mes beaux yeux. Troisième et dernière étape : les bars et boîtes de nuit. Je ne comptais plus le nombre de vêtements bons à jeter suite à une soirée où j’étais quasiment la seule à ne pas fumer. Et surtout, dans ces cas-là, ne rien dire, au risque de se faire là aussi insulter ou traiter de casse-pieds (je suis polie). Mais pour cette problématique, j’ai eu droit à ma petite vengeance…
Souvenir d’une soirée cigares-mojitos version montpelliéraine… ©MBazU
Car si je ne suis pas une fumeuse de cigarettes, j’ai par contre adopté le cigare. Tout d’abord parce qu’on ne le fume pas de la même façon. Une cigarette s’attrape souvent sans même y penser, par habitude, se fume à la va-vite et se jette comme on se débarrasserait d’un chewing-gum qui n’a plus de goût. Le cigare, c’est une autre histoire : il faut le choisir, ni trop sec, ni trop souple, le sentir, puis en couper l’extrémité pour enfin démarrer la dégustation. On le fume lentement, avec patience et douceur, sans jamais avaler la fumée tout en lui laissant la possibilité de venir titiller notre palais et d’y asseoir ses notes boisées, miellées, voire sucrées… Une fois les deux-tiers entamés, il faut soigner la dernière ligne droite : prendre son allumette, la passer sur la pointe encore noircie et chaude, non pas inspirer mais expirer, afin d’évacuer le gaz qui s’est accumulé lors de votre « fumage ». Et là, vous voilà reparti pour un dernier tour de piste, avec des saveurs encore plus intenses et savoureuses à déguster.
Vous l’aurez compris, cigarette et cigare n’ont rien à voir pour moi. Voilà pourquoi je me suis amusée, dans les derniers mois où les fumeurs étaient encore autorisés à l’intérieur des bars, à fumer avec délectation mon « Punch Punch » préféré sous le nez de ceux qui n’avaient jamais eu pitié de mon ras-le-bol nicotinien. J’en ai fait fuir, des arrogants et des mal élevés… Pour le coup, c’était moi qui importunait tout ce beau monde de ma fumée !
Que dire ? Que les interdits ne sont pas forcements fait pour être défiés. Qu’il faut savoir être souple, dans un sens ou dans l’autre ; savoir respecter les personnes qui ne supportent pas l’odeur de la fumée, particulièrement envahissante quand on se trouve dans un lieu vierge de toute odeur ; ne pas systématiquement râler quand dans la rue, les fumeurs profitent d’une petite pause pour céder à l’appel de la « clope » ; que fumer, finalement est un acte tout à fait noble quand il est accompli par pur plaisir, pour son propre plaisir. Il me fait souvent peine d’en voir certains ne même plus se rendre compte de ce fameux geste, d’aller chercher la cigarette dans son paquet, de l’allumer et de tirer la plus grosse des bouffées quand le train arrive à quai, histoire de ne pas en rater une miette.
En fait, nobody’s perfect…  Nous en premier ! 😉
Broche Smoke
The French Factory
16€
J’en profite également pour conseiller aux amoureux des cigares le dernier opus d’un camarade journaliste. Guillaume Tesson avait l’an dernier signé un magnifique guide sur les us, coutumes et spécificités du fameux barreau de chaise, sobrement intitulé « Cigares ». Il revient en 2010, tel Rocky Balboa qui remet son titre en jeu, avec cette fois-ci « the » Petit Larousse des Cigares, disponible dans toutes les bonnes librairies. Moi qui ne suis pas fan des conditionnements « gadgets » systématiquement proposés par quelques maisons d’éditions, j’applaudis l’idée de cet humidor qui emballe le livre, une magnifique idée cadeau pour soi ou ceux qu’on aime… et qui met KO tous les adversaires du Dieu cigare !

Le Petit Larousse des Cigares, par Guillaume Tesson
34,90€ dans son coffret en cèdre
Dans toutes les librairies et sur Internet

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