Gourmandise et 7e art…

J’ai précédemment partagé avec vous ce que je considère être la plus belle scène d’amour du cinéma (remember, Juliette Binoche dans « Le Patient Anglais »).

Mais comme il n’y a pas que l’amour dans la vie, j’ai pensé à vos délicates papilles. Plus précisément, à une scène de film où le personnage est confronté à un choix draconien : faire ses classes amoureuses et ainsi passer de l’état de « garçonnet » à celui de « jeune adulte », ou bien s’empiffrer d’une délicieuse charlotte à la crème aux courbes appétissantes. Quel rapport, me direz-vous ?

Allez, je vous présente le contexte. Ou vous le rappelle, car la fameuse scène est tirée d’un des grands classiques du cinéma : « Il était une fois en Amérique ».

Ce film présente le destin collectif de six gamins vivant dans le ghetto juif de New-York, dans l’Amérique des années 20. David est le meneur d’une petite troupe composée de Patsy, Patrick, Dominic et Moe. Ce dernier ne participe pas aux turpitudes de ses charmants camarades, mais intéresse ses amis sur deux points : il travaille dans le Delicatessen familial, et sa soeur, Déborah, est d’une beauté remarquable, qui ne laisse pas indifférent David, le rebelle. C’est par le biais du hasard qu’un sixième larron, Max, vient s’ajouter au groupe. Son charisme, sa grande taille et son ambition le mènent tout naturellement au partage du leadership. Ces garnements rendent ainsi de menus services à des « clients », intimidant des commerçants, ou allant même jusqu’à mettre le feu à certains commerces. L’impression de faire leur place dans le monde des adultes, et, certainement, d’échapper à une misère promise de par leur classe sociale.

Leur destin bascule quand, attaqués par une bande adverse, le petit Dominic est tué.

David le vengera, mais pour cela, commettra un crime qui l’enverra directement à la case prison. En sortant de là, quelques années plus tard, il retrouve toute la bande, mais les petits délits d’hier sont devenus de gros trafics, Prohibition oblige. Les ambitions, l’argent, le pouvoir et même l’amour viendront gripper cette belle amitié, avec, une fois de plus, des conclusions fatales.

La scène que je partage avec vous est heureusement très légère… Parmi le voisinage de David, une certaine Peggy offre ses charmes contre de menus cadeaux. Pas farouche pour un sou, comme vous vous en doutez, elle se joue des premiers émois de nos jeunes amis. Pour eux, la monnaie d’échange est une magnifique charlotte à la crème, celle que l’on trouve chez l’ami « Fat » Moe. Le message est clair, et n’a pas échappé à Patsy aux beaux yeux bleus. Il se rend donc chez Moe, lui achète sa plus belle charlotte avec les quelques sous tirés de sa poche, et s’en va profiter de l’excitant marchandage… Et là…

Voilà l’occasion de revoir un extrait de cette magnifique oeuvre de Sergio Leone, idéalement servie par une bande originale signée Ennio Morricone. La distribution est absolument phénoménale, avec, en particulier, le duo Robert de Niro (David) / James Woods (Max), la lumineuse Elisabeth McGovern (Déborah), dont le rôle enfant était interprété par une très prometteuse Jennifer Connelly.

A découvrir, forcément, et à revoir, bien sûr !

Des Hommes et des Dieux, un Grand Prix éclairé…

Déjà, la bande-annonce…
Quand j’entends le deuxième mouvement de la 7e symphonie de Beethoven, quoiqu’il arrive, mon coeur bat plus fort, et le charme opère déjà.
Le sujet ? Un véritable fait-divers, celui de l’enlèvement et de l’assassinat en 1996 de plusieurs moines cisterciens de Tibhirine (Algérie). Le film nous narre la vie de ces serviteurs de Dieu, quelques mois avant le drame, sur ce qu’on imagine avoir été leur quotidien, leurs réflexions, leurs peurs…
C’est un film lent, où les images ne se bousculent pas, où le silence est omniprésent mais partie prenante des dialogues. Les lumières sont sobres, naturelles, souvent grises, austères, à l’image de l’enfermement digne et humaniste de ces moines. Il y a aussi des rayons de soleil, quand ces derniers se mêlent à la population locale, partagent leurs fêtes, ou évoquent la Bible et le Coran.
La tension est palpable tout au long de ce « docufiction ». Tout comme frère Christian et ses compagnons, on s’attend à tout moment à subir l’irruption des membres du GIA dans ce paisible monastère. Leur souffle est parfois court, et le nôtre se met au diapason. Les moines doutent, prennent peur devant la violence qui monte autour d’eux, écartelés entre leurs devoirs de religieux, et leurs faiblesses psychologiques semblables à celles de Monsieur-tout-le-monde.
Et la musique, forcément.
En fait, pas de trace de Beethoven, qui aura simplement servi pour la bande-annonce. Des chants religieux, bien sûrs. Mais également une scène absolument culte, où frère Luc pénètre dans la salle à manger, bouteille de vin et cassette à la main. L’image, assez truculente, fait sourire ses camarades. La cassette se met en route et d’un coup, « La Mort du Cygne » résonne. Suivent alors des plans magnifiques, fixés sur les regards, les sourires, puis les larmes, la peur… et la résignation. La magie de Tchaikovsky alliée à la maestria de Xavier Beauvois nous met un gros coup dans l’estomac.
Quant à la distribution, elle est tout simplement magnifique. La Presse met en avant Lambert Wilson, et à juste titre, mais les autres acteurs sont également à saluer. Jacques Herlin (frère Amédée) et Michael Lonsdale (frère Luc), sont particulièrement touchants. Le premier, le plus âgé du groupe, et sans doute le plus sage. Le second, dont l’activité de médecin le rapproche parfois plus de l’esprit des Lumières que de celui de Dieu, me rappelle de plus quelqu’un de très proche…
Il n’y a pas de secret. A l’apparition du générique de fin, très peu de paroles dans la salle. Un silence omniprésent. Du recueillement, même. Du mal à se lever de son siège. Le soulagement d’être venue seule car, et c’est assez inhabituel me concernant, aucune envie de parler ou d’échanger la moindre parole sur ce que je viens de voir. Je rentre chez moi avec ce silence dans la tête, et il m’a fallu un peu plus d’une heure pour sortir de ce calme, allumer la télévision et monter un peu le son.
La force de ce film est de ne pas sombrer dans le psychodrame-martyr, d’admirer la force intellectuelle et mystique de ces hommes qui ne sont pas dénués de tremblements, et qui, malgré leurs différences, en arrivent à la même conclusion. Il y a très peu de scènes rapides (et donc violentes), mais c’est une oeuvre très forte.
« Des Hommes et des Dieux » nous emmène sur ce chemin trop peu emprunté par les êtres humains, ces dernières semaines, celle de l’écoute, du dialogue, de la compréhension, et de l’amour de l’autre.

La bande-annonce…

Monsieur « sexy »…

Et bien voilà.
Encore sous le coup de la déception quant au classement des 50 hommes les plus sexys selon les lectrices de Glamour UK (voir mon billet d’hier ici), voilà que cette histoire m’a travaillée… Mais qui serait mon « Monsieur sexy » à moi ?

La réponse est venue assez vite, et en cela, merci à  l’actualité cinématographique de m’avoir rappelé son existence. Car l’élu sera en fin d’année à l’affiche de « Encore un baiser », suite d’un des plus grands succès du cinéma italien, le très chorale « Juste un baiser », sorti en 2001…

Bon allez, je vous livre le nom… parce que c’est vous : Pierfrancesco Favino.

Je l’ai découvert il y a 10 ans, donc, dans « Juste un baiser », où il m’avait à la fois tapé dans l’oeil pour son physique, mais également pour son rôle d’homme responsable et les pieds sur terre, à 180° de ses camarades de jeu qui animent le film de leurs doutes, aventures minables et crise de la trentaine.

Mais le monsieur a confirmé tout le bien que je pensais de lui quelques années plus tard, dans « Romanzo Criminale », où, s’il a un rôle un peu moins lisse, son personnage du « Libanais » est néanmoins le leader charismatique de cette bande de voyous qui sème la terreur dans l’Italie des années 70.

Pierfrancesco (oui, oui, je me lâche un peu en l’appelant par son petit nom) est un acteur qui compte en Italie, et qui arrive à s’exporter à Hollywood, même si, hélas, il est un peu victime de son physique méditerranéen-macho. On a ainsi pu le voir dans « les Chroniques de Narnia 2 », ou encore « Anges et Démons ».

Allez, je suis sympa ; je partage même avec vous le lien de son site officiel…
Site officiel de Pierfrancesco Favino

Et puis, pour rappel, la bande-annonce de ce chef-d’oeuvre qu’est « Romanzo Criminale ». Si vous ne l’avez pas vu… rattrapez-moi ce retard !