Paris flambe, tout du moins ses arrondissements…

Étiez-vous à la présentation des 90 ans de Jovoy, le 27 septembre dernier ? Faisiez-vous partie des nombreux « happy few » conviés à l’anniversaire d’une des plus belles boutiques multi-marques de parfums de niche en France ?

J’y étais. Et je n’étais pas la seule. Ravie que la passion et l’engagement de François Hénin, son propriétaire, soient ainsi récompensés, et qu’il nous propose, quasiment tous les mois, de nouvelles marques à découvrir. Mais, rançon du succès oblige, il était fort difficile de se frayer un chemin dans l’immense boutique du 4 rue de Castiglione, où créateurs, journalistes, blogueurs et autres professionnels de la profession se retrouvaient une coupe de champagne à la main.

François et son équipe avaient bien fait les choses en installant sur le comptoir central, un peu à l’écart de l’entrée, les nouveautés à découvrir.  C’était certainement le lieu le plus pratique pour se poser quelques minutes, faire connaissance avec de nouvelles maisons, tester les dernières créations de « nez » déjà bien connus. Mais il était bien difficile pour mon propre museau de se faire une véritable idée de qui pouvait me plaire ou pas. Si mon appendice nasal sait désormais gérer les « sniffage-testing » à haute répétition, il me faut quand même un peu de calme pour que cela remonte au cerveau. Voyant que je n’arriverais pas à mes fins, et que plus les minutes passeraient, plus les invités se feraient nombreux, je décidais de capituler. Enfin, à moitié (on n’est pas Bélier pour rien, hein ?)…

©MBazU
Chez Jovoy – ©MBazU

Il m’a juste fallu faire un demi-tour sur moi-même pour faire « la » découverte de la soirée. Bye bye les parfums… Bonjour les bougies ! Car voilà une autre passion que j’ai du mal à maîtriser, même si le petit nombre de mètres carrés, chez moi, m’empêche de les collectionner comme je le fais pour les bouteilles de parfums… Par contre, mon bureau est devenu mon antre favori pour les accumuler, et, dès l’automne, en imprégner l’atmosphère plutôt rugbystique des locaux.

Me voilà donc devant six bougies, d’une marque encore inconnue pour moi, La Note Parisienne, chacunes baptisées d’un arrondissement de Paris. Je ne vous ferai pas l’insulte de la question piège : six bougies pour vingt arrondissements : il y a comme une anomalie algébrique, non ? Oui, mais pour un début, c’est déjà beaucoup ! Et cela a le mérite de pouvoir faire se familiariser en toute quiétude avec les « aînées », en attendant les naissances à venir.

Donc, six arrondissements dans cette collection : le 1er, le 6e, le 8e, le 9e, le 16e et le 18e. Forcément, nombrilisme oblige, je suis plus qu’enthousiaste de voir que « mon » arrondissement (le 18e) fait partie de la short-list et que celui qui m’a hébergée pendant plus de 10 années (le 9e), soit également de la partie. A chaque arrondissement, une atmosphère et un décor ont servi pour créer la ligne olfactive. Avec, à la clé, des histoires qui ravivent de vieux souvenirs chez les Parisiens de souche, comme moi, ou invitent au voyage ceux qui ne vivent pas à son rythme au quotidien.

1er arrondissement rend hommage au Paris historique, son coeur, son poumon… celui du Louvre (quand il était encore résidence royale), de la Sainte-Chapelle. Forcément, il y a de la noblesse dans ses notes. On imagine une scène de la Reine Margot (l’occasion de rendre hommage à Patrice Chéreau, disparu ce 7 octobre), des odeurs de cuirs, de fleurs blanches entremêlées, à la fois sauvages et nobles.
Notes : marbre du Louvre, safran, patchouli, santal, cuir

6e arrondissement, c’est le Paris intello-artiste, celui de la grande époque des Deux-Magots et du Flore, où jeunes filles en fleurs et intellectuels au costume patiné se croisaient au gré des terrasses ensoleillées. C’est également un clin d’œil à la bourgeoise chic et discrète qui aime dans cet arrondissement l’alliance idéale entre boutiques branchées le jour et bars fériesques la nuit. Féminissime…
Notes : rouge à lèvres, cognac, fleur d’oranger, tubéreuse, jasmin, rose, figue

8e arrondissement est bien plus surprenant qu’on ne pourrait le croire et absolument pas cliché. Ici, référence est faite à la plus belle avenue du monde, aux Champs-Elysées d’un certain 26 août 1944, jour de défilé, de liesse et d’une liberté retrouvée pour des milliers de Parisiens venus à la rencontre des hommes du Général Leclerc. L’été est beau et Paris est à la fête en mode multicolore. Quant aux femmes, elles rayonnent de gourmandise et de sensualité. Liberté, liberté chérie !
Notes : champagne, cassis, fruits rouges, magnolia, écorce d’oranger

9e arrondissement fait référence au quartier Pigalle et aux cabarets des Grands Boulevards, à un Paris titi et coquin version XIXe siècle qui sentait l’ivresse et la sensualité sans tabous. Les femmes faisaient monter la température dans des tenues aguichantes, éveillaient le désir d’hommes venus admirer leurs jambes légères et leurs formes généreuses. Union des corps et des âmes, lèvres et peaux qui se mêlent, jusqu’au plaisir ultime…
Notes : lingerie fine, citrus, lavande, verveine, musc, patchouli

16e arrondissement, c’est l’image de la campagne chic à Paris, de ces avenues larges et un brin aristocrates qui forment la frontière avec une capitale qui bruisse et qui vit à 100 à l’heure. Ici le calme revient. La volupté du temps qui s’arrête, ou tout du moins qui ralentit, est un luxe sur lequel ses habitants veillent jalousement. Rien d’ostentatoire, tout est noble et finement gardé secret derrière les larges baies vitrées qui laissent parfois entrevoir une tenture de velours rouge. So chic !
Notes : or et argent, épices, pin, cèdre, santal, vetyver, muguet

18e arrondissement, forcément mon coup de coeur… Tout d’abord car c’est mon antre, l’univers qui est devenu mon quotidien depuis un peu plus de deux ans. Mais le 18e arrondissement est complexe et véhicule deux images : celle démocratisée par le film Amélie Poulain, où les codes du boboïsme envahissant les Abbesses, le Sacré-Cœur et la Place du Tertre. Et ce 18e arrondissement plus chamarré, plus métissé, où les pays et les cultures se mêlent, parfois avec quelques grincements de dents, mais qui en font toute sa richesse. Barbès, Château-Rouge… On n’aime pas forcément s’y perdre et pourtant, c’est un véritable voyage au cœur de Paris. Imaginez l’Europe, l’Afrique et l’Orient réunis sur quelques kilomètres carrés, ces marchés où jeunes, vieux, touristes et riverains se côtoient au quotidien, où le terme « populaire » n’est pas un gros mot mais au contraire le dénominateur commun d’une culture universelle. Que le métissage est beau…
Notes : poivron, harissa, vanille, feuille de tabac, musc, romarin, bois cuiré

Bougie 18e arrondissement - ©LaNoteParisienne
Bougie 18e arrondissement – ©LaNoteParisienne

Bougies La Note Parisienne
Prix : 42€

Disponibles en exclusivité chez Jovoy
4 rue de Castiglione – Paris 1er
Ouvert du mardi au samedi, de 11H à 19H
www.jovoyparis.com