« Traversée du Bosphore », my Turkish Delight…

Le hasard, n’existe pas… Il semble même parfois programmé.
Ce hasard, c’est un enchaînement de petites choses qui m’ont amenée à partager ce billet avec vous, et un parfum encore enfoui dans le secret d’un atelier situé à quelques mètres du Louvre et de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. C’est là que Bertrand Duchaufour compose, dans un fouillis très organisé, propre aux artistes. Et d’avoir simplement osé contacter l’auteur de « Sartorial » (voir article précédent) juste pour l’envie de découvrir un jour, peut-être, son univers, je me suis finalement retrouvée dans l’antre quasi sacrée, nichée au premier étage de la boutique l’Artisan Parfumeur, rue de l’Amiral de Coligny.
Le pourquoi du comment ? La découverte de « Traversée du Bosphore », le prochain opus qui portera les couleurs de la Maison. Bertrand Duchaufour, son créateur, y est depuis deux ans l’équivalent d’un Directeur Artistique, un mariage qui a donné de beaux enfants, tels « Fleur de Liane », « Havana Vanille » (aujourd’hui rebaptisé « Vanille Absolument »), « Al Oudh » et « Nuit de Tubéreuse ». Et pour cette fin d’année 2010, ce n’est pas un petit Jésus qui se profile, mais plutôt une réincarnation de Fitnat Hanim, poétesse turque du XVIIIe siècle…
« Traversée du Bosphore » est l’inspiration d’un voyage à Instanbul, où l’auteur n’a bien sûr pas su résister à l’appel de son sens le plus développé. Trop d’effluves primaires, exaltées et panachées, de cuir, d’épices, de fleurs… Dans ce vertigineux bouquet odorant, il a également trouvé l’axe central qui ne nous lâche pas les narines et transpose cette palette stambouliote en véritable « Turkish Delight » : le loukoum est en effet l’invité vedette de cette ode à la sensualité, un loukoum pistache-rose forcément gourmand et féminin, qui pose sa patte dès les notes de tête et s’amplifie tout du long. D’abord vanillé, puis poudré, pour enfin se poser comme du sucre glace sur votre peau.
© Bertrand Duchaufour

Mais reprenons du début. Le cuir, non pas celui des tanneries, trop cru et trop animal, mais celui des grossistes, enroulé et entassé, prêt à être travaillé, apprêté et cousu chez les maroquiniers. C’est ce cuir qui donne le « la », ce signal qui met au diapason tout ce qui va suivre. Un cuir qui ne s’impose pas grossièrement, mais s’accouple avec une tulipe aux effets safran (Bertrand Duchaufour me souffle que l’odeur du safrol, l’un des composants de cette épice, est très proche de celle du cuir… Comme on se retrouve !). L’iris vient renforcer la note florale du parfum, et s’invite à la fête, bras dessus-bras dessous avec la grenade, si juteuse et légèrement acide.

Un départ en fanfare, avec des notes sucrées, animales, fleuries et fruitées…
Mais que se passe t-il ensuite ?
© Bertrand Duchaufour
Les épices, pardi ! Un bouquet de gingembre, safran et clou de girofle qui exulte comme un ballet de derviches tourneurs, non pas coiffé d’un bonnet rouge, mais d’un coeur de pomme. Pas n’importe laquelle, celle que l’on fume en chicha…
Hum… nous voilà parties vers les voies de l’interdit, mais Diable, pourquoi pas ?
Imaginez-vous alors sur le Bosphore, allongée dans une barque, les yeux dressés vers le ciel bleu et sans nuages d’Istanbul, enivrée par cette véritable procession d’odeurs. Vous perdez la tête, non ?
A ce moment-là, une charmante marchande de douceurs s’invite dans votre rêve. Autour d’elle, des montagnes de loukoums, tous plus appétissants les uns que les autres. « Pistache ou rose, mademoiselle ? ». Comment, il faut choisir ? Heureusement, Bertrand Duchaufour vous connait bien, et tranche dans le vif. Rose ET pistache, féminine ET fine bouche. Son parfum s’arrondit et vous enveloppe. Vous êtes prise au piège ! Alors, vous n’y tenez plus, et croquez dedans. Le sucre glace se colle à vos lèvres, la rose vous enivre et la pistache vous embarque dans la plus douce des gourmandises…. Ciel, que c’est bon !
© Bertrand Duchaufour
Rassasiée de sensations fortes, vous n’aspirez désormais qu’au repos, à une douce sieste apaisante. Vous vous imaginez enveloppée dans les chaudes brumes d’un bain turc. La chaleur, le bois du poêle, les baumes frottés sur votre corps. C’est l’abandon…
« Traversée du Bosphore », qui sortira en novembre, est une invitation au voyage qui mène  de concert à la sensualité. A la fois racé et presque doucereux, il est à l’image de LA femme, celle qui assume ses formes et son cerveau, ses talons aiguilles et sa montre d’homme. Un de ces parfums à forte personnalité qui ne vous saute pas à la gorge (ni à celle des autres) mais se fond peu à peu sur votre peau. Une peau à caresser, croquer, et, pourquoi pas… lécher !
Mais là, je vous laisse à votre douce intimité…

Traversée du Bosphore

Eau de Parfum – 100ml

L’Artisan Parfumeur




Sortie : novembre 2010


Les photos © Bertrand Duchaufour ont été prises lors de son séjour à Istanbul.

3 Commentaires

  1. Hé là! J'ai justement tout fait hier pour pouvoir le découvrir, et impossible!

    En tout cas, voilà qui le fait paraître – eh bien, exactement comme je le prévoyais: irrésistible…

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  2. @Sixtine : C'est un vrai parfum de peau ; il se bonifie, s'installe et s'épanouit un peu plus chaque jour… Miam !
    @Anne : Je pense qu'il va plaire à tes clientes… Pour ce qui était de Bertrand Duchaufour, c'est en effet une belle rencontre avec un véritable artiste. Bisous.

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