En image

#MemoireduneOdeur

Coup de foudre immédiat pour la dernière création Gucci version parfum. Une fois encore, cette Maison surprend agréablement sur un positionnement grand public niveau prix, mais ultra quali dans sa direction artistique (je suis une grande fan de la sublime tubéreuse de Bloom !).

Alberto Morillas a composé un tableau frais, fleuri, quasi vintage, mais avec un twist sensuel flirtant avec une certaine rondeur. Le flacon est chic et sobre, et le packaging si beau qu’il trouvera sa place sur une de mes étagères… Je la trouverai, en tout cas !

Il paraît que Mémoire d’une odeur ouvre le chapitre d’une nouvelle famille olfactive, le minéral aromatique. Soit. J’ai surtout lu un peu partout que ce parfum n’était pas forcément facile d’accès, surprenant par son alliance de camomille, jasmin, santal, cèdre et muscs. J’ai eu cette chance immense (et rare) qu’il se colle tout de suite à ma peau, et s’y installe plus encore à chaque pschitt.

Gucci le revendique « gender free », ce qui est par essence la définition-même d’un parfum. Sur moi en tout cas, il est puissamment féminin, fleuri, frais, déroutant… Et j’aime ça !

Ici en 60ml (83€), deniché à la boutique Gucci située rue Saint-Honoré à Paris…
Bientôt dispo dans es points de vente habituels.
#wp

on Instagram: https://www.instagram.com/p/B1BWO9hB0X8/

Tubéreuse Quest #1

La tubéreuse est une fleur mystérieuse : d’allure virginale, elle est sans doute l’une des plus opulentes de la parfumerie, incontournable mais hélas souvent maltraitée. C’est surtout LA fleur qui est capable de me faire traverser tout Paris quand un nouvel opus lui est consacré. Alors soyons clairs : si je ne jure que par elle, je suis aussi ultra exigeante sur le traitement qui lui est consacré, ce qui est à double tranchant : coup de foudre, ou coup de colère. Il y a rarement un entre-deux ; la tubéreuse ne s’y prête pas, d’ailleurs.

J’ai donc décidé de lui ouvrir une thématique rien que pour elle, intitulée « Tubéreuse Quest », où je raconterai mes diverses aventures actuelles mais également du passé. Car il y a eu un commencement, bien sûr. Je vous en dirai plus bientôt, promis.

Aujourd’hui, place à la découverte d’une tubéreuse que je n’aurais même pas soupçonnée si je ne m’aventurais pas sur Instagram. Comme je suis devenue très Rive Droite, « home sweet home » et bureau obligent, je ne me balade que très rarement de l’autre côté de la Seine, moi qui suis pourtant si fan de longues marches dans notre si belle Capitale. Moralité, je passe à côté de belles marques et de jolies créations (ce n’est pas plus mal pour mon porte-monnaie, me direz-vous)… et c’est bien dommage !

Donc spéciale dédicace à Elsa Wolinski, que je suis sur Instagram et qui, au hasard d’un question-réponse avec un(e) abonné(e), répondait à l’interrogation fatidique : « Quel parfum portez-vous ? » par un énigmatique « une huile à la tubéreuse de l’Officine Buly ». Ding dong… « Tubéreuse« , le mot magique !!!

Pour tout vous dire, je connaissais déjà la marque (re)créée par Victoire de Taillac et Ramdane Touhami (Parfumerie Générale, Cire Trudon), deux habitués des articles élogieux dans les magazines féminins, et leur boutique germanopratine où sont proposés des produits de beauté bios et des accessoires mâtinés de vintage. Vu que l’offre est déjà conséquente de mon côté de la Seine, j’avoue que je n’avais jamais traîné dans le coin (rue Bonaparte), et encore moins étudié de près leur site web (qui n’est pas non plus le plus lisible de la sphère beauté, désolée). Je ne pensais surtout pas être la cible d’une telle boutique, assortie au quartier… Je suis quand même allée faire un tour sur www.buly1803.com histoire d’étudier d’un peu plus près la composition et surtout le prix de ladite huile pour le corps.

psx_20180827_000130

La Tubéreuse du Mexique dans toutes ses versions : huile sèche, parfum, lait, soin lavant, savon (© Officine Universelle Buly)

 

J’ai alors découvert qu’il y avait l’huile (38 €), mais également un parfum (130 €)… à base d’eau. Ouille. Moi et ma peau qui retient difficilement les parfums. Mais bon, il y avait au moins cette huile qui méritait qu’on lui donne sa chance. Alors, en route pour la rue Bonaparte.

L’Officine Universelle Buly est un très bel endroit, où le silence est la marque d’une certaine sophistication des lieux. Les créations sont présentées en thématiques : à l’entrée les bougies (et une caisse quasi invisible), puis une plus grande salle où s’additionnent les flacons au look vintage, et les accessoires qui fleurent bon le XIXe siècle. Devant vous les parfums. Sur votre gauche les huiles pour le corps, accompagnées des savons et de laits pour le corps. Les vendeuses sont toutes de noir vêtues, pas du tout envahissantes mais d’une gentillesse très chic. Bref, on est un peu intimidée dans un tel lieu, mais on s’y sent aussi très bien.

Premier réflexe : la fameuse huile. Sèche. Antique. C’est son intitulé. Dans un lourd flacon blanc surmonté d’un bouchon tout aussi imposant. La sensation sur la peau est divine. L’huile pénètre rapidement et laisse un léger reflet irisé sur la peau. On plonge le nez dedans sans pouvoir le retirer. Gagné.

Second réflexe : l’Eau Triple (le parfum, donc). Là, la séduction n’est pas immédiate. La tubéreuse lance des notes de vanille qui l’adoucissent trop, et emprisonnent son caractère. J’ai aussi dans un coin de ma tête cette composition à base d’eau qui me perturbe… J’ai l’impression que tout cela va retomber comme un soufflé. Alors, je vais voir ailleurs. J’essaye un autre parfum (Al Kassir : santal, géranium, cardamome… absolument dingo !) tout en posant régulièrement mes narines sur le poignet dédié à ma chère Tubéreuse. Et grand bien m’en a pris : au fil des minutes, elle redevenait capiteuse mais toute en rondeur, pimpée par quelques éclats de girofle. Tellement addictive !

img_20180816_091130_2941

© MonBazarUnlimited

 

Description par Buly :Jardin bleu de Persépolis, enclos de murs et d’ombres, où le parfum de la tubéreuse s’infuse dans la chaleur du soir et la chevelure noire des dieux. Fleurs lunaires d’ivoire et de nacre, fruits d’or et de rubis, coussins de cuir des vanilles, des feuilles de girofle. Calme en son bassin de jade, le ciel Lazuli se berce de la pulsation des étoiles.

Vous l’aurez deviné… J’ai finalement craqué pour l’huile ET le parfum. Et j’aurais pu faire pire, vu que c’est l’une des créations aux déclinaisons les plus nombreuses (voir plus haut).

Ultime sophistication de la Maison : personnaliser la boîte avec une étiquette calligraphiée… L’une des vendeuses le fait devant vous. Une touche chic et « so old fashioned« , mais qui fait toujours mouche sur moi. Pour une fois, j’ai gardé le packaging, tellement beau !

mde

© MonBazarUnlimited

 

Eau Triple Tubéreuse du Mexique
75 ml – 130 €

Huile Antique à la Tubéreuse du Mexique
200 ml – 38 €

Disponible via le site web : www.buly1803.com
ou dans l’une des deux boutiques parisiennes :
– 6 rue Bonaparte Paris 6e
– 45 rue de Saintonge Paris 3e
(et aussi chez Selfridges, à Londres !)

Un vestiaire iconique très au parfum !

Yves Saint-Laurent et ses parfums… A l’image de sa créativité vestimentaire, YSL a toujours pris soin de marquer les esprits dans le domaine olfactif. Parmi les nombreuses références mondialement (re)connues, j’ai en tête (et dans les narines) le fameux Opium, parfum de scandale à l’époque où il est sorti, devenu depuis une référence ; un « classique », même.

IMG_3447

©Yves Saint-Laurent

Depuis mon intérêt grandissant pour la parfumerie « de niche », que je préfère d’ailleurs appeler « d’exception », je m’éloigne forcément de ce que l’on appelle assez snobinardement le « mainstream ». L’Opium du peuple, pour résumer… Ces parfums que vous trouvez à chaque coin de rue, existant en multiples versions (contenant, contenu, nom, concentration) et qui n’ont finalement plus grand chose de créatif.

Mais voilà. En me rendant sur le stand Yves Saint-Laurent aux Galeries Lafayette, je ne m’attendais pas à prendre une belle claque…

YSL Beauté n’a pas fait les choses à moitié ; et même si l’ouverture du premier corner dédié à la nouvelle collection Vestiaire des Parfums au sein de la Coupole des Galeries Lafayette Haussmann a pris quelques semaines de retard, l’attente valait le coup. Tout d’abord parce que, malgré la foule présente le jour de ma visite (le dernier samedi avant Noël), on se sentait quand même dans un cocon et au calme. Parce que les ambassadrices Saint-Laurent semblaient fières de présenter ce nouveau concept et connaissaient leur sujet sur le bout des doigts. Enfin, parce que l’aménagement-même des lieux est à la fois malin, ludique et informatif. Les départements Design et Marketing ont clairement travaillé main dans la main, soit, mais il faut savoir saluer l’ingéniosité des têtes pensantes quand le résultat est là.

Le corner « Vestiaire des Parfums »

Chaque parfum bénéficie de son propre espace, permettant ainsi de le découvrir dans son intégralité et de mettre à profit une bonne partie de nos 5 sens. Des jeux de tiroirs, présentoirs et accessoires mettent en scène l’univers de la création, accompagnant l’histoire narrée par les ambassadrices YSL.

La vue : les très beaux visuels sont bien entendu mis en scène et en exergue. A la fois sobres et sophistiqués, ils mettent en avant le flacon épuré et les deux matières premières vedettes avec, en toile de fond, le tissu du vêtement auquel le parfum rend hommage. Les codes couleur sont simplissimes mais efficaces : le noir, le blanc et une touche « or » très discrète.

Le toucher : chaque parfum étant relié à une pièce-phare du vestiaire Saint-Laurent, les tissus participent forcément à l’univers olfactif. Sur le stand, on peut les toucher, les frôler, et s’imprégner du vêtement pour mieux comprendre son… odeur.

L’odorat : bien entendu, c’est le point d’orgue du concept. Il se déroule en trois temps… Tout d’abord avec la découverte olfactive des deux matières premières identifiées au vêtement iconique, présentées en minuscules fioles dans lesquelles une très chic mouillette noire peut y être trempée. Puis, avec l’incontournable carte-touche, dans la même matière gaufrée que le packaging. Enfin, pour celles et ceux qui craignent que le papier déforme les notes du parfum, il est également possible de le découvrir par le biais d’un stylet inséré d’une céramique, permettant à la fragrance de ne subir aucune déformation.

Les 5 créations

Remercions YSL d’avoir entamé cette collection du Vestiaire en restant raisonnable sur le nombre de créations. Pour un début, mieux vaut ne pas dépasser ce chiffre de 5, histoire de ne pas se perdre dans le concept créatif et de permettre à toutes et tous de trouver plus facilement son bonheur. Ces 5 créations, qui marquent les bases plutôt classiques du vestiaire Saint-Laurent, ont une ligne directrice, une approche sophistiquée de la parfumerie, à la fois directe dans l’identité de ses matières premières vedettes, et complexe dans l’évolution permanente des créations à même la peau. Je vous les présente par ordre de préférence, forcément arbitraire…

TRENCH…

C’est sans doute la création qui fera le moins peur aux « classiques ». Tout comme le vêtement qu’il représente, je le trouve un brin bourgeois mais propre et distingué. L’accord iris-agrumes est très équilibrée, sans trop de surprise, mais avec une belle tenue et la sensation qu’on a droit à de belles matières premières. Pas de chance me concernant : ma peau déteste l’iris et lui donne des notes de papier mâché. C’est clairement un parfum de toutes saisons, auquel on peut rester de longues années fidèle, car sa linéarité est plutôt rassurante. Comme un joli imperméable qui vous protège des intempéries, Trench créé une aura rassurante et vous parfume avec style et sophistication… à la Parisienne !

SAHARIENNE

Voilà une pièce de la garde-robe Saint-Laurent qui a enfiévré toute une génération de femmes. Difficile de créer un vêtement plus masculin-féminin, à la fois structuré dans ses lignes et libertaire dans ses ouvertures. On pouvait s’attendre à un parfum sauvage et chaud… C’est finalement la création la plus « doudou » de toute la collection. Une alliance de néroli et de muscs blancs d’une absolue douceur et aux accents poétiques, presque un parfum de femme-enfant gorgé de soleil et de lumière. Forcément, il n’est pas évident à essayer en plein hiver, sous une rotonde de grand magasin surchauffé. Saharienne ne prend pas forcément de grands risques au niveau créatif, mais son profil olfactif fait partie des bases de la parfumerie et trouvera forcément son public. J’ai quelques doutes sur l’intérêt de sa sortie en plein hiver, étant personnellement très sensible à l’accord parfum/saison, mais il existe énormément d’amoureuses du musc susceptibles de s’y attacher très rapidement, d’autant qu’il reste très sensuel dans son évolution.

TUXEDO

Hommage au fameux smoking (tuxedo, en version anglaise), pièce du vestiaire masculin par excellence détournée par Monsieur Saint-Laurent, porté à même la peau, ou sous une chemise à jabot blanche. Un vêtement au tissu graineux, ajouré de satin, mêlant rudesse et douceur. Sans doute l’un, si ce n’est le parfum le plus attendu de la collection. C’est également celui qui est présenté comme le point de départ du Vestiaire, puisque le bouchon des flacons en reprend la texture grainée. Son mariage patchouli-épices, à la fois sombre et pimpant. Sur ma peau, le patchouli très fumé se masculinise pas mal, évoquant le bois et la terre. Les épices noires sont très rapidement présentes (le poivre, surtout) pour insuffler un esprit taquin et féminin, mais rentrent dans le rang au bout d’une vingtaine de minutes et restent en fond. C’est le parfum qui, sur le papier, m’attirait le plus, mais je suis sans doute trop attachée au patchouli gras et beatnik comme il se portait dans les années 70. De plus, je n’étais pas dans un jour « parfum mixte », car il faut bien avouer que Tuxedo est le plus hybride des 5 parfums du Vestiaire. J’irais même jusqu’à penser qu’il serait merveilleux sur une peau masculine et qu’elle lui donnerait une touche d’originalité supplémentaire… 

CABAN

Volontairement placé entre Tuxedo et Caftan (dont je vous parlerai juste après), c’est mon gros point d’interrogation. C’est déjà un bon point car s’il me laisse perplexe, c’est qu’il m’intrigue… et qu’il a donc su attiser ma curiosité. Un accord poivre rose-tonka pas forcément attendu pour ce vêtement masculin par excellence, même si, après réflexion, on peut voir dans sa composition un hommage aux voyages… Et qui est plus volatile et sauvage qu’un marin ? Je lui trouve un côté rond, aux notes vanillées, mais toute en légèreté et en parcimonie. Il me semble que sur ma peau il reste encore un peu plat, que les accents tonka bloquent un épanouissement un brin plus épicé et caractériel. Je n’ai clairement pas envie de le laisser tomber… je dirais même : j’ai très envie de le conquérir. Alors, patience…

CAFTAN

Yves Saint-Laurent et le Maroc : plus qu’une destination aimée, c’est un véritable attachement culturel qui le liait aux couleurs, aux tissus et aux odeurs nord-africaines. Par le biais de ses somptueuses villas à Tanger et à Marrakech et du jardin Majorelle, Monsieur Saint-Laurent a été l’un des meilleurs ambassadeurs de la culture nord-africaine en intégrant ses codes dans ses créations les plus contemporaines.

Et voilà mon véritable coup de foudre. Certes, le duo benjoin-encens ne pouvait que m’attirer (l’encens fait partie de mes « chouchous » en parfumerie) mais je ne m’attendais pas à tant de sophistication et de sensualité sur la peau, avec autant de tenue et une évolution si ensorcelante. C’est un véritable appel au voyage, au laisser-aller. On s’imagine sans problème enveloppée dans un caftan de soie, allongée dans un salon à peine éclairé après avoir passé plusieurs heures dans la moiteur d’un hammam, puis sous les mains d’un masseur aux mains impregnées d’huile parfumée. Caftan est sans doute le plus féminin des 5 créations du Vestiaire, en tout cas celui qui, pour moi, correspond totalement à la femme Saint-Laurent. C’est un parfum qui ne passe pas inaperçu et qui, avec le temps, prend de plus en plus possession de la peau. Je ne compte d’ailleurs plus les compliments les jours où je le porte.

En quelques images, l’univers du Vestiaire…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Plongée dans un luxe très parisien…

Bien entendu, une maison comme Saint-Laurent sait soigner le moindre détail. Ainsi le flacon, extrêmement épuré. L’étiquette, blanche et gaufrée. Le bouchon, imposant, lourd et délicat (grainé au toucher, à la manière du smoking YSL, comme évoqué plus haut). La boîte blanche en papier gaufré, où vient délicatement s’encastrer votre 125 ml (pas forcément le plus pratique, puisque la partie supérieure est adaptée au millimètre près au bouchon ; c’est parfois un exploit de pouvoir faire coïncider les deux à l’aveugle). La plus belle partie, celle où la boite est enveloppée dans une pochette en coton siglée Vestiaire des Parfums, comme on le ferait pour un sac de marque, et pour laquelle vous imaginez illico presto un usage futur.

Mon seul bémol concerne les échantillons. Certes très élégants, ils ne sont pas très pratiques (le bon vieux bouchon qui se décalotte, et qui vous fait en mettre la moitié sur les mains) et ne donnent pas forcément envie de les embarquer dans son sac.

J’ajoute, mais c’est une tendance qui est en train d’être prise en compte par de plus en plus de grandes maison, que proposer un format unique de 125 ml peut être un frein pour l’acheteuse, en tout cas pour se lancer dans l’adoption d’une des pièces du Vestiaire. A une époque où l’on aime voyager léger et pouvoir transporter un trousse de beauté « bis » dans son sac, où les amoureux du parfum n’ont pas forcément les moyens (ou la place) d’investir dans une grand flacon, où celles et ceux prêts à franchir la frontière de la parfumerie d’exception, il est dommage de ne pas commercialiser des formats plus petits, à l’image des excellentes initiatives des Editions de Parfums Frédéric Malle et de la maison Hermès qui proposent des versions « mini », soit en recharge individuelle de 10ml pour le premier, soit en coffret de 4 flacons de 15ml pour la seconde, au prix plus abordable.

Si (re)découvrir les racines de la maison Saint-Laurent par le biais du parfum vous fait de l’oeil, n’hésitez surtout pas à franchir le pas. Le Beau est encore d’actualité, et un peu de rêve dans notre monde de brutes ne fait pas de mal, bien au contraire…

IMG_3445

©Yves Saint-Laurent

Collection « Le Vestiaire des Parfums » par Yves Saint-Laurent

A découvrir en avant-première au stand dédié des Galeries Lafayette Haussmann (à proximité du stand beauté YSL)

Eau de parfum – Disponible en format unique de 125 ml.
Prix : 240 €

L’Artisan Parfumeur passe au blanc !

Depuis plusieurs mois bruissait l’info que l’Artisan Parfumeur souhaitait remettre en avant la boule d’ambre, l’une de ses créations les plus iconiques, à laquelle les plus fidèles amateurs de la marque sont très attachés.

Cette boule en terre cuite, travaillée à la main par des artisans du Languedoc, reste depuis 1977, année de sa création, l’un des best-sellers de l’Artisan Parfumeur en matière de parfum pour la maison. Véritable objet de décoration, elle se recharge tous les 2, 5, 10 ans, voire plus (selon la taille de la boule et l’humidité de la pièce) avec des cristaux d’ambre disponibles en format « recharge ». Elle est particulièrement appréciable dans une salle de bains puisque l’action parfumée des cristaux est sensible à l’humidité de la pièce. Et son « look » en fait un objet de décoration très chic… et naturel !

L’Artisan Parfumeur vient d’annoncer qu’une nouvelle boule en terre cuite, « La Boule de Provence« , allait voir le jour au mois de mars : une boule blanche, sur le même modèle que son aînée, mais évocatrice des senteurs de cette si jolie région du Sud de la France, sans doute en écho à la ligne de bougies et diffuseurs lancée il y a quelques année, rendant hommage à Grasse sur le thème des 4 saisons.

La Boule de Provence

©ArtisanParfumeur

Lavande, foin, romarin, feuille de tomate et basilic sont les matières premières révélées dans le communiqué de presse.

A découvrir au printemps (et dans un prochain article où je vous raconterai mon histoire personnelle avec les fameuses boules d’ambre) dans les boutiques, corners, site web de la marque et ses distributeurs. aux tarifs suivants :

20g : 75€
50g : 105€
100g : 140€
Recharge : 45€

La thématique « Provence » sera également déclinée sous forme de diffuseur pour la maison (39€).

Packaging Boule de Provence

©ArtisanParfumeur

Musc Ravageur, référence éternelle…

C’était un dimanche pluvieux, il y a quelques semaines en fait. Prise à mon propre jeu du twittage version « Parfum du Jour » (nom de code #SOTD), je me demandais bien ce que j’allais pouvoir porter pour me tirer hors les murs de mon studio et passer quelques heures au bureau histoire de partir en congés plus sereine. Bref.

J’oublie, outre la mission dominicale, la météo pas franchement encourageante (souvenez-vous de ce printemps qu’on peut dire « pourri jusqu’à la moelle » !). Je vous passe l’uniforme passe-murailles : jean, twin-set en coton noir, ballerines assorties, les cheveux rebiqués en queue de cheval pour qu’ils aient au moins une forme présentable. Allez choisir un parfum dans une tenue pareille ! Allez trouver ce filet qui titille agréablement le nez un jour où vous n’êtes pas plus inspirée que ça, où vous préféreriez être en train de vous la couler douce ailleurs mais pas ici, mais bon…

Pour qui ne connait pas mon chez moi, j’explique : une bibliothèque CD achetée par erreur, finalement transformée en multi-étagères pour ma collection de parfums, une collection qui déborde même sur la « vraie » partie bibliothèque, et les planches prévues au départ pour quelques gros livres. Je n’ai plus compté depuis un moment, mais je dois en être à 150 et quelques flacons. Ca calme. Même les cambrioleurs passés chez moi il y a quelques semaines n’y ont pas touché…

Donc, des flacons de toutes les tailles, aux jus de toutes les couleurs, féminins, masculins, classiques, « de niche » ; des sent-bon version parfums, eaux de toilette, colognes, extraits, concrètes, histoire de corser la sélection de celui qui m’accompagnera toute la journée. Et, bien sûr, pas le même qu’hier, ou qu’avant-hier. Où serait le jeu ?

Comment expliquer que mes yeux se sont posés sur Musc Ravageur, que le regard a alors laissé mon envie prendre l’avantage ? Il a suffit d’un petit exercice de gymnastique pour me mettre au plus haut de la pointe des pieds, et attraper le flacon boudé (oui, on peut le dire) depuis de très longs mois.

Musc Ravageur ©MBazU

Musc Ravageur ©MBazU

Voilà quelques années que ce parfum et moi, c’est « je t’aime, moi non plus ». Sa découverte fut un véritable coup de foudre, l’un de mes premiers dans cette famille que l’on appelle parfumerie de niche. C’était en 2000 et Frédéric Malle, neveu de, venait d’ouvrir un lieu pas commun, une maison d’édition de parfums où les auteurs seraient aussi libre qu’un écrivain qu’on ne gave ni transforme pour qu’il gagne le Goncourt, puisqu’il l’aurait déjà obtenu. Des « nez » synonymes de valeurs sûres.

La première boutique des Editions de Parfum Frédéric Malle a trouvé place au 37 rue de Grenelle, un quartier jamais vraiment devenu commerçant, se contentant de quelques belles marques qui n’attirent qu’une clientèle de connaisseurs. Un espace tout en longueur, intimiste, qui rentre direct dans le vif du sujet. A l’époque où j’ai pour la première fois passé cette porte, il n’y avait pas encore les quelques 19 références de parfums désormais disponibles. Mais déjà ces fameuses colonnes à sentir, désirées par Frédéric Malle et conceptualisées par la célèbre Andrée Putman. Tout au long de la journée, un diffuseur pulvérise quelques mililitres de parfum à plusieurs minutes d’intervalle, dans un bruit qu’on imaginerait volontiers sorti d’une soupape du Titanic. On vous invite à ouvrir délicatement la petite fenêtre judicieusement placée dans la colonne en verre, et d’y pointer le bout de votre nez pour vous rendre compte du véritable sillage du parfum en question. Cela change du bout de papier que l’on vous tend et qui déforme forcément les notes de coeur du jus testé, et vous facilite du coup la vie quand vient le moment de tester sur la peau… qui reste, de toute façon, la meilleure issue.

Pour Musc Ravageur, j’ai souvenir d’avoir été un peu revêche à sa découverte. Un peu trop poudré et « fifille ». La touche de papier avait rendu son verdict. Mais il faut croire que Monsieur Malle ne voulait pas lâcher l’affaire et était persuadé que c’était le parfum qu’il me fallait. Alors, il a sorti le grand jeu : le test version colonne Putman. Forcément impressionnée par l’objet, je me voyais mal rejeter l’invitation du maître des lieux. Et bien m’en a pris : car dans cet environnement isolé et aérien, toute la richesse et la sophistication de cet opus signé Maurice Roucel (créateur de 24 Faubourg – Hermès, Iris Silver Mist – Serge Lutens, Ispahan – Yves Rocher, Envy – Gucci, parmi mes chouchous) ne jouaient plus à cache-cache avec moi. Oriental, c’est vrai. Mais au départ tellement doux et frais (mandarine et bergamote), se liant avec les notes épicées d’une cannelle flottant sur un musc viril mais gracieux. La vanille, qui m’avait tant rebutée sur la touche papier, faisait désormais équipe avec l’ambre, donnant à ce parfum une rondeur profonde et extrêmement sensuelle. Brut et intimidant dans les premières secondes, il s’enroulait sur moi comme une fine écharpe en cachemire qu’aurait volontiers abandonnée l’aristocratique et sauvage Lady Chatterley dans la cabane de son amant, comme un souvenir…

Musc Ravageur intimide parfois, même s’il plait souvent. Sa construction quasi parfaite me donne parfois l’impression que je pourrais abandonner tous mes autres parfums pour lui, tant il trace une identité olfactive nette et sans chichis, tant certains de mes proches m’identifient encore à lui, aujourd’hui. Voilà pourquoi je le fuis, de peur qu’il me rende fidèle à lui, alors que j’aime tant papillonner du côté de ses camarades forts de leurs notes tubéreuses, cuirs, encens, ou santals. Mais de l’avoir retrouvé le temps d’un dimanche m’aura au moins permis de le descendre de quelques étagères dans ma bibliothèque parfumée, et de le garder pour les jours plus frais, quand les arbres abandonneront leurs premières feuilles, et où ses belles matières premières s’épanouiront à merveille sur nos peaux encore marquée par les rayons du soleil…

A très vite, alors… Vivement l’automne !

Musc Ravageur
Existe en version 50ml (115€) ou 100ml (165€)
www.fredericmalle.com 

Olfactive Studio, opus 5…

Difficile aujourd’hui pour le monde du parfum d’exister et de résister face à cette méchante culture du « it-truc » qui annihile nos envies spontanées, et nous en créent de préfabriquées. Ne parlons pas du « mainstream », ce terme qui englobe les marques que vous trouvez un peu partout dans les grands magasins, les boutiques spécialisées ou les duty-free d’aéroports. Ce mainstream a depuis longtemps pris le parti de nous vendre un flacon plutôt qu’un parfum, un concept commercial plutôt qu’une histoire… Un produit plutôt qu’un plaisir.

Parfois, même la parfumerie de niche prend le pas… En tout cas, certains se risquent aujourd’hui à multiplier les sorties et à nous faire perdre le fil de leur source créative. Du neuf, vite, pour ne pas être oublié du marché, et en nombre, pour toucher un maximum de clientèle. Il faut dire que chaque mois, quasiment, une nouvelle marque voit le jour…. pour autant qui meurent à petit feu.

Pour exister et résister, la vraie recette consiste à savoir se différencier en voyant large sans pour autant se perdre. Définir un concept, un charisme, un univers… puis croiser les doigts pour que le message fasse mouche !

©MBazU

©MBazU

Olfactive Studio a ainsi su prendre à rebours, dès le départ, les habitudes des perfumistas les plus blasées. Céline Verleure, sa créatrice, s’est lancée dans une démarche originale, voire risquée, mais dont la finalité est claire : provoquer le déclic de notre nez en éveillant notre regard. Cette professionnelle du marketing, experte du parfum (elle a entre autres travaillé pour Kenzo), a tout d’abord changé le point de départ de sa réflexion. Sans s’appuyer sur un cahier des charges profilé en direction d’une cible précise. Encore moins la mise en vedette d’une matière première à la mode.

Car le concept-même d’Olfactive Studio, c’est de faire naître la source de ses parfums par le biais de l’image ; une photo « oeuvre d’art » en noir et blanc devient la feuille blanche du « nez » invité à créer à partir de cette muse graphique. A lui de s’inspirer de l’oeuvre, de sa lecture émotive et artistique, pour en créer une interprétation olfactive unique. Pour faire de la photo et du parfum, couple improbable, une alliance de sens et d’imaginaire.

Cet exercice de style, inédit, a rapidement trouvé son public, et a su créer une communauté de fidèles à l’échelle internationale. Still Life, Autoportrait et Chambre Noire (que j’ai d’ailleurs adopté) sont ainsi sortis en 2011. Est arrivée ensuite Lumière Blanche, en 2012… et désormais Flash Back, dont la sortie est programmée le 21 mars 2013… premier jour du printemps !

©Laurent Segretier

©Laurent Segretier

Parlons de la photographie, tout d’abord. Le Flash Back de Laurent Segretier est une interprétation de la connivence entre passé et futur, un moment stoppée par une image mise sur le mode pause, intensément pixelisée pour laisser passer des traits de lumières qui auraient été invisibles sur une photo « classique ». Un portrait de femme que l’on devine pensive, peut-être en réflexion avec son passé et l’avenir qui va en découler, s’arrêtant un moment sur le tourbillon de sa vie version XXIe siècle désormais imagée en mode numérique. Mouvement immobile d’une pensée en pleine exploration, Flash Back ouvre une porte à l’imaginaire dans un dégradé noir et blanc.

Flash Back, le parfum, tranche singulièrement des précédentes créations d’Olfactive Studio. C’est sans doute le plus masculin de tous. Céline Verleure a fait appel à Olivier Cresp, un « nez » prestigieux avec qui elle avait déjà collaboré à son époque Kenzo, donnant ainsi naissance à L’Eau. Le créateur a également signé de nombreux parfums devenus des classiques, tels Angel (Mugler), Midnight Poison (Dior) ou Nina (Nina Ricci,), entre autres.
Flash Back est un vétiver, à la fois doux et intense. Boisé, agrumé, un brin sucré… Le parfum en lui-même est d’une grande douceur dans les premières minutes ; on pourrait même croire qu’il va s’évanouir le temps de laisser s’échapper cette note de vétiver qui en est sa signature. Mais c’est là où le Parfum avec un grand P se différencie des jus (souvent de chaussette) que l’on nous colle en page de pub dans les magazines. Car la construction de Flash Back joue sur la patience, sur une lente montée émotionnelle et sensorielle, comme une écharpe en lin qui glisserait voluptueusement sur la peau nue.

Le vétiver prend ainsi naissance sur une note boisée qui rassure les plus classiques d’entre nous mais, chaleur de la peau aidant, il se pique alors d’acidité et de rondeur. Un coup d’agrumes, une tournée d’ambre et de muscs, le tout saupoudré d’une pointe de poivre… Déstabilisant mais sacrément attirant. On ne se lasse plus de coller le nez à sa peau et d’accompagner toutes les facettes de ce parfum très classieux qui tenterait plus d’un dandy. Plutôt rond, il est à la fois frais et chaud, tout à fait sortable quand les températures sont au plus bas et que l’on a envie de créer son propre soleil. Sans nul doute proposera t-il de nouvelles facettes quand la météo sera à l’heure d’été… Ce sera la surprise…

La photo, et son parfum... ©MBazU

La photo, et son parfum… ©MBazU

Au final, sa tenue est excellente, avec un sillage qui joue la carte de la discrétion. Voilà pourquoi je le ressens de prime abord comme un parfum dédié aux hommes (ah… toujours ce bonheur de plonger le nez dans votre cou, et de se perdre dans un parfum qui se cachait là, rien que pour nous). Mais, l’ayant moi-même porté pour pouvoir mieux en parler, il accompagne volontiers, avec douceur et peps, une femme à l’humeur rêveuse…

Merci à Céline Verleure de rester fidèle à son concept d’origine, gardant toujours comme ligne conductrice la beauté des clichés, des matières et des parfums. Olfactive Studio s’est créé un joli univers où l’on aime se plonger, y mettre les yeux, le nez, et lire, au travers d’une photo, sa propre histoire.

Notes de tête – Rhubarbe, pamplemousse, orange
Notes de cœur – Poivre rose, pomme Granny Smith
Notes de fond – Vétiver, cèdre, ambre, muscs

Disponible à partir du 21 mars 2013 en 50 ml (85€) et 100 ml (125€) chez mes camarades Marie Antoinette (5 rue d’Ormesson, Paris 4e) et Jovoy (4 rue de Castiglione, Paris 1er), chez Sens Unique (Paris 4e), Arôma Parfums & Soins (Paris 2e), Parfumerie Rive Droite (Levallois-Perret), ou en cliquant sur ce lien : http://www.olfactivestudio.com/store-locator

« Grassieuse » Caligna…

©L'Artisan Parfumeur

©L’Artisan Parfumeur

Dilemme classique des débuts d’année : plongés dans la réalité de la saison hivernale (ciel, il fait froid !), attirés par les prix minis sortis par magie du chapeau pointu de Fée Consommation,  nous voilà victimes des vitrines qui en profitent pour doubler le plaisir, et, d’une manipulation quasi schizophrénique, d’attiser notre curiosité dans les nasses du « regardez-ce-qui-vous-attend-pour-ce-printemps », histoire de nous faire détester encore plus ce mois de janvier « gueule de bois ». On aimerait donc, à côté des bonnes affaires, se lancer dans une compulsion qui, faute de ne pouvoir nous amener le soleil, réchaufferait au moins notre palpitant.

Sauf que, compliqué de se balader en petite robe de coton quand le thermomètre s’est coincé sous le chiffre 0. Dingo de se rêver en petites sandales légères quand la neige intimide jusqu’aux pneumatiques des bus RATP. Alors, nos envies de plus beau, plus chaud, plus coloré… direction vestiaire ! Et profitons-en pour se prendre une deuxième couche de frustration…

Heureusement, il reste encore un univers qui résiste au rythme des saisons. Qui permet, d’un simple pschitt, de se libérer de l’étau hivernal pour se rêver plus léger et joyeux. Celui du parfum, bien sûr. Soit, difficile (et surtout décevant) de s’enduire de monoï sous deux couches de cachemire, mais n’avez-vous jamais eu l’envie de faire un bras d’honneur au code poussiéreux de la saisonnalité ?

Alors, quand l’Artisan Parfumeur vous invite à découvrir à la mi-janvier sa toute dernière création, vous savez déjà que vous pourrez mettre égoïstement un peu de printemps dans votre hiver calendaire, et pourquoi pas, entrevoir un bout de ciel bleu.

Voici donc le petit dernier, Caligna. Dans la lignée de l’hommage rendu depuis quelques mois par l’Artisan Parfumeur à la ville de Grasse, centre du monde… du monde du parfum, l’évocation est forcément à connotation provençale. Caligna signifie donc « courtiser », dans sa plus proche traduction version tricolore. Et l’idée de faire un sacré clin d’œil au printemps, saison de la renaissance, du réchauffement, de la montée… (stop, j’arrête là !) est une première marche franchie vers le décryptage de cet aromatique asexué, chic et confortable, concocté par Dora Baghriche-Arnaud.

©MBazU

©MBazU

Aromatique, car le centre du nombril de Caligna… c’est la sauge sclarée. Oubliez surtout toute référence aux gargarismes et autres potions qu’aurait pu vous concocter votre maman. La sauge se révèle ici très élégante, mature et enveloppante Sur peau, son départ est très vert, presque piquant… Une fraîcheur qui laisse vite place à une pointe sucrée (alliance de la figue et du bouton de rose), pour finalement s’installer dans le registre du fleuri aromatique. La sauge est toujours en suspension, mais la marmelade de jasmin fait une entrée tonitruante. Hallucinant ! C’est bien la première fois que ma peau retient ne serait-ce que l’évocation de cette fleur « cadre » de la parfumerie. Elle prend même tellement ses aises que j’y retrouve une réminiscence de La Chasse aux Papillons Extrême, l’une de ses grandes sœurs. Hommage voulu ou inconscient ?
Quand Caligna se pose enfin, c’est pour se boiser des notes de lentisque et d’aiguilles de pin. Un tour à 360° de tout ce que peut offrir la Nature quand elle s’éveille au printemps.

En prenant un peu de recul avec la froide évocation des matières premières, comment ne pas être troublée par ce parfum qu’on croirait exclusivement masculin dans les premières secondes, foncièrement féminin dans son évolution, puis universel dans sa conclusion ? Il y a de la blancheur dans Caligna, comme une lumière très forte, un soleil qui aurait rechargé ses batteries pendant l’hiver, gorgé de chaleur et de sève. Pourtant, on se dit qu’avec les beaux jours, une peau moins feutrée par les vêtements, il y aura encore des surprises à en attendre. Aujourd’hui très fleuri sur moi, je le soupçonne d’attendre un météo plus printanière pour se révéler peut-être plus aromatique et camphré. Et, les jours de pluie, de faire ressortir bien plus fort cette dernière note d’aiguilles de pin.

Pour l’Artisan Parfumeur, la création de Dora Baghriche-Arnaud semble marquer un tournant. Les codes graphiques disent en effet bye-bye au légendaire packaging noir ; Caligna s’enveloppe d’un étui argenté et gaufré, très luxueux. Quant à son identité visuelle, elle prend les traits d’une femme, une première dans l’histoire de cette vénérable Maison. Un pari risqué, qui, je l’avoue, me perturbe un peu. La force de l’Artisan Parfumeur a toujours été de laisser libre cours à l’imagination de ses amateurs fidèles quant à l’univers de ses parfums. Jamais de muse, ni d’ambassadrice. Un nom, une étiquette colorée, pour que chacun se raconte sa propre histoire. Ici, le chemin est tout tracé. J’imaginais, à la rigueur, un corps plongé dans les herbes aromatiques de l’arrière-pays Grassois, et c’est une princesse des Neiges qui me donne la réplique. Caligna me semblait à la fois féminine et masculine, mais sa très belle ambassadrice résout l’équation en deux temps – trois mouvements. Voilà ma petite réserve. Je serai peut-être la seule à ressentir ce décalage…

©MBazU

©MBazU

Passons à la surprise de cette invitation « Presse »… Grande amatrice de bougies parfumées (et mes collègues peuvent en témoigner), je suis quasiment aussi difficile dans mes coups de coeur que pour un parfum. Car ce n’est plus la peau qui diffuse, mais toute la pièce qui interprète les matières premières. Connaissant déjà les opus L’Automne et L’Hiver de la Collection de Grasse, c’est sans idée préconçue ou attente particulière que je posais mes narines sur les deux dernières créations à sortir en mars. Et pam !
Le Printemps m’a carrément scotchée. Imaginez une alliance de notes aromatiques faussement douces qui vous piquent les sens. Un rayon de soleil anisé qui fleurit sous le coup de la flamme, vous faisant plonger dans un champ d’herbes folles et odorantes. Prenez de plein fouet thym, romarin, anis, lentisque, et myrte… Vous fermez les yeux et il n’y a que du vert autour de vous, et puis, bien sûr, une lumière claire et chaude, comme un matin d’avril qui fêterait le retour de la Nature reine.

©L'Artisan Parfumeur

©L’Artisan Parfumeur

Forcément, après une telle révélation, la bougie L’Eté a eu du mal à reprendre la vedette. Mais loin d’être fade, son accord de jasmin-miel se marie à merveille avec le néroli. A découvrir dès le mois de mars, à sa sortie…

Eau de Parfum Caligna (sortie courant avril) –  disponible uniquement en 100ml – 120€
Bougies Le Printemps et L’Eté – (sortie début mars) – disponibles en version 200g (60 heures de combustion) – 55€, et en version 1,5kg (100 heures de combustion) – 220€

Jovoy de mèche avec le parfumer bon…

Les perfumistas parisiens vous le diront tous. L’une des « the place to go », en matière de parfums rares s’appelle Jovoy. D’autres boutiques avaient tenté le pari par le passé, sans succès, et les grands magasins parisiens, à l’image du Printemps Haussmann et de sa Scent Room, sont désormais de sérieux concurrents aux gros moyens financiers pour attirer les clients.

Malgré tout, à quelques pas de la célèbre Place Vendôme, Jovoy a tout doucement fait sa place, intégrant semaine après semaine des marques totalement inédites en France : Atelier Flou, Grossmith, Illuminum, Micallef, Olfactive Studio, Undergreen et d’autres peu distribuées comme Amouage, Hors la Monde, Isabey ou Technique Indiscrète, voire plus « populaires » tels Histoires de Parfums ou Parfum d’Empire. Et, bonheur ultime, la boutique vient tout juste d’accueillir Vero Profumo… jusqu’ici absolument introuvable sur Paris. Le choix des parfums est une chose, mais l’accueil et la disponibilité de François Hénin, propriétaire de Jovoy et d’Hugo Lambert, vendeur-ambassadeur de la boutique, y sont également pour beaucoup. Deux personnalités très différentes, mais complémentaires, une connaissance pointue de la parfumerie, et la passion des beaux jus… Forcément, on s’y sent bien, on y reste souvent longtemps (je peux en témoigner), prenant justement le temps de découvrir les trésors qui font de Jovoy un écrin « à part ».

Inside Jovoy...

Mais comme si une telle sélection ne suffisait pas, voilà que Jovoy y ajoute sa propre patte, et propose pour l’arrivée de l’automne une splendide collection de 6 parfums et 11 bougies. Une collection travaillée pendant de longs mois, que j’ai eu la chance de pouvoir découvrir au fil des semaines, quand certaines créations n’étaient pas encore totalement terminées. Avant même que tous ces opus ne prennent officiellement vie, j’avais déjà compris que Jovoy proposerait six parfums à l’identité forte, extrêmement qualitatifs dans leur composition, et tenaces dans leur tenue.

Initiateur de ces 17 nouveaux « bébés », François Hénin, propriétaire de Jovoy, au nez également expert, a longuement travaillé sur les compositions en compagnie de Jacques Flori, Marc Fanton d’Andon, Michelle Saramito (tous de chez Robertet) et Cécile Zarokian. Au final, cette collection Jovoy propose de très belles choses, entre réinterprétation et mise en lumière d’univers à la fois sensuels, mystérieux et nobles, tout en gardant la pointe d’humour qui caractérise François Hénin.

LES PARFUMS

Ambre Premier
Ah, l’ambre ! Grand classique de la parfumerie, mais également grand piège olfactif victime de sa starification. Qui aime l’ambre est souvent déçu par les multiples interprétations qui en sont faites, soient parce que trop lourdes, trop entêtantes voire même trop communes. C’est un exercice périlleux que de s’y attaquer… mais c’est également la base même d’une collection de parfums qui se veut haut-de-gamme. Ic i, l’ambre de Jovoy est drôle et enfantine. Elle évoque les sucreries, la barbe à papa, les guimauves, bref, un pont avec nos souvenirs d’enfance. Mais son fond de patchouli lui confère également une note très sensuelle, qui, au fil des minutes évolue de manière très féminine sur la peau. Le côté sucré passe au deuxième plan, et l’ambre se fait alos toute douce, toute ronde. Une envie de coller son nez contre son poignet pour le reste de la journée, un parfum « doudou » à la fois régressif et mutin.
Quelques notes : floral rose, patchouli, ambré, vanillé
Parfumeur : Michelle Saramito (Robertet)

L’Arbre de la Connaissance
En référence à la fameuse feuille de figuier qui permit à Adam de cacher sa nudité une fois la pomme croquée dans les jardin d’Eden, et donc de symboliser la connaissance de soi et de l’Autre, « l’Arbre de la Connaissance » est un figuier très boisé, rond, avec un pointe épicée qui lui donne beaucoup de caractère. Une très belle surprise sur ma peau, qui habituellement « mange » le figuier d’une traite. L’Arbre de la Connaissance ravira les amateurs de fraîcheur et de douceur… tenaces !
Quelques notes : feuillage, fruité-figue, boisé santal, patchouli, figuier
Parfumeur : Marc Fanton d’Andon (Robertet)

L’Enfant Terrible
L’enfant terrible, qui est souvent un adulte, est comme chacun sait une personne rebelle, qui tient tête à l’ordre établi… mais souvent attachante. C’est un terme courant pour parler d’un artiste, quelqu’un de forcément talentueux et séducteur… mais qui revendique son attitude rebelle. Mise en parfum, cette évocation a forcément du caractère, et ne s’en laisse pas conter. C’est une ode aux bois, aux fruits et aux épices qui agrippent vos sens, et ne les lâchent plus. Sur la peau, c’est un cocktail suave qui, dans les premières secondes et grâce à sa forte note de cèdre, rappelle le célèbre « Féminité du Bois » de Serge Lutens.  Mais au bout de quelques minutes, la note boisée laisse place aux épices fruitées, pour ainsi transformer votre peau en gourmandise virile.
Quelques notes : muscade, coriandre, cumin, santal, cèdre, oranger, datte
Parfumeur : Jacques Flori (Robertet)

La Liturgie des Heures
Un grand coup de cœur, moi qui aime tant l’évocation de l’encens dans les parfums. Et ma première pensée est allée au souvenir de la lecture du « Nom de la Rose » par Umberto Eco, et de ce mystérieux monastère du temps de l’Inquisition espagnole. Une création qui ne tombe pourtant pas dans l’œcuménisme primaire. Ici l’encens est habillé d’une pointe boisée, soulignée de myrrhe, qui lui ouvre les portes du Paradis. Sur la peau, La Liturgie des Heures se révèle extrêmement sophistiquée.
Quelques notes : cyprès, encens, oliban, ciste, myrrhe
Parfumeur : Jacques Flori (Robertet)

Private Label
C’est l’Oriental de la Maison. A la fois sophistiqué et sensuel, féminin choc et masculin chic, il est certainement le plus facile de tous à porter. Rassurant par ses notes cuir et santal, il s’arrondit dans des notes boisées qui lui confèrent un caractère bien trempé. De jour comme de nuit, c’est un parfum de séducteur/séductrice qui n’en fait pas des tonnes, mais va droit au but.
Quelques notes : papyrus, vétiver, cuir, patchouli, santal, ciste labdanum, bouleau, cèdre
Parfumeur : Cécile Zarokian

Psychédélique
Sans doute mon coup de cœur. Tout d’abord car j’ai eu la chance de le sentir en cours d’élaboration, quand il n’était pas encore finalisé. « Psychédélique » est LE patchouli par excellence, celui qui évoque Woodstock, le Peace and Love, la liberté, la sexualité sensuelle. Une bombe ! Pas simple à porter, car il est très opulent, terreux et presque « gras », c’est pourtant une totale réussite, qui donne une sacrée gifle aux multiples versions qui sont vendues en parfumerie. Beaucoup de caractère et de sillage, pour un parfum qui ne tombe pas dans la vulgarité, se fondant sur la peau comme un cuir vintage. Timides s’abstenir !
Quelques notes : floral rosé, géranium, ambré, boisé (patchouli, ciste, labdanum), vanillé, musqué
Parfumeur : Jacques Flori (Robertet)

 

Psychédélique

LES BOUGIES

Six parfums, donc.

Mais également onze bougies, présentées dans un coffret rouge évoquant les boîtes à chapeaux de la fin du XIXe siècle. Au choix, la bougie seule, ou accompagnée d’une cloche en verre, la protégeant de la poussière. Un belle durée de vie, puisqu’elles parfument votre intérieur près de cinquante heures.

4 heures
Le « 4 heures », c’est bien entendu le terme bien français que l’on utilise pour parler du goûter des enfants.
Une évocation d’un gâteau à la noisette sortant du four.

01 40 20 06 19
Le numéro de téléphone de la boutique devient ici une bougie. Avec, comme histoire, celle d’une cliente qui, ne trouvant pas de stylo pour noter ce numéro, utilisa un bâton de rouge à lèvres pour l’écrire.
Bougie poudrée et cuirée… très féminine, of course !

Ambre Premier
Avant de devenir un parfum, « Ambre Premier » était déjà présent chez Jovoy, puisque signature olfactive de la boutique, que l’on peut presque sentir depuis la place Vendôme.

L’Arbre de la Connaissance
Version bougie du parfum. Un beau figuier, forcément.

Les Demoiselles de la rue de Provence
Un nom chic pour évoquer des jeunes femmes à la vertu légère mais à la grande tendresse… Oui, nous parlons bien des maisons closes, aujourd’hui interdites en France, mais qui ont marqué de belles pages de la littérature et de la peinture française. Pour rendre hommage à ces femmes de plaisir, c’est une fleur opulente et intense qui a été choisie : la tubéreuse.

Le Galion
Le Galion, navire à voiles et à plusieurs mâts, fit la gloire de la Marine Européenne entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Cette bougie évoque l’aventure, les barriques de rhum cachées dans la cale, le vieux bois et les épices rapportées des Indes.

In Nomine Patris
Si vous aimez l’encens, c’est la bougie qu’il vous faut. Evoquant l’église, elle appelle au silence et au recueillement…

Mojito
Un cocktail sucré-rhumé, qui évoque Hemingway, Cuba, la fête et l’été. Une bougie qui pétille et enivre les sens.

Qu’on leur donne de la brioche !
Voilà ce qu’aurait dit la reine Marie-Antoinette à son entourage à la vue des paysans français venus réclamer du pain aux grilles de son palais… Mais cela serait une légende.
Forcément, c’est une bougie qui sent la brioche, la chaleur de la mie sortant tout juste du four. Gourmande…

Relais de Chasse
Le relais de chasse, petite maison lovée au fond d’un bois, accueillant les chasseurs entre deux chevauchées, coursant le renard ou le sanglier pour un repos bien mérité, souvent au coin d’un feu. Cette bougie rappelle l’âtre, l’odeur de ce bois qui brule tout doucement, tout en réchauffant les cœurs.

Vive le Roy !
Voilà ce que criaient les Français à leurs rois… avant de leur couper la tête.
Une bougie qui évoque la fleur royale par excellence, le lys… Opulente, donc.

Bougie Les Demoiselles de la rue de Provence

Les prix sont tout à fait abordables vu la qualité et la tenue des parfums… et des bougies.

Eau de parfum 50ml : 80€ – 100ml : 120€
Bougie (dans sa jolie boîte style boîte à chapeau) : 40€  – avec une cloche en verre (pour la protéger de la poussière) : 55€

Jovoy Paris
29 rue Danielle-Casanova
Paris 1er

Ouvert du mardi au samedi, de 9h à 19h 

Cet article est le dernier que j’ai écrit pour le site CaFleureBon.
Life goes on…
La mienne m’appartient.
Droit devant, et droite, toujours… 

Vitriol d’œillet : un romantique poivré qui a du sel !

C’est une vieille habitude entre Serge Lutens et moi. Nous ne nous connaissons pas, mais deux fois par an, nous nous programmons un petit rendez-vous, en toute simplicité… Une rencontre qui provoque en moi une certaine impatience, beaucoup d’interrogations, et l’envie de tomber à nouveau sous le charme.

Il m’a parfois déçue, décontenancée, voire même agacée, mais parce que notre histoire commune ne date pas d’hier, et qu’il est capable d’atteindre les sommets de son art.

Nous sommes comme un vieux couple qui s’envoie des signaux de loin, lui par des touches de parfum placées ça et là sur ma peau, moi le bénissant à chaque fois que mon choix se porte sur l’une de ses créations, comme pour le remercier de me vêtir d’un peu plus de sensualité, de féminité et de caractère.

L’Eau Mystérieuse © Ernest Bieler

Ses deux derniers opus, « Boxeuses » et « Jeux de Peau« , étaient douceur et sourires, combativité et tête haute. Une apologie au positivisme et à la rondeur.

Changement de braquet pour « De Profundis » (dont je parlerai prochainement) et « Vitriol d’Oeillet« . Nous voilà plongés dans une atmosphère très fin du XIXe siècle, celle des Romantiques, heureux ou malheureux, intellectualisant les sentiments et le sens de la vie. La magie des mots composés pour plaire à l’autre, bien sûr, mais souvent pour pleurer sur une époque qui s’échappe, vit ses dernières heures de lenteur et de traditions… à quelques encablures de la Révolution Industrielle et d’un réalisme très terre-à-terre.

Jules Barbey d’Aurevilly… L’écrivain dont les mots fleurent bon « Vitriol d’Oeillet »..

L’amoureuse des mots que je suis a donc pris très à cœur cette nouvelle création signée Serge Lutens. Un parfum qui sied totalement au décor de sa magnifique boutique située dans les jardins du Palais-Royal. Sombre, mystérieux, extrêmement racé et hédoniste. Une fois encore, il n’est pas passe-partout. Il se mérite, se courtise et s’apprivoise. Et il porte très bien son nom, avec, petite note d’humour, une référence au vitriol, mariage d’une terre sulfureuse et de sel acide… L’œillet, fleur poivrée, le vitriol, sel explosif : c’est un mariage de passion !

Vitriol d’Oeillet en version flacon gravé… une merveille…

Car dès les premières secondes sur la peau, l’œillet explose comme un bouquet fraîchement coupé à la lueur du jour. Pas tout à fait réveillé, mais imprégné de tout le mystère de sa dernière nuit planté en terre. Il est volubile, tournoie et vous enlace tel un amant qui en redemande encore. Car cet œillet est aussi coquin que vous l’espériez… Sa filiation naturelle avec le clou de girofle prend ici toute sa force, appuyée par une double note poivrée (rose et Cayenne) qui vous pique les sens, donne de la gourmandise aux pétales dentelés et dès lors vous propose un pacte : celui de l’élégance dévergondée. Et même si au fil des minutes il s’adoucit d’une pointe de rose, le nouvel opus de Serge Lutens a déjà renversé tout les cœurs.

« Vitriol d’Oeillet » a plusieurs sexes, et en est fier. Oeillet à la boutonnière, à la manière des gentlemen anglais, œillet à la bouche, telle une femme fatale, il fustige toute timidité et vous impose de regarder droit devant vous, la tête haute et le sourcil arqué, prêt à en découdre avec la beauté de ce monde. Serge Lutens renoue avec grandeur sur le registre floral, à quelques pas du magnifique « Tubéreuse Criminelle« , certes plus animal, mais dans la même mouvance mystérieuse et sophistiquée. Un parfum d’adulte qui s’assume et se porte du côté du cœur, prêt pour le grand frisson.

« Vitriol d’Oeillet » est présent en exclusivité aux Salons du Palais-Royal (Paris) depuis le début du mois de juin, et sera disponible dans le monde entier dès le 1er septembre.

Ce billet est la version française de mon billet paru il y a quelques jours sur le site CaFleureBon, dont je suis Sr Editor.
Le choix des illustrations est signé Michelyn  Camen, sa rédactrice en chef… excepté le portrait de Barbey d’Aurevilly, qui était ma référence littéraire pour ce parfum magique, mais forcément moins parlant pour une audience internationale.