L’amour sur un podium…

Attention, attention…
Le billet du jour va, pour une fois, vous demander un peu plus d’implication. Comme, par exemple, cliquer sur des vidéos, et écouter avec attention ce que je vous propose. Enfin, je dis ça, mais nous sommes dans un pays libre (si, si, encore un peu… il suffit de ne pas se laisser endormir par le ronronnement idéologique actuel !). Alors oui, vous êtes libres de lire ma prose, et de passer votre chemin sur le reste, ou même de vous vexer d’un tel interventionnisme, et de fermer illico-presto cette fenêtre maudite. Mais vous passeriez peut-être à côté de quelques pépites…
Ces chansons sont devenues miennes par le biais d’autres personnes. J’ai le goût des découvertes provoquées par le hasard, mais souvent, les morceaux de musique qui viennent s’accrocher à mon palpitant sont des « cadeaux » offerts par ceux, qui à un moment, ou depuis très longtemps, ont compté dans ma vie. L’influence d’une mère qui écoutait à tout barzingue, et indifféremment Joan Baez, Nicole Croisille, Bob Dylan, Nicolletta, Gilbert Bécaud, les Carpenters… et j’en passe ! Les enregistrements paternels, avec un goût prononcé pour les bandes originales de films signés Georges Delerue ou Vladimir Cosma, sans oublier, bien sûr, toutes ces soirées passées à l’Opéra de Paris. Puis l’influence des ami(e)s, des amoureux gentils ou à oublier. Facebook, même.
Souvenir de la plage de Canet – © MBazU
C’est en écoutant ce que d’autres ont aimé que je m’attache, moi aussi, à une mélodie aguicheuse, à des paroles qui livrent ce que j’ai envie d’entendre sur le moment. Je peux donc adopter un véritable chef d’oeuvre connu et reconnu par tous avec des années de décalage… Mais une fois la rencontre engagée, je suis comme aspirée par mon coup de foudre, et en général, il ne me lâche plus ! Oui, coup de foudre… La musique, chez moi, est rarement une affaire de raison. Elle doit me titiller de suite, provoquer des battements de coeur semblables à ceux qui précèdent un premier baiser longtemps attendu. Il suffit souvent de quelques accords, puis d’une parole, et tout s’enchaine…
Je partage donc avec vous mon podium des chansons d’amour. L’ordre de leur présentation ne correspond pas à un classement particulier. Elles s’échangent la première place selon les époques ou le battement de coeur de l’instant, car chacune s’est présentée à moi dans des circonstances bien particulières. Peut-être provoqueront-elles en vous un coup de coeur surprise, ou bien vous rappelleront-elles une période de votre vie. Elles ne datent pas d’hier, mais restent toujours fortes tant leur sujet est intemporel. Ah, l’amour !
Too Young – Johnny Mathis
Cette chanson-là est l’une des toutes premières que j’ai entendue dans ma vie, en tout cas retenue… même si à l’époque je n’en comprenais pas une parole. Ma mère l’écoutait en boucle, et la voix douce et veloutée de Johnny Mathis avaient également trouvé le chemin de mes oreilles, du haut de mes 3 ans. C’est donc la mélodie qui m’a touchée, forcément. Puis cette chanson, interprétée par ce crooner passé de mode dans mon adolescence, a disparu de mon univers musical. C’est l’achat de mon tout premier lecteur MP3 qui m’a donné l’irrémédiable envie de retrouver cette oeuvre aimée dans ma petite enfance. Il m’a fallu du temps pour la retrouver, car à l’époque, impossible de numériser le vieux 33 Tours précieusement conservé par ma chère maman. Mais une fois « Too Young » calée dans mon nouveau joujou, je n’ai pas manqué de la réécouter, histoire de me rappeler le bon vieux temps. J’ai alors fait connaissance avec les paroles, et la beauté du message susurré par ce chanteur aujourd’hui trop oublié.
Sortie pour la première fois en 1951 (et interprétée par l’incomparable Nat King Cole), « Too Young » a été composée par Sidney Lippman pour la musique, et par Sylvia Dee pour les paroles. La version de Johnny Mathis est elle parue en 1972 dans l’album « Song Sung Blue ».

Les paroles :
They try to tell us we’re too young, too young to really be in love
They say that love’s a word, a word we’ve only heard
But can’t begin to know the meaning of

And yet we’re not too young to know
This love will last though years may go
And then some day they may recall, we were not too young at all

And yet we’re not too young to know
This love will last though years may go
And then some day they may recall, we were not too young at all

A quoi ça sert l’amour – Edith Piaf et Théo Sarapo
Une chanson qui m’émeut beaucoup, « offerte » par une amie désireuse de me remonter le moral un jour de grosse tristesse. Tout d’abord son contexte : Edith Piaf l’interprète en 1962, un an avant sa mort, en compagnie de Théo Sarapo, son dernier compagnon et deuxième mari. Une mélodie gaie qui sied merveilleusement bien à l’interprète de « Milord », et dont les paroles sont tout sauf légères. Elles défendent l’amour, ici d’un homme et d’une femme que 21 années séparent, de quoi choquer les âmes sensibles de l’époque. Edith Piaf était une grande amoureuse, et malgré les drames qui ont marqué sa vie, elle n’a jamais renoncé à faire battre son coeur, même si parfois, ses choix ne correspondaient pas à la bienséance des règles traditionnelles en la matière.
Paroles et musique sont l’oeuvre de Michel Emer. Des paroles d’une lucidité toute poétique et qui sonnent vrai, certainement, pour chacun d’entre nous « Mais toi, t’es le dernier, mais toi t’es le premier, avant toi y’avait rien, avec toi je suis bien ».
Le petit clip qui accompagne cette chanson est tout simplement une merveille…

Les paroles :
A quoi ça sert l’amour ?
On raconte toujours, des histoires insensées, à quoi ça sert d’aimer ?

L’amour ne s’explique pas ! c’est une chose comme ça, qui vient on ne sait d’où, et vous prend tout à coup.

Moi, j’ai entendu dire, que l’amour fait souffrir, que l’amour fait pleurer.
A quoi ça sert d’aimer ?

L’amour ça sert à quoi ?
A nous donner d’ la joie, avec des larmes aux yeux… C’est triste et merveilleux !

Pourtant on dit souvent, l’amour est décevant, qu’il y en a un sur deux, qui n’est jamais heureux…

Même quand on l’a perdu, l’amour qu’on a connu, vous laisse un goût de miel.
L’amour c’est éternel !

Tout ça, c’est très joli, mais quand tout est fini, il ne vous reste rien, qu’un immense chagrin…

Tout ce qui maintenant, te semble déchirant, demain, sera pour toi, un souvenir de joie !

En somme, si j’ai compris, sans amour dans la vie, sans ses joies, ses chagrins, on a vécu pour rien ?

Mais oui, regarde-moi !
A chaque fois j’y crois, et j’y croirai toujours… Ça sert à ça, l’amour !

Mais toi, t’es le dernier, mais toi, t’es le premier !
Avant toi, y’avait rien, avec toi je suis bien !
C’est toi que je voulais, c’est toi qu’il me fallait, toi que j’aimerai toujours…

Ça sert à ça, l’amour !…

Evergreen – Barbra Streisand
Barbra Streisand est une chanteuse à part dans mon Panthéon des interprètes. Parce que j’aime quasiment tout d’elle, sa voix, bien entendu, mais également ses compositions, ses films (je pense avoir vu Yentl une bonne trentaine de fois, et je connais la BO par coeur !). Bizarrement, cette chanson-là n’est apparue qu’assez récemment dans ma « short list ». Celui qui me l’a fait découvrir n’est plus dans ma vie, ni dans mon coeur, mais il m’a laissé ce petit souvenir, cette vérité de l’époque. Elle est tout simplement sublime, et la vidéo que j’ai trouvée la rend encore plus intense et émouvante.
« Evergreen » est l’un des thèmes principaux du film « A Star is Born » (1976), dans lequel jouent Barbra Streisand et Kris Kristofferson. L’histoire d’un couple de chanteurs, elle jeune débutante, lui artiste aguerri, dont les carrières connaîtront des trajectoires opposées, avec des conséquences dramatiques.
Barbra Streisand en a signé la mélodie et Paul Williams les paroles. Cette chanson a été un énorme succès populaire, également saluée par la profession avec l’Oscar et le Golden Globe de la meilleure chanson, et le Grammy Award de la Chanson de l’Année.

Les paroles :
Love soft as an easy chair, love fresh as the morning air
One love that is shared by two, I have found with you


Like a rose under the April snow, I was always certain love would grow
Love ageless and evergreen, seldom seen by two
You and I will make each night the first
Everyday a beginning


Spirits rise and their dance is unrehearsed
They warm and excite us, ’cause we have the brightest love

Two lights that shine as one
Morning glory and midnight sun

Time… we’ve learned to sail above
Time… won’t change the meaning of one love
Ageless and ever evergreen…