L’avant-Comptoir, mon pêché de gourmandise !

C’est tout d’abord Nadège qui me raconte que son voisin et nouveau pote, Eric, l’a emmenée dans un super endroit à Odéon. Alors Nadège m’y emmène à son tour. Puis nous y retournons avec Eric. Puis j’y rameute la Glorieuse Brigitte, son frérot Laurent et son ami Franck. Sans compter que j’en parle partout autour de moi, en particulier lors des pauses-déjeuner au bureau, histoire de me remonter le moral face à ma piteuse salade sur-mesure généreusement payée 9,50€ .

C’est une belle adresse, toute simple d’extérieure et finaude quand on s’y aventure : un comptoir sur la gauche, une longue tablette sur la droite (avec des crochets dessous pour nos sacs, le bonheur !) et au milieu, un couloir humain plus ou moins dense selon l’heure où l’on s’y pointe. Du bruit, comme il faut, entre les conversations des uns, les commandes passées par les autres. Un décor de bar à tapas, mais avec une carte bien cocardière et des serveurs qui ont l’art de vous reconnaître dès votre seconde visite. Il y a de la vie et même du coeur à l’Avant-Comptoir, et ma foi, comment s’en étonner ?

Car derrière ce lieu de régalade, il y a la patte d’Yves Camdeborde, popularisé par le très tiède Masterchef, mais dont le nom est depuis longtemps familier pour les amoureux du ballon ovale. Je lui dois mon plus beau souvenir gastronomique, une rognonnade de râble de lapin – tapenade – purée de pommes rattes à la vanille – cèpes à la Bordelaise – jus court infusé sauge  servie lors de la dernière Nuit du Rugby, où nous étions près de 700 convives. Un pur bonheur pour les papilles, de la tendresse en bouche, à la juste température, la cuisson parfaite… Le bonheur !

L’Avant-Comptoir…

Rien de snob ni de clinquant dans sa cuisine. Et cela se goûte dans son Avant-Comptoir. Le produit est beau, bon, et déborde de goût. Tout est cuisiné en direct, à la commande, après avoir fait son choix en levant la tête, là où pendent, tels des lustres gastronomiques, tous les « tapas » prêts à s’offrir à vous. Jambon Baiona, chipolatas, brochette de foie gras – piquillos – jus acidulé, croquettes au jambon, croquettes au pied de cochon, carpaccio de rôti de boeuf, brandade de morue, oreilles de cochon, et j’en passe. C’est gourmand sans être goinfre, et finaud sans être chiche. On y vient pour l’apéro, et on repart finalement le ventre plein, deux voire trois heures plus tard, en ayant refait le monde entre amis ou avec ses voisins de comptoir, avec une addition qui ne vous donne pas d’indigestion.

… une adresse…

La touche ultime, après tous ces petits plats du terroir retravaillés façon mignardises salées, c’est de s’offrir une délicieuse gaufre, elle aussi maison. Heureuse surprise encore quand l’on vous tend l’objet du désir : la gaufre est double, telle un livre, un Missel dédié à la gourmandise, et pour peu que vous décidiez de la dégustez sur le chemin du retour (à pied, forcément… il faut éliminer !), ne soyez pas étonnés de surprendre le regard envieux de clients attablés devant leur classique tartare-frites… A vous de défendre votre bien, et de partager, ou non, son adresse d’origine.

J’oubliais… la carte des vins. On n’y vient pas vraiment pour commander ce que l’on aime. Le jeu, c’est de se laisser guider par l’envie du moment. Moi l’adepte du rouge de caractère, j’ai à chaque fois « craqué » pour un blanc ou un rosé pétillant. Des bulles fines qui cachent des vins malins ne jouant pas dans la cour des stars, mais dont les noms se notent pour une prochaine fois… même si la politique maison est de régulièrement faire tourner les domaines, afin de donner un brin de lumière à des producteurs pas forcément connus.

… à se pourlécher les babines !

Vous l’aurez compris, c’est une adresse pour celles et ceux qui se laissent guider par leur plaisir, sans chercher autre chose que de faire passer du bon temps à leur gourmandise. Un coin de Sud-Ouest dans la grisaille parisienne qui vous retient par le biais de ses fourneaux malins, de la gentillesse de ses hôtes et de leurs conseils qui ne déçoivent jamais.

Une adresse que l’on aimerait garder égoïstement pour soi, mais que l’on aime tellement qu’on la crie sur tous les toits.

L’Avant-Comptoir
3, carrefour de l’Odéon
Paris 6e
Métro Odéon
Eteignage des fourneaux à 23h