Jean-Paul Gaultier, couturier-roi de la « rétro »…

Le Grand Palais fête depuis ce 1er avril notre Jean-Paul Gaultier national, dans une expo-rétrospective qui a déjà posé ses mannequins magiques dans 9 villes du monde. Créée à l’origine au musée des Beaux-Arts de Montréal, elle fait enfin étape à Paris, et nous balance une sacrée claque, celle du travail d’un véritable artiste qui a profondément marqué l’univers de la mode.

Jean-Paul Gaultier est le couturier de la vie quotidienne, celle évoquant le lien ténu entre hommes et femmes, celle des métissages, des sexualités assumées et du rêve. Il redistribue les codes des coupes, redonne une identité aux « classiques » devenus presque uniformes, balance de la couleur, pimente le noir, rend sexy le long, sculpte le tissu… On pourrait en faire des lignes tant ce titi parisien a du talent (ça, on  le savait), mais il faut voir cette rétrospective pour réaliser la richesse de son inspiration, et la modernité de son oeuvre. Bref, quelle chance de pouvoir être contemporain d’un tel génie à la créativité éternellement actuelle, tant il est impossible de lui définir une époque !

La coiffe de la mariée : des rouleaux et des tourtereaux ! - ©MonBazarUltd

La coiffe de la mariée : des rouleaux et des tourtereaux ! – ©MonBazarUltd

Techniquement, le visiteur suit un parcours thématique, lui permettant de rentrer dans les différents univers ayant inspiré le maître tout au long de sa carrière. L’esprit marinière, l’influence virginale, le tailleur revu et corrigé, les dessous-dessus, les muses, les croisements de cultures, le 3e sexe : pas de mélange dans les thèmes, mais une explosion de tenues qui témoignent de l’obsession de Jean-Paul Gaultier de produire sa créativité sous toutes les coutures. On s’étonne parfois d’un certain « classicisme » dans quelques créations par-ci par-là, mais ce serait oublier que le couturier est avant tout un remarquable technicien et un amoureux de l’artisanat haute-couture ; car derrière ses explorations parfois déroutantes, rien n’est laissé au hasard, pas même un ourlet.

Quelques belles idées viennent jalonner le parcours riche de 175 modèles créés entre 1976 et 2014, comme par exemple celle d’animer certains mannequins de visages vidéo-projetés… qui parlent ! Jean-Paul Gaultier fait d’ailleurs partie du casting (à vous de le trouver !). Ou encore cette longue estrade reproduisant un défilé version live , avec la voix de Catherine Deneuve présentant les créations : comme en vrai !

Fan de JPG depuis très longtemps, j’espérais secrètement voir parmi les modèles présentés, LA robe qui pour moi est sans doute la plus belle de toutes, celle que je rêverais de porter sur un tapis rouge. Une robe créée pour sa première collection de haute-couture, il y a plus de 15 ans, intitulée « Divine Jacqueline » : un fourreau-bustier en jean délavé, sculptée comme le corps d’une sirène, et se terminant dans un divin frou-frou de plumes d’autruche. J’ai également retrouvé quelques bijoux familiers, dont ceux de la célèbre collection Frida Kahlo.

Quelques photos viennent également habiller cette très belle expo, rappelant au passage que Jean-Paul Gaultier a également su utiliser l’image pour mettre en avant son imagination très fertile. Les plus belles femmes du monde (et quelques beaux gosses aussi) ont régulièrement posé sous sa direction…

Et parce que Jean-Paul Gaultier, c’est également l’humour incarné (il rigole tout le temps !), voici quelques exemples « clins d’oeil » qui témoignent de sa grande popularité en dehors du monde très fermé de la mode (et de notre hexagone) :

Le parcours se termine avec un sentiment de « donnez-m’en encore », tant le temps passe vite et les yeux en prennent pour leur régal. Jean-Paul Gaultier est un artiste, un vrai, un créateur contemporain qui restera forcément dans l’Histoire ; et si son talent est avant tout lié à la maitrise de sa passion, il sait aussi faire fructifier son nom, et donc sa marque. Rien d’étonnant à ce que la boutique officielle regorge de dizaines de références avec, à côté des classiques catalogue de l’expo ou cartes postales des oeuvres-clés, des mugs siglés, des coussins, des tee-shirts et même… du thé ! Business is business… 🙂

J’espère vous avoir donné envie de faire une petite virée du côté du Grand Palais.

On en ressort impressionné d’une telle production, d’une telle diversité dans les créations. Voilà un couturier qui ne masque ni les corps, ni la couleur de la peau et rend l’être humain, qu’il soit homme ou femme, universel. L’homme reprend les codes de la femme (la fameuse jupe !), la femme dévergonde les costumes virils. Nos aïeules avaient brûlé leur corset : Jean-Paul Gaultier nous le rend désirable, libéré de tout sexisme et valorisant nos formes, que certains de ses collègues, souvent, gomment dédaigneusement dans leurs défilés. Il a également rendu ses lettres de noblesse aux tattoos souvent perçus comme « voyous », valorisant ceux de ses mannequins, ou créant même ces fameux tops en résille, peints comme de véritables tatouages. Jean-Paul Gaultier est aussi un artiste prolifiquement attaché aux références. Il revendique ses indispensables muses, sans distinction, qu’elle soit sa chère grand-mère ou l’une des plus grandes chanteuses actuelles. Il rend hommage aux symboles religieux, aux codes vestimentaires des cultures du monde entier, sans jamais renier sa mission première : rendre uniques celles et ceux qui portent ses vêtements.

L’exposition a démarré ce mercredi 1er avril et prendra fin le lundi 3 août. Un conseil : essayez d’éviter les horaires « classiques », où il risque d’y avoir foule. L’immensité de cette rétrospective n’est pas installée dans les plus grandes salles du musée, et l’on peut vite se sentir étouffé sans pouvoir profiter du spectacle. D’autant que tout le monde, je dis bien TOUT LE MONDE, brandi son téléphone pour immortaliser l’intégralité des modèles. J’ai rarement vu autant d’engouement photographique de la part des visiteurs, d’autant que le public est très varié, tant en âge qu’en « profil social ». Mais, derrière ces différences, Jean-Paul Gaultier aura réussi son pari de provoquer l’unanimité.

PS : et si en prime, vous êtes un peu (beaucoup) geek, comme moi, une appli iPhone est tout juste sortie, non seulement pour vous guider dans l’exposition, mais également pour vous amuser à jouer chez vous au mannequin total-look JPG ! A télécharger en cliquant sur le lien suivant : https://appsto.re/fr/6IfY5.i

En quelques images, voici un diaporama des plus beaux modèles de cette exposition…

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