Un vestiaire iconique très au parfum !

Yves Saint-Laurent et ses parfums… A l’image de sa créativité vestimentaire, YSL a toujours pris soin de marquer les esprits dans le domaine olfactif. Parmi les nombreuses références mondialement (re)connues, j’ai en tête (et dans les narines) le fameux Opium, parfum de scandale à l’époque où il est sorti, devenu depuis une référence ; un « classique », même.

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©Yves Saint-Laurent

Depuis mon intérêt grandissant pour la parfumerie « de niche », que je préfère d’ailleurs appeler « d’exception », je m’éloigne forcément de ce que l’on appelle assez snobinardement le « mainstream ». L’Opium du peuple, pour résumer… Ces parfums que vous trouvez à chaque coin de rue, existant en multiples versions (contenant, contenu, nom, concentration) et qui n’ont finalement plus grand chose de créatif.

Mais voilà. En me rendant sur le stand Yves Saint-Laurent aux Galeries Lafayette, je ne m’attendais pas à prendre une belle claque…

YSL Beauté n’a pas fait les choses à moitié ; et même si l’ouverture du premier corner dédié à la nouvelle collection Vestiaire des Parfums au sein de la Coupole des Galeries Lafayette Haussmann a pris quelques semaines de retard, l’attente valait le coup. Tout d’abord parce que, malgré la foule présente le jour de ma visite (le dernier samedi avant Noël), on se sentait quand même dans un cocon et au calme. Parce que les ambassadrices Saint-Laurent semblaient fières de présenter ce nouveau concept et connaissaient leur sujet sur le bout des doigts. Enfin, parce que l’aménagement-même des lieux est à la fois malin, ludique et informatif. Les départements Design et Marketing ont clairement travaillé main dans la main, soit, mais il faut savoir saluer l’ingéniosité des têtes pensantes quand le résultat est là.

Le corner « Vestiaire des Parfums »

Chaque parfum bénéficie de son propre espace, permettant ainsi de le découvrir dans son intégralité et de mettre à profit une bonne partie de nos 5 sens. Des jeux de tiroirs, présentoirs et accessoires mettent en scène l’univers de la création, accompagnant l’histoire narrée par les ambassadrices YSL.

La vue : les très beaux visuels sont bien entendu mis en scène et en exergue. A la fois sobres et sophistiqués, ils mettent en avant le flacon épuré et les deux matières premières vedettes avec, en toile de fond, le tissu du vêtement auquel le parfum rend hommage. Les codes couleur sont simplissimes mais efficaces : le noir, le blanc et une touche « or » très discrète.

Le toucher : chaque parfum étant relié à une pièce-phare du vestiaire Saint-Laurent, les tissus participent forcément à l’univers olfactif. Sur le stand, on peut les toucher, les frôler, et s’imprégner du vêtement pour mieux comprendre son… odeur.

L’odorat : bien entendu, c’est le point d’orgue du concept. Il se déroule en trois temps… Tout d’abord avec la découverte olfactive des deux matières premières identifiées au vêtement iconique, présentées en minuscules fioles dans lesquelles une très chic mouillette noire peut y être trempée. Puis, avec l’incontournable carte-touche, dans la même matière gaufrée que le packaging. Enfin, pour celles et ceux qui craignent que le papier déforme les notes du parfum, il est également possible de le découvrir par le biais d’un stylet inséré d’une céramique, permettant à la fragrance de ne subir aucune déformation.

Les 5 créations

Remercions YSL d’avoir entamé cette collection du Vestiaire en restant raisonnable sur le nombre de créations. Pour un début, mieux vaut ne pas dépasser ce chiffre de 5, histoire de ne pas se perdre dans le concept créatif et de permettre à toutes et tous de trouver plus facilement son bonheur. Ces 5 créations, qui marquent les bases plutôt classiques du vestiaire Saint-Laurent, ont une ligne directrice, une approche sophistiquée de la parfumerie, à la fois directe dans l’identité de ses matières premières vedettes, et complexe dans l’évolution permanente des créations à même la peau. Je vous les présente par ordre de préférence, forcément arbitraire…

TRENCH…

C’est sans doute la création qui fera le moins peur aux « classiques ». Tout comme le vêtement qu’il représente, je le trouve un brin bourgeois mais propre et distingué. L’accord iris-agrumes est très équilibrée, sans trop de surprise, mais avec une belle tenue et la sensation qu’on a droit à de belles matières premières. Pas de chance me concernant : ma peau déteste l’iris et lui donne des notes de papier mâché. C’est clairement un parfum de toutes saisons, auquel on peut rester de longues années fidèle, car sa linéarité est plutôt rassurante. Comme un joli imperméable qui vous protège des intempéries, Trench créé une aura rassurante et vous parfume avec style et sophistication… à la Parisienne !

SAHARIENNE

Voilà une pièce de la garde-robe Saint-Laurent qui a enfiévré toute une génération de femmes. Difficile de créer un vêtement plus masculin-féminin, à la fois structuré dans ses lignes et libertaire dans ses ouvertures. On pouvait s’attendre à un parfum sauvage et chaud… C’est finalement la création la plus « doudou » de toute la collection. Une alliance de néroli et de muscs blancs d’une absolue douceur et aux accents poétiques, presque un parfum de femme-enfant gorgé de soleil et de lumière. Forcément, il n’est pas évident à essayer en plein hiver, sous une rotonde de grand magasin surchauffé. Saharienne ne prend pas forcément de grands risques au niveau créatif, mais son profil olfactif fait partie des bases de la parfumerie et trouvera forcément son public. J’ai quelques doutes sur l’intérêt de sa sortie en plein hiver, étant personnellement très sensible à l’accord parfum/saison, mais il existe énormément d’amoureuses du musc susceptibles de s’y attacher très rapidement, d’autant qu’il reste très sensuel dans son évolution.

TUXEDO

Hommage au fameux smoking (tuxedo, en version anglaise), pièce du vestiaire masculin par excellence détournée par Monsieur Saint-Laurent, porté à même la peau, ou sous une chemise à jabot blanche. Un vêtement au tissu graineux, ajouré de satin, mêlant rudesse et douceur. Sans doute l’un, si ce n’est le parfum le plus attendu de la collection. C’est également celui qui est présenté comme le point de départ du Vestiaire, puisque le bouchon des flacons en reprend la texture grainée. Son mariage patchouli-épices, à la fois sombre et pimpant. Sur ma peau, le patchouli très fumé se masculinise pas mal, évoquant le bois et la terre. Les épices noires sont très rapidement présentes (le poivre, surtout) pour insuffler un esprit taquin et féminin, mais rentrent dans le rang au bout d’une vingtaine de minutes et restent en fond. C’est le parfum qui, sur le papier, m’attirait le plus, mais je suis sans doute trop attachée au patchouli gras et beatnik comme il se portait dans les années 70. De plus, je n’étais pas dans un jour « parfum mixte », car il faut bien avouer que Tuxedo est le plus hybride des 5 parfums du Vestiaire. J’irais même jusqu’à penser qu’il serait merveilleux sur une peau masculine et qu’elle lui donnerait une touche d’originalité supplémentaire… 

CABAN

Volontairement placé entre Tuxedo et Caftan (dont je vous parlerai juste après), c’est mon gros point d’interrogation. C’est déjà un bon point car s’il me laisse perplexe, c’est qu’il m’intrigue… et qu’il a donc su attiser ma curiosité. Un accord poivre rose-tonka pas forcément attendu pour ce vêtement masculin par excellence, même si, après réflexion, on peut voir dans sa composition un hommage aux voyages… Et qui est plus volatile et sauvage qu’un marin ? Je lui trouve un côté rond, aux notes vanillées, mais toute en légèreté et en parcimonie. Il me semble que sur ma peau il reste encore un peu plat, que les accents tonka bloquent un épanouissement un brin plus épicé et caractériel. Je n’ai clairement pas envie de le laisser tomber… je dirais même : j’ai très envie de le conquérir. Alors, patience…

CAFTAN

Yves Saint-Laurent et le Maroc : plus qu’une destination aimée, c’est un véritable attachement culturel qui le liait aux couleurs, aux tissus et aux odeurs nord-africaines. Par le biais de ses somptueuses villas à Tanger et à Marrakech et du jardin Majorelle, Monsieur Saint-Laurent a été l’un des meilleurs ambassadeurs de la culture nord-africaine en intégrant ses codes dans ses créations les plus contemporaines.

Et voilà mon véritable coup de foudre. Certes, le duo benjoin-encens ne pouvait que m’attirer (l’encens fait partie de mes « chouchous » en parfumerie) mais je ne m’attendais pas à tant de sophistication et de sensualité sur la peau, avec autant de tenue et une évolution si ensorcelante. C’est un véritable appel au voyage, au laisser-aller. On s’imagine sans problème enveloppée dans un caftan de soie, allongée dans un salon à peine éclairé après avoir passé plusieurs heures dans la moiteur d’un hammam, puis sous les mains d’un masseur aux mains impregnées d’huile parfumée. Caftan est sans doute le plus féminin des 5 créations du Vestiaire, en tout cas celui qui, pour moi, correspond totalement à la femme Saint-Laurent. C’est un parfum qui ne passe pas inaperçu et qui, avec le temps, prend de plus en plus possession de la peau. Je ne compte d’ailleurs plus les compliments les jours où je le porte.

En quelques images, l’univers du Vestiaire…

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Plongée dans un luxe très parisien…

Bien entendu, une maison comme Saint-Laurent sait soigner le moindre détail. Ainsi le flacon, extrêmement épuré. L’étiquette, blanche et gaufrée. Le bouchon, imposant, lourd et délicat (grainé au toucher, à la manière du smoking YSL, comme évoqué plus haut). La boîte blanche en papier gaufré, où vient délicatement s’encastrer votre 125 ml (pas forcément le plus pratique, puisque la partie supérieure est adaptée au millimètre près au bouchon ; c’est parfois un exploit de pouvoir faire coïncider les deux à l’aveugle). La plus belle partie, celle où la boite est enveloppée dans une pochette en coton siglée Vestiaire des Parfums, comme on le ferait pour un sac de marque, et pour laquelle vous imaginez illico presto un usage futur.

Mon seul bémol concerne les échantillons. Certes très élégants, ils ne sont pas très pratiques (le bon vieux bouchon qui se décalotte, et qui vous fait en mettre la moitié sur les mains) et ne donnent pas forcément envie de les embarquer dans son sac.

J’ajoute, mais c’est une tendance qui est en train d’être prise en compte par de plus en plus de grandes maison, que proposer un format unique de 125 ml peut être un frein pour l’acheteuse, en tout cas pour se lancer dans l’adoption d’une des pièces du Vestiaire. A une époque où l’on aime voyager léger et pouvoir transporter un trousse de beauté « bis » dans son sac, où les amoureux du parfum n’ont pas forcément les moyens (ou la place) d’investir dans une grand flacon, où celles et ceux prêts à franchir la frontière de la parfumerie d’exception, il est dommage de ne pas commercialiser des formats plus petits, à l’image des excellentes initiatives des Editions de Parfums Frédéric Malle et de la maison Hermès qui proposent des versions « mini », soit en recharge individuelle de 10ml pour le premier, soit en coffret de 4 flacons de 15ml pour la seconde, au prix plus abordable.

Si (re)découvrir les racines de la maison Saint-Laurent par le biais du parfum vous fait de l’oeil, n’hésitez surtout pas à franchir le pas. Le Beau est encore d’actualité, et un peu de rêve dans notre monde de brutes ne fait pas de mal, bien au contraire…

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©Yves Saint-Laurent

Collection « Le Vestiaire des Parfums » par Yves Saint-Laurent

A découvrir en avant-première au stand dédié des Galeries Lafayette Haussmann (à proximité du stand beauté YSL)

Eau de parfum – Disponible en format unique de 125 ml.
Prix : 240 €

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