Mon Bazar Unlimited

Odeur #159

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Quoi de plus intime, voire viscéral qu’une odeur enfouie dans notre mémoire ? Respirer n’est alors plus seulement un acte du vivre, mais du revivre. Et le nez en est l’un des outils incontournables.

Ce fameux nez, ce tarin, ce pif, ce blase qui a glorifié Cyrano de Bergerac, Pinocchio, Gru et même Voldemort, est le point de départ de l’exposition « Prête-moi ton nez« , initiée par l’artiste Sandrine Alouf, anosmique depuis 13 ans suite à un accident. Son idée ? Réaliser puis réunir des moulages de nez auprès de personnes de tous horizons afin d’en faire une œuvre collective, la célébration d’un sens qui n’existe, hélas, plus pour elle. Voilà pour la première étape.

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Car chaque empreinte de nez est reliée à un numéro, lui-même relié à un texte : celui composé par la personne qui a prêté son appendice à Sandrine, le temps d’un moulage. Et qui raconte le souvenir d’une odeur. Intime. Viscéral.

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Grâce à un post Instagram de Sarah Bouasse (journaliste et écrivaine, merveilleuse conteuse des odeurs), qui narrait sa propre expérience, j’ai tout appris sur ce projet exaltant. J’ai alors contacté Sandrine, qui arrivait au terme de sa quête. Dans son atelier niché au cœur du 10e arrondissement, je lui ai prêté mon nez physique ; elle l’a enduit d’une pâte gluante durant quelques minutes : respiration par la bouche obligatoire ! Puis je lui ai offert, par le biais de mes mots, le souvenir d’une odeur issue de ma mémoire olfactive, cette fois-ci avec mon nez émotionnel.

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Offrir une odeur, c’est se délester d’une émotion secrète, que l’on porte au plus profond de son cœur. Et pour l’hypersensible que je suis, chaque jour peut renvoyer à une émotion olfactive différente de la veille. Celle qui m’est venue en tête le jour du moulage, je l’ai finalement remplacée par une autre, qui s’est imposée d’elle-même quand il a fallu se mettre au clavier.

Lundi 12 octobre, nous étions ainsi 258 nez exposés à la Galerie L’Œil Bleu pour le vernissage de l’exposition. On pouvait ressentir l’émotion de Sandrine de voir son œuvre s’approprier les murs immaculés de la galerie, les nez d’un côté, les textes de part et d’autre. Son bonheur d’accueillir Francis Kurkdjian, charmé par son projet, jusqu’à accepter d’en devenir le parrain. Le parfumeur a bien sûr prêté son nez mais a remplacé le texte demandé par la composition d’une fragrance toute personnelle, aux accents printaniers et nostalgiques.

Rendez-vous jusqu’au jeudi 22 octobre à l’Œil Bleu, 32 rue Notre-Dame-de-Nazareth (Paris 3e) pour admirer ce projet sensoriel devenu réalité.

Mon numéro ? Le 159 !

Et vous, qu’en dites-vous ?

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