La lutte des sexes… version parfums !

Noël aux Galeries…
Depuis décembre 2010, j’ai l’occasion d’exercer une nouvelle activité, un genre de job d’hiver qui me permet, en plus de mon activité free-lance, de baigner dans un univers qui m’est très cher : vendeuse de parfums ! C’est derrière le comptoir d’une célèbre marque de niche française, aux Galeries Lafayette Haussmann, que j’ai découvert à quel point, parfois, il existait quelques vieux principes bien ancrés dans les traditions, comme celui de donner un sexe à un parfum.
 
Le Chevalier d’Eon… version homme, et femme…
 
« Mais où veut-elle en venir ? », me direz-vous. Simplement au fait que parfois, pour des préjugés ancrés depuis de trop longues années, certaines créations appréciées et désirées par des femmes ou des hommes n’ont pas été adoptées pour une histoire de « mais ce n’est pas un parfum pour moi » !
Le blocage peut venir d’une publicité, d’une classification dans un magasin, d’une matière première ou pire, d’une vendeuse au discours automatisé « ça c’est de la rose, c’est pour les femmes, et le vétiver, c’est pour les messieurs, vous comprenez ? » Très drôle à entendre quand on sait que la légende raconte que « Jicky », créé en 1889 par Aimé Guerlain, plaisait tellement aux hommes que la Maison, afin d’éviter toute confusion ou gêne par rapport au nom, décida de créer son quasi jumeau en 1904, cette fois-ci nommé « Mouchoir de Monsieur»… une virilisation par le nom, en quelque sorte ! Pour ceux qui aiment et connaissent les parfums, le problème ne se pose pas, mais mon expérience actuelle m’a très rapidement démontrée que bon nombre de personnes n’osaient franchir le pas, de peur de mal faire et de transgresser un interdit totalement imaginaire.
 
 
Je songe ainsi à cette cliente venue trouver un nouveau parfum à son mari. Après les questions classiques « quel est son style vestimentaire, est-ce un bon vivant, quelqu’un de traditionnel, plutôt boisé, fleuri, classique, original ? », je l’ai guidée en démarrant tout doucement par une création boisée et fraiche, pour ensuite m’enhardir sur un plus épicé, puis un gourmand. Au bout de ces trois essais, elle a finalement craqué sur un rose-patchouli qui lui paraissait évident, mais en se retenant toutefois : « mais, dîtes-moi, c’est un parfum pour homme ? » Je lui ai donc répondu que dans cette maison, les parfums étaient unisexes, et que la rose était également très portée par les hommes, et ce depuis de nombreuses années, parce qu’ils aimaient son pouvoir aphrodisiaque. Mon discours l’a comme soulagée, mais on sentait dans son regard tout le poids des « on-dit » et de cette habitude qu’ont les êtres humains de tout vouloir ranger dans des cases. Je ne sais pas si ce monsieur aimera son nouveau parfum, mais j’ai trouvé magnifique que cette femme aille plus loin que les conventions, et imagine son homme dans un sillage quasi érotique… Quelle belle preuve d’amour !
 
Publicité Aromatics Elixir par Irving Penn
Personnellement, voilà quelques années que j’ai fait mon deuil de ce sexisme primaire qui nous obligerait à nous limiter au bon vouloir des marketeurs. Il faut dire que j’ai été à bonne école : mon père, homme pourtant très discret et traditionnel, a un jour emprunté le parfum de ma mère, le fameux « Aromatics Elixir » de Clinique. Et l’a carrément adopté, pour ne plus le quitter jusqu’à la fin de sa vie. Je n’ai pas besoin de vous raconter la réaction de ma mère, furieuse d’avoir été ainsi « volée ». Mais le plus drôle dans l’histoire, c’est que mon père croyait fermement que son nouveau sillage était en fait un parfum pour homme, que ma mère, cette « originale », avait trouvé dans le mauvais rayon. Il m’a fallu du temps pour le convaincre du contraire, en fait le jour où, comme cadeau de Noël, je lui ai offert un magnifique coffret dédié à son parfum, où le flacon de 50ml côtoyait un gel douche et… un lait pour le corps !
 
Le smoking mis en beauté par les femmes, selon Yves Saint-Laurent
 
Cet épisode familial a ainsi débloqué tout jugement de valeurs sur la sexualité des parfums, me permettant ainsi d’adopter à 20 ans celui qui me faisait chavirer, le sublime « Obsession for Men » de Calvin Klein. J’avoue que la première fois que je l’ai porté, j’avais l’impression de transgresser un tabou, d’autant qu’à l’époque, les parisiennes portaient toutes « Angel » de Thierry Mugler. Le truc à la mode, c’était le sucré pour les filles… certainement pas l’épicé-boisé qui ravissait mes narines.
 
« In the Car » par Roy Lichenstein
 
J’ai un peu plus tard de nouveau pioché chez ces messieurs en découvrant « Eau  Noire » de Dior. Cette lavande vanillée, encore plus virile que celle que j’avais pourtant adulée sur un fiancé dans « Pour un Homme » de Caron, fut un coup de foudre ! Nous avions beau être en 2004, chez Colette, la boutique ultra-tendance de la rue Saint-Honoré, le vendeur m’a semblé avaler de travers quand j’ai fièrement annoncé que ce cadeau était en fait pour moi ! Deux ans plus tard, c’est « Encre Noire » de Lalique, ce vétiver-musc salué par tous les critiques, qui a remporté mes suffrages et qui a définitivement marqué mon coupage de cordon envers les parfums sexués.
 
 
« Les Amants » par Magritte
Si mon goût et mon jugement se sont aussi facilement mûs, c’est bien sûr la maturité aidant, mais également grâce au développement des marques de niche. Dans ces maisons qui ont pour ambition de proposer des créations originales et parfois risquées (même si hélas c’est de moins en moins le cas, marché concurrentiel aidant en 2010), on vous susurre très légèrement à l’oreille que ledit parfum est « plutôt » un masculin. Mais jamais on ne vous empêchera de le sentir, puis de l’essayer sur vous, ni même de l’adopter, bien au contraire. Il existe toujours ce discours de communicant, histoire de cibler les magazines qui « vendront » la nouveauté, mais il n’y a plus ce discours de vendeur à acheteur qui vous oblige à restreindre vos élans olfactifs.
 
Publicité « virile » pour Habit Rouge
Je surprends toujours un peu quand je parle de mon dernier coup de cœur, on peut même dire coup de foudre… A la recherche d’un sillage frais mais orientalisant, au caractère affirmé et à la signature impeccable, j’ai succombé à « Habit Rouge ». Tout d’abord en m’offrant (quel beau cadeau personnel, en effet !) l’Extrait, tout en cuir et épices, puis en me souvenant qu’un de mes anciens amoureux portait fort bien l’Eau de Toilette. J’ai littéralement chaviré, avec cette impression d’avoir trouvé une partie de moi-même dans ce classique de Guerlain tellement marqué au masculin. Si on me pardonne d’emprunter des créations dîtes masculines chez les créateurs de niche, je sens encore de la gêne face à certains interlocuteurs qui semblent me reprocher d’être allée me servir dans l’héritage olfactif traditionnel, d’être allée féminiser un parfum toujours plus virilisé à chaque campagne de publicité.
Défilé été 2010 « Hommes » – Jean-Paul Gaultier
 
Le sexisme envers les parfums existe bel et bien, mais peut-on pour autant les enfermer dans une guerre des sexes ? Doit-on s’interdire d’emprunter le pull de son fiancé sous prétexte qu’il l’a acheté au rayon homme ? Doit-on empêcher les petites filles de porter des pantalons ou les cheveux courts ? Doit-on rire lors d’un défilé Jean-Paul Gaultier quand ses mannequins musclés et poilus montrent leurs gambettes sous une jupe ?
 
Coccinelle, première artiste « trans » connue et reconnue en France
 
A chacun de faire comme il lui plait. Mais il serait tellement dommage de passer à côté d’une future belle histoire entre soi et un parfum. Alors, pour celles qui n’osent pas encore, voici une liste non-exhaustive des parfums que je porte… Quant aux messieurs, qu’ils n’hésitent pas à partager leur « it list » de parfums pour dames qui rendent leur sillage si viril !
 

L’Eau du Navigateur (Artisan Parfumeur)
Timbuktu (Artisan Parfumeur)
Burberry London Men (Burberry)
Obsession for Men (Calvin Klein)
Tabarome Millesime (Creed)
Eau Noire (Dior)
Vierge et Toreros (Etat Libre d’Orange)
Gomma (Etro)
Habit Rouge (Guerlain)
Cuiron (Helmut Lang)
Encre Noire (Lalique)
Espelette (Christian Louis)
Oud Cuir d’Arabie (Montale)
L’Ombre Fauve (Parfumerie Générale)
Sartorial (Penhaligon’s)
Noir (Réminiscence)
Patchouli pour Homme (Réminiscence)
Vetiver Oriental (Serge Lutens)
M7 (Yves Saint-Laurent)
 
 
Ce billet est la reprise de ma seconde chronique sur le site américain cafleurebon.com, spécialisé en parfums, et n°2 au classement Wikio. Remerciements à toute l’équipe, en particulier la rédactrice en chef, Michelyn Camen, qui a participé au choix des photos…

7 Commentaires

  1. C'est tout de meme Serge Lutens qui le premier s'est exprime sur la question. Sa parfumerie a emancipe toute une nouvelle generation de consommateurs avec a ses debuts Feminite du Bois ou les femmes avaient enfin le droit d'ajouter un boise d'exception a leur registre. Aujourd'hui chez Lutens, a l'exception de quelques senteurs florales que je trouve difficiles pour un homme, la majorite des parfums n'ont pas de « genre », ce sont des parfums, point…le nouveau Jeux de Peau mais egalement Fille en Aiguilles, Serge Noire, Fourreau Noir, Miel de Bois, Borneo 1834, Chypre Rouge, Mandarine Mandarin, Chergui, Cuir Mauresque…

    Féminin Masculin
    Le parfum: un code ou chacun peut manifester son désir d'identité. Une senteur exprime sa volonté a notre mémoire. Les frontières, hormis celles du goût, sont illusoires en ce domaine. Un parfum sera féminin s'il y a féminité et réciproquement masculin. Son interprétation fera la différence, l'élégance crée la mesure. Porté par une femme, un boisé-cuiré peut être sublime. Une senteur a la rose turque discrètement appliquée sera parfaite pour un homme…Serge Lutens.

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  2. Il est tout à fait vrai que le boisé Féminité du Bois a marqué une « libération » de la femme par rapport aux notes qui leur étaient jusque là réservées.
    Beaucoup des parfums de Serge Lutens sont accessibles à tous, mais j'ai une petite réserve quant à l'ambiance et au décor de la boutique du Palais-Royal que j'adore, mais qui a intimidé tous les hommes à qui j'ai souhaité faire découvrir ce bel univers.
    On peut également ajouter les Editions de Parfums Frédéric Malle dans cette volonté historique de ne pas enfermer les sexes dans un parfum. C'est certainement la marque où j'ai pu constater le plus de mixité dans l'adoption des créations.

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  3. Pour Serge Lutens, le parfum on le porte comme un bijou, c'est pas un sent-bon pour monsieur ou pour madame, notez que j'ai utilise le terme de non-genre et non d'unisexualite ou de mixite.
    Chez Frederic Malle on est plus dans le cadre d'une parfumerie francaise aux valeurs traditionnelles. Je trouve l'univers Malle assez bourge « Autueil-Neuilly-Passy », les creations sont de tres haute qualite mais un peu trop politiquement correctes, l'humour et la provocation manquent un peu.

    J'ai trouve cette interview remarquable de Serge Lutens qui a ete diffusee recemment sur France24:

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  4. Pour Frédéric Malle, n'entrant personnellement pas dans le stéréotype « NAP », mis à part les adresses où l'on peut le trouver dans Paris, la connotation de « bourge » me semble un peu sévère. J'ai eu la chance de découvrir l'univers de la marque à ses tous débuts, et c'est Monsieur Malle lui-même qui m'a fait découvrir Musc Ravageur. Je l'ai trouvé plutôt proche du style aristocrate anglais, de ceux qui s'appuient sur de solides traditions tout en y mettant un pointe de sulfureux. Carnal Flower, Lipstick Rose, le Parfum de Thérèse ou encore Géranium pour Monsieur (je pourrais en citer d'autres) sont à la fois de haute qualité, mais ont ce petit truc en plus qui les rendent uniques. Les « bourges » que je connais n'aiment d'ailleurs pas trop ces créations, les trouvant « too much » (si, si !).
    Quitte à vous choquer (peut-être, certainement), je trouve que la parfumerie la plus osée aujourd'hui est représentée par Etat Libre d'Orange. Il y a du moyen, du bien et du très bien (Like This, Vierges et Toreros, Charogne), à des prix de plus très abordables… Ils prennent des risques, tout en s'appuyant sur un marketing assez malin, et des têtes d'affiche (Tilda Swinton, Rossi di Palma) qui n'ont rien de commun avec Madame Tout-le-Monde.
    Concernant Serge Lutens, je respecte énormément l'artiste et le créateur, qui m'a émue avec Ambre Sultan, Cuir Mauresque, Santal de Mysore, Féminité du Bois (j'arrête là la liste !). Mais j'avoue être un peu déçue depuis quelques temps (trop gâtée par le passée ?). Depuis Five O'Clock au Gingembre et Fille en Aiguilles, rien ne m'a vraiment « scotchée ». Présente pour le lancement clients de Boxeuses, je suis finalement repartie avec Tubéreuse Criminelle, la plus belle tubéreuse selon moi avec Carnal Flower… Je n'ai pas encore découvert Jeux de Peau, mais je reste toujours impatiente de découvrir du très bon chez Monsieur Lutens. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé l'interview dont vous nous faites partager le lien…

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  5. Vous avez raison, aristo est tres juste mais personnellement je bloque sur Frederic Malle. Je suis tombee sur son portrait par la chaine cablee Sundance Channel il y a quelques annees, c'etait une serie de photos chez lui a Paris, alors toute la famille rassemblee devant la cheminee, sa femme style tres Claire Chazal avec le petit colier de perles dans un ensemble en camailleux gris, ambiance pas un mot plus haut que l'autre, les enfants bien sages, lui look equestre et puis surtout d'un serieux. Je ne supporte pas le personnage, vraiment pas.
    Je connais bien la ligne Etats Libre D'Orange, avant de les avoir sentis je fantasmais sur Putain des Palaces et Secretions Magnifiques, malheureusement je ne les ai pas aime. Ils sont vendus chez Henri Bendels a New York mais je crois qu'ils se vendent mal, les vendeurs sont pas motives pour faire decouvrir la gamme serieusement, la derniere fois que je suis passee ils ne vendaient plus que trois references, les bougies et les trois quart de la marque ont disparu. C'est exactement ce qui s'est passe avec Gobin Daude qui etait commercialisee juste en face chez Takashimaya (ils ont ferme leurs portes depuis). A New York les marques de parfums confidentiels qui marchent sont toutes commercialisees chez Aedes, Saks Fifth Avenue, Barney's et Bergdorf & Goodman.
    Connaissez-vous Les Heures de Parfum par Mathilde Laurent pour Cartier? Une parfumerie tres exclusive d'une qualite exceptionnelle, certaines creations comme L'Heure Fougueuse (note equestre/criniere de cheval) sont parmis les plus originales sur le marche. J'ai deja succombe pour deux flacons, L'Heure Brilliante, un citron vert decline dans toutes ses facettes et tonalites, un vrai parfum et non une eau de Cologne ou une eau raffraichissante, ainsi que L'Heure Diaphane, un accord pivoine rose blanche, un parfum lisse, propre, il sera parfait pour l'ete chaud et tres humide New Yorkais.

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  6. Les goûts et les couleurs… Il en faut pour tous, non ? 😉
    Le modèle familial de Frédéric Malle sonne en effet un peu suranné, mais j'admire :la façon dont il dirige sa Maison, avec toujours de très belles créations à découvrir. D'ailleurs, il est bien aidé par une équipe de conseillers-vendeurs remarquablement formés et connaisseurs. Je pense en particulier à Etienne, à la boutique rue Bourg-Tibourg, qui prend le temps de discuter avec les connaisseurs, et de faire découvrir au plus juste la collection aux néophytes… Remarquable !
    C'est ce qu'il manque peut-être en effet à certaines autres marques qui, faute de vendeurs à la hauteur, sont mal connues, voire non connues et payent donc en terme de ventes.
    Je connais (un peu) les Heures de Parfum. Seul souci, le stand des Galeries Lafayette, où elles sont présentées, n'est pas le plus accueillant et le plus pratique pour découvrir toute une collection. Il faudrait pouvoir les « déguster » dans un salon, au calme… Je n'ai donc pas eu de coup de coeur ; il faut dire que le prix de ces créations a également un petit effet psychologique sur moi. Plus de 200 Euros… Et j'aime tant le parfum qu'une seule ne me suffirait pas, sans doute !
    Pour revenir à l'Heure Fougueuse, elle me rappelle une création de l'artisan basque Christian Louis, découverte dans sa boutique de Bayonne (il en a également une très belle place des Vosges, à Paris), en plus « raffinée », dirais-je… Par contre, gros trou de mémoire sur le nom ! Connaissez-vous ?

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  7. Un ami m'a ramene de Paris L'Heure Diaphane (pas dispo a New York avant l'ete), il m'a avoue que ca lui a fait un drole de choc lorsqu'on lui a annonce le prix. Je lui ai fait remarque qu'il depense des sommes aussi voir plus importantes dans les grands vins et la gastronomie – a son retour on s'est fait une fondue savoyarde avec les trois fromages importes de France pour quatre personnes (le fromage francais est surtaxe par les americains), une bouteille de Champagne, du Pouilly pour la recette, les french baguettes et bien a New York ca coute plus de 200 dollars, en plus j'ai ete « malade », je suis vegetalienne et meme si c'etait delicieux c'etait une repas beaucoup trop riche pour moi…finalement le parfum de haut de gamme n'est pas plus cher qu'autre chose surtout si on estime que c'est bien plus qu'un simple « sent-bon » fonctionnel et ca dure plus longtemps qu'un repas avec une coupe de Champagne.
    Je ne connais pas les parfums de Christian Louis, mais ce sera avec plaisir de les decouvrir lors de mon prochain sejour en France 😉

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