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#MemoireduneOdeur

Coup de foudre immédiat pour la dernière création Gucci version parfum. Une fois encore, cette Maison surprend agréablement sur un positionnement grand public niveau prix, mais ultra quali dans sa direction artistique (je suis une grande fan de la sublime tubéreuse de Bloom !).

Alberto Morillas a composé un tableau frais, fleuri, quasi vintage, mais avec un twist sensuel flirtant avec une certaine rondeur. Le flacon est chic et sobre, et le packaging si beau qu’il trouvera sa place sur une de mes étagères… Je la trouverai, en tout cas !

Il paraît que Mémoire d’une odeur ouvre le chapitre d’une nouvelle famille olfactive, le minéral aromatique. Soit. J’ai surtout lu un peu partout que ce parfum n’était pas forcément facile d’accès, surprenant par son alliance de camomille, jasmin, santal, cèdre et muscs. J’ai eu cette chance immense (et rare) qu’il se colle tout de suite à ma peau, et s’y installe plus encore à chaque pschitt.

Gucci le revendique « gender free », ce qui est par essence la définition-même d’un parfum. Sur moi en tout cas, il est puissamment féminin, fleuri, frais, déroutant… Et j’aime ça !

Ici en 60ml (83€), deniché à la boutique Gucci située rue Saint-Honoré à Paris…
Bientôt dispo dans es points de vente habituels.
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on Instagram: https://www.instagram.com/p/B1BWO9hB0X8/

Tubéreuse Quest #1

La tubéreuse est une fleur mystérieuse : d’allure virginale, elle est sans doute l’une des plus opulentes de la parfumerie, incontournable mais hélas souvent maltraitée. C’est surtout LA fleur qui est capable de me faire traverser tout Paris quand un nouvel opus lui est consacré. Alors soyons clairs : si je ne jure que par elle, je suis aussi ultra exigeante sur le traitement qui lui est consacré, ce qui est à double tranchant : coup de foudre, ou coup de colère. Il y a rarement un entre-deux ; la tubéreuse ne s’y prête pas, d’ailleurs.

J’ai donc décidé de lui ouvrir une thématique rien que pour elle, intitulée « Tubéreuse Quest », où je raconterai mes diverses aventures actuelles mais également du passé. Car il y a eu un commencement, bien sûr. Je vous en dirai plus bientôt, promis.

Aujourd’hui, place à la découverte d’une tubéreuse que je n’aurais même pas soupçonnée si je ne m’aventurais pas sur Instagram. Comme je suis devenue très Rive Droite, « home sweet home » et bureau obligent, je ne me balade que très rarement de l’autre côté de la Seine, moi qui suis pourtant si fan de longues marches dans notre si belle Capitale. Moralité, je passe à côté de belles marques et de jolies créations (ce n’est pas plus mal pour mon porte-monnaie, me direz-vous)… et c’est bien dommage !

Donc spéciale dédicace à Elsa Wolinski, que je suis sur Instagram et qui, au hasard d’un question-réponse avec un(e) abonné(e), répondait à l’interrogation fatidique : « Quel parfum portez-vous ? » par un énigmatique « une huile à la tubéreuse de l’Officine Buly ». Ding dong… « Tubéreuse« , le mot magique !!!

Pour tout vous dire, je connaissais déjà la marque (re)créée par Victoire de Taillac et Ramdane Touhami (Parfumerie Générale, Cire Trudon), deux habitués des articles élogieux dans les magazines féminins, et leur boutique germanopratine où sont proposés des produits de beauté bios et des accessoires mâtinés de vintage. Vu que l’offre est déjà conséquente de mon côté de la Seine, j’avoue que je n’avais jamais traîné dans le coin (rue Bonaparte), et encore moins étudié de près leur site web (qui n’est pas non plus le plus lisible de la sphère beauté, désolée). Je ne pensais surtout pas être la cible d’une telle boutique, assortie au quartier… Je suis quand même allée faire un tour sur www.buly1803.com histoire d’étudier d’un peu plus près la composition et surtout le prix de ladite huile pour le corps.

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La Tubéreuse du Mexique dans toutes ses versions : huile sèche, parfum, lait, soin lavant, savon (© Officine Universelle Buly)

 

J’ai alors découvert qu’il y avait l’huile (38 €), mais également un parfum (130 €)… à base d’eau. Ouille. Moi et ma peau qui retient difficilement les parfums. Mais bon, il y avait au moins cette huile qui méritait qu’on lui donne sa chance. Alors, en route pour la rue Bonaparte.

L’Officine Universelle Buly est un très bel endroit, où le silence est la marque d’une certaine sophistication des lieux. Les créations sont présentées en thématiques : à l’entrée les bougies (et une caisse quasi invisible), puis une plus grande salle où s’additionnent les flacons au look vintage, et les accessoires qui fleurent bon le XIXe siècle. Devant vous les parfums. Sur votre gauche les huiles pour le corps, accompagnées des savons et de laits pour le corps. Les vendeuses sont toutes de noir vêtues, pas du tout envahissantes mais d’une gentillesse très chic. Bref, on est un peu intimidée dans un tel lieu, mais on s’y sent aussi très bien.

Premier réflexe : la fameuse huile. Sèche. Antique. C’est son intitulé. Dans un lourd flacon blanc surmonté d’un bouchon tout aussi imposant. La sensation sur la peau est divine. L’huile pénètre rapidement et laisse un léger reflet irisé sur la peau. On plonge le nez dedans sans pouvoir le retirer. Gagné.

Second réflexe : l’Eau Triple (le parfum, donc). Là, la séduction n’est pas immédiate. La tubéreuse lance des notes de vanille qui l’adoucissent trop, et emprisonnent son caractère. J’ai aussi dans un coin de ma tête cette composition à base d’eau qui me perturbe… J’ai l’impression que tout cela va retomber comme un soufflé. Alors, je vais voir ailleurs. J’essaye un autre parfum (Al Kassir : santal, géranium, cardamome… absolument dingo !) tout en posant régulièrement mes narines sur le poignet dédié à ma chère Tubéreuse. Et grand bien m’en a pris : au fil des minutes, elle redevenait capiteuse mais toute en rondeur, pimpée par quelques éclats de girofle. Tellement addictive !

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© MonBazarUnlimited

 

Description par Buly :Jardin bleu de Persépolis, enclos de murs et d’ombres, où le parfum de la tubéreuse s’infuse dans la chaleur du soir et la chevelure noire des dieux. Fleurs lunaires d’ivoire et de nacre, fruits d’or et de rubis, coussins de cuir des vanilles, des feuilles de girofle. Calme en son bassin de jade, le ciel Lazuli se berce de la pulsation des étoiles.

Vous l’aurez deviné… J’ai finalement craqué pour l’huile ET le parfum. Et j’aurais pu faire pire, vu que c’est l’une des créations aux déclinaisons les plus nombreuses (voir plus haut).

Ultime sophistication de la Maison : personnaliser la boîte avec une étiquette calligraphiée… L’une des vendeuses le fait devant vous. Une touche chic et « so old fashioned« , mais qui fait toujours mouche sur moi. Pour une fois, j’ai gardé le packaging, tellement beau !

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© MonBazarUnlimited

 

Eau Triple Tubéreuse du Mexique
75 ml – 130 €

Huile Antique à la Tubéreuse du Mexique
200 ml – 38 €

Disponible via le site web : www.buly1803.com
ou dans l’une des deux boutiques parisiennes :
– 6 rue Bonaparte Paris 6e
– 45 rue de Saintonge Paris 3e
(et aussi chez Selfridges, à Londres !)

Guerlain lance son « self made lipstick »

Je ne me rends pas souvent sur les Champs-Élysées, encore moins au Sephora local qui est très souvent envahi par une foultitude de touristes qui font monter la température de 15 ºC minimum. Honnêtement, il faut être motivée, et ce n’est pas mon point fort quand vient le moment du shopping beauté !

Pourtant, c’est parfois un passage obligé quand on a vent d’une nouveauté, puisque le magasin amiral parisien a souvent l’exclusivité du lancement pour quelques semaines. Et même en s’y rendant en mode Koh Lanta pour un produit X, il arrive parfois qu’on craque pour le produit Y.

C’est exactement ce qu’il s’est passé le 5 mars dernier. En mission pour acheter la Black Cleansing Oil d’Erborian (que je n’ai pas trouvée, au final), je suis passée devant le stand Guerlain, totalement incontournable vu qu’il trône dans le vaste couloir menant au cœur du Sephora.

J’ai le vague souvenir d’un pan de mur complètement décoré d’étuis aux milles couleurs. Et comme j’avais en tête d’avoir lu un article évoquant un rouge à lèvres personnalisable via un blog américain, je ne pouvais que m’arrêter pour y jeter un œil. Non pas que je manque de bâtons de rouge. Je pense d’ailleurs que leur nombre va bientôt égaler celui des mes parfums, ce qui n’est pas un mince record.

Bref, pour vous résumer : Guerlain vous propose une dizaine de modèles d’étuis avec un double miroir, dans des matières et des coloris différents. Il y en a pour tous les goûts… Pour celles qui connaissent, c’est la reprise du modèle Rouge G, avec (et c’est un point très positif) un étui bien moins lourd que l’original. Hyper pratique car il se glisse dans le sac à main, et permet de retoucher ses lèvres avec un miroir intégré… J’ai donc jeté mon dévolu sur un modèle assez sobre mais ultra élégant : le Very Batik…

Côté rouge, là aussi plusieurs dizaines de références, assez variées pour trouver sa couleur favorite. Si je n’ai pu trouver un vrai rouge bleuté , je me suis rabattue vers une variante un poil cuivrée, le nº214 Brick Red. Autre inconvénient, il n’existe aujourd’hui qu’en version satinée. Ça me va plutôt bien, d’autant que le rendu sur les lèvres est très élégant et bien pigmenté, mais vu que le marché est désormais blindé de mats et métalliques, il y aura sans doute une déception chez certaines clientes potentielles pour qui ce fini est peut être un peu trop classique (MAJ : depuis la mise en ligne de cet article, d’autres références ont été ajoutées, dont des métalliques).

Cerise sur le gâteau. Je suis arrivée pile à temps pour bénéficier de la gravure gratuite sur l’étui… Quitte à personnaliser, autant aller jusqu’au bout du processus nombrilesque. Au final, ce rouge Guerlain est totalement taillé sur mesure…

A priori, Sephora devrait généraliser cette personnalisation dans ses magasins (sans doute les plus cossus, que ce soit à Paris et en province). Je n’ai pas eu l’occasion de vérifier, mais je serais étonnée que Guerlain ne propose pas le même service dans ses propres boutiques…

Une jolie occasion de se faire plaisir, et une idée de cadeau originale pour les beautistas qui aiment toujours être agréablement gâtées…

Bien sûr, rien ne vous empêche d’acheter une autre recharge de Rouge G et ainsi de changer à volonté la couleur de votre lipstick quotidien !

Écrin double miroir Guerlain : 14,95 €

Rouge G Le Raisin : 31,50 €

Gravure : gratuite au Sephora Champs-Elysées

Copyright photos : MonBazarUnlimited

La fille aux cigares…

Il y a quelques semaines, Florian Rey, du blog Cigar Social Club, me contactait pour une interview sur la thématique des femmes et du cigare.

 copyright – MonBazarUnlimited

Car oui, je tâte du barreau de chaise ; en toute modération car, vous le comprendrez en lisant l’interview, un cigare ce n’est pas un paquet de bonbons ou une plaquette de chocolat… Je ne fume pas n’importe quand et n’importe où…

copyright – MonBazarUnlimited

Si vous êtes d’une nature curieuse, l’interview, c’est par ici…
http://cigarsocialclub.fr/femmes-cigares-emmanuelle-varron-va-a-dame/

Bonne lecture ! 😋

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Huiles précieuses…

Quand la température monte, et que la peau crie au crocodile, c’est l’heure de sortir l’attirail des onguents les plus hydratants à sa portée. Aux crèmes riches et trop lourdes pour la saison estivale, on préfère s’enduire d’huile parfumée (avec paillettes pour les coquettes).

©MonBazarUltd


Sur mon étagère (de gauche à droite) :

Mini Huile divine pailletée (huile de fleur de la passion), par Sephora

Havana Blues body oil, par & other Stories

Punk Bouquet body oil, par & other Stories

Et, en garde-fou pour les nuits qui reposent, l’inévitable Mixa Intensif pour peaux sèches…

Un vestiaire iconique très au parfum !

Yves Saint-Laurent et ses parfums… A l’image de sa créativité vestimentaire, YSL a toujours pris soin de marquer les esprits dans le domaine olfactif. Parmi les nombreuses références mondialement (re)connues, j’ai en tête (et dans les narines) le fameux Opium, parfum de scandale à l’époque où il est sorti, devenu depuis une référence ; un « classique », même.

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©Yves Saint-Laurent

Depuis mon intérêt grandissant pour la parfumerie « de niche », que je préfère d’ailleurs appeler « d’exception », je m’éloigne forcément de ce que l’on appelle assez snobinardement le « mainstream ». L’Opium du peuple, pour résumer… Ces parfums que vous trouvez à chaque coin de rue, existant en multiples versions (contenant, contenu, nom, concentration) et qui n’ont finalement plus grand chose de créatif.

Mais voilà. En me rendant sur le stand Yves Saint-Laurent aux Galeries Lafayette, je ne m’attendais pas à prendre une belle claque…

YSL Beauté n’a pas fait les choses à moitié ; et même si l’ouverture du premier corner dédié à la nouvelle collection Vestiaire des Parfums au sein de la Coupole des Galeries Lafayette Haussmann a pris quelques semaines de retard, l’attente valait le coup. Tout d’abord parce que, malgré la foule présente le jour de ma visite (le dernier samedi avant Noël), on se sentait quand même dans un cocon et au calme. Parce que les ambassadrices Saint-Laurent semblaient fières de présenter ce nouveau concept et connaissaient leur sujet sur le bout des doigts. Enfin, parce que l’aménagement-même des lieux est à la fois malin, ludique et informatif. Les départements Design et Marketing ont clairement travaillé main dans la main, soit, mais il faut savoir saluer l’ingéniosité des têtes pensantes quand le résultat est là.

Le corner « Vestiaire des Parfums »

Chaque parfum bénéficie de son propre espace, permettant ainsi de le découvrir dans son intégralité et de mettre à profit une bonne partie de nos 5 sens. Des jeux de tiroirs, présentoirs et accessoires mettent en scène l’univers de la création, accompagnant l’histoire narrée par les ambassadrices YSL.

La vue : les très beaux visuels sont bien entendu mis en scène et en exergue. A la fois sobres et sophistiqués, ils mettent en avant le flacon épuré et les deux matières premières vedettes avec, en toile de fond, le tissu du vêtement auquel le parfum rend hommage. Les codes couleur sont simplissimes mais efficaces : le noir, le blanc et une touche « or » très discrète.

Le toucher : chaque parfum étant relié à une pièce-phare du vestiaire Saint-Laurent, les tissus participent forcément à l’univers olfactif. Sur le stand, on peut les toucher, les frôler, et s’imprégner du vêtement pour mieux comprendre son… odeur.

L’odorat : bien entendu, c’est le point d’orgue du concept. Il se déroule en trois temps… Tout d’abord avec la découverte olfactive des deux matières premières identifiées au vêtement iconique, présentées en minuscules fioles dans lesquelles une très chic mouillette noire peut y être trempée. Puis, avec l’incontournable carte-touche, dans la même matière gaufrée que le packaging. Enfin, pour celles et ceux qui craignent que le papier déforme les notes du parfum, il est également possible de le découvrir par le biais d’un stylet inséré d’une céramique, permettant à la fragrance de ne subir aucune déformation.

Les 5 créations

Remercions YSL d’avoir entamé cette collection du Vestiaire en restant raisonnable sur le nombre de créations. Pour un début, mieux vaut ne pas dépasser ce chiffre de 5, histoire de ne pas se perdre dans le concept créatif et de permettre à toutes et tous de trouver plus facilement son bonheur. Ces 5 créations, qui marquent les bases plutôt classiques du vestiaire Saint-Laurent, ont une ligne directrice, une approche sophistiquée de la parfumerie, à la fois directe dans l’identité de ses matières premières vedettes, et complexe dans l’évolution permanente des créations à même la peau. Je vous les présente par ordre de préférence, forcément arbitraire…

TRENCH…

C’est sans doute la création qui fera le moins peur aux « classiques ». Tout comme le vêtement qu’il représente, je le trouve un brin bourgeois mais propre et distingué. L’accord iris-agrumes est très équilibrée, sans trop de surprise, mais avec une belle tenue et la sensation qu’on a droit à de belles matières premières. Pas de chance me concernant : ma peau déteste l’iris et lui donne des notes de papier mâché. C’est clairement un parfum de toutes saisons, auquel on peut rester de longues années fidèle, car sa linéarité est plutôt rassurante. Comme un joli imperméable qui vous protège des intempéries, Trench créé une aura rassurante et vous parfume avec style et sophistication… à la Parisienne !

SAHARIENNE

Voilà une pièce de la garde-robe Saint-Laurent qui a enfiévré toute une génération de femmes. Difficile de créer un vêtement plus masculin-féminin, à la fois structuré dans ses lignes et libertaire dans ses ouvertures. On pouvait s’attendre à un parfum sauvage et chaud… C’est finalement la création la plus « doudou » de toute la collection. Une alliance de néroli et de muscs blancs d’une absolue douceur et aux accents poétiques, presque un parfum de femme-enfant gorgé de soleil et de lumière. Forcément, il n’est pas évident à essayer en plein hiver, sous une rotonde de grand magasin surchauffé. Saharienne ne prend pas forcément de grands risques au niveau créatif, mais son profil olfactif fait partie des bases de la parfumerie et trouvera forcément son public. J’ai quelques doutes sur l’intérêt de sa sortie en plein hiver, étant personnellement très sensible à l’accord parfum/saison, mais il existe énormément d’amoureuses du musc susceptibles de s’y attacher très rapidement, d’autant qu’il reste très sensuel dans son évolution.

TUXEDO

Hommage au fameux smoking (tuxedo, en version anglaise), pièce du vestiaire masculin par excellence détournée par Monsieur Saint-Laurent, porté à même la peau, ou sous une chemise à jabot blanche. Un vêtement au tissu graineux, ajouré de satin, mêlant rudesse et douceur. Sans doute l’un, si ce n’est le parfum le plus attendu de la collection. C’est également celui qui est présenté comme le point de départ du Vestiaire, puisque le bouchon des flacons en reprend la texture grainée. Son mariage patchouli-épices, à la fois sombre et pimpant. Sur ma peau, le patchouli très fumé se masculinise pas mal, évoquant le bois et la terre. Les épices noires sont très rapidement présentes (le poivre, surtout) pour insuffler un esprit taquin et féminin, mais rentrent dans le rang au bout d’une vingtaine de minutes et restent en fond. C’est le parfum qui, sur le papier, m’attirait le plus, mais je suis sans doute trop attachée au patchouli gras et beatnik comme il se portait dans les années 70. De plus, je n’étais pas dans un jour « parfum mixte », car il faut bien avouer que Tuxedo est le plus hybride des 5 parfums du Vestiaire. J’irais même jusqu’à penser qu’il serait merveilleux sur une peau masculine et qu’elle lui donnerait une touche d’originalité supplémentaire… 

CABAN

Volontairement placé entre Tuxedo et Caftan (dont je vous parlerai juste après), c’est mon gros point d’interrogation. C’est déjà un bon point car s’il me laisse perplexe, c’est qu’il m’intrigue… et qu’il a donc su attiser ma curiosité. Un accord poivre rose-tonka pas forcément attendu pour ce vêtement masculin par excellence, même si, après réflexion, on peut voir dans sa composition un hommage aux voyages… Et qui est plus volatile et sauvage qu’un marin ? Je lui trouve un côté rond, aux notes vanillées, mais toute en légèreté et en parcimonie. Il me semble que sur ma peau il reste encore un peu plat, que les accents tonka bloquent un épanouissement un brin plus épicé et caractériel. Je n’ai clairement pas envie de le laisser tomber… je dirais même : j’ai très envie de le conquérir. Alors, patience…

CAFTAN

Yves Saint-Laurent et le Maroc : plus qu’une destination aimée, c’est un véritable attachement culturel qui le liait aux couleurs, aux tissus et aux odeurs nord-africaines. Par le biais de ses somptueuses villas à Tanger et à Marrakech et du jardin Majorelle, Monsieur Saint-Laurent a été l’un des meilleurs ambassadeurs de la culture nord-africaine en intégrant ses codes dans ses créations les plus contemporaines.

Et voilà mon véritable coup de foudre. Certes, le duo benjoin-encens ne pouvait que m’attirer (l’encens fait partie de mes « chouchous » en parfumerie) mais je ne m’attendais pas à tant de sophistication et de sensualité sur la peau, avec autant de tenue et une évolution si ensorcelante. C’est un véritable appel au voyage, au laisser-aller. On s’imagine sans problème enveloppée dans un caftan de soie, allongée dans un salon à peine éclairé après avoir passé plusieurs heures dans la moiteur d’un hammam, puis sous les mains d’un masseur aux mains impregnées d’huile parfumée. Caftan est sans doute le plus féminin des 5 créations du Vestiaire, en tout cas celui qui, pour moi, correspond totalement à la femme Saint-Laurent. C’est un parfum qui ne passe pas inaperçu et qui, avec le temps, prend de plus en plus possession de la peau. Je ne compte d’ailleurs plus les compliments les jours où je le porte.

En quelques images, l’univers du Vestiaire…

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Plongée dans un luxe très parisien…

Bien entendu, une maison comme Saint-Laurent sait soigner le moindre détail. Ainsi le flacon, extrêmement épuré. L’étiquette, blanche et gaufrée. Le bouchon, imposant, lourd et délicat (grainé au toucher, à la manière du smoking YSL, comme évoqué plus haut). La boîte blanche en papier gaufré, où vient délicatement s’encastrer votre 125 ml (pas forcément le plus pratique, puisque la partie supérieure est adaptée au millimètre près au bouchon ; c’est parfois un exploit de pouvoir faire coïncider les deux à l’aveugle). La plus belle partie, celle où la boite est enveloppée dans une pochette en coton siglée Vestiaire des Parfums, comme on le ferait pour un sac de marque, et pour laquelle vous imaginez illico presto un usage futur.

Mon seul bémol concerne les échantillons. Certes très élégants, ils ne sont pas très pratiques (le bon vieux bouchon qui se décalotte, et qui vous fait en mettre la moitié sur les mains) et ne donnent pas forcément envie de les embarquer dans son sac.

J’ajoute, mais c’est une tendance qui est en train d’être prise en compte par de plus en plus de grandes maison, que proposer un format unique de 125 ml peut être un frein pour l’acheteuse, en tout cas pour se lancer dans l’adoption d’une des pièces du Vestiaire. A une époque où l’on aime voyager léger et pouvoir transporter un trousse de beauté « bis » dans son sac, où les amoureux du parfum n’ont pas forcément les moyens (ou la place) d’investir dans une grand flacon, où celles et ceux prêts à franchir la frontière de la parfumerie d’exception, il est dommage de ne pas commercialiser des formats plus petits, à l’image des excellentes initiatives des Editions de Parfums Frédéric Malle et de la maison Hermès qui proposent des versions « mini », soit en recharge individuelle de 10ml pour le premier, soit en coffret de 4 flacons de 15ml pour la seconde, au prix plus abordable.

Si (re)découvrir les racines de la maison Saint-Laurent par le biais du parfum vous fait de l’oeil, n’hésitez surtout pas à franchir le pas. Le Beau est encore d’actualité, et un peu de rêve dans notre monde de brutes ne fait pas de mal, bien au contraire…

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©Yves Saint-Laurent

Collection « Le Vestiaire des Parfums » par Yves Saint-Laurent

A découvrir en avant-première au stand dédié des Galeries Lafayette Haussmann (à proximité du stand beauté YSL)

Eau de parfum – Disponible en format unique de 125 ml.
Prix : 240 €

Jean-Paul Gaultier, couturier-roi de la « rétro »…

Le Grand Palais fête depuis ce 1er avril notre Jean-Paul Gaultier national, dans une expo-rétrospective qui a déjà posé ses mannequins magiques dans 9 villes du monde. Créée à l’origine au musée des Beaux-Arts de Montréal, elle fait enfin étape à Paris, et nous balance une sacrée claque, celle du travail d’un véritable artiste qui a profondément marqué l’univers de la mode.

Jean-Paul Gaultier est le couturier de la vie quotidienne, celle évoquant le lien ténu entre hommes et femmes, celle des métissages, des sexualités assumées et du rêve. Il redistribue les codes des coupes, redonne une identité aux « classiques » devenus presque uniformes, balance de la couleur, pimente le noir, rend sexy le long, sculpte le tissu… On pourrait en faire des lignes tant ce titi parisien a du talent (ça, on  le savait), mais il faut voir cette rétrospective pour réaliser la richesse de son inspiration, et la modernité de son oeuvre. Bref, quelle chance de pouvoir être contemporain d’un tel génie à la créativité éternellement actuelle, tant il est impossible de lui définir une époque !

La coiffe de la mariée : des rouleaux et des tourtereaux ! - ©MonBazarUltd

La coiffe de la mariée : des rouleaux et des tourtereaux ! – ©MonBazarUltd

Techniquement, le visiteur suit un parcours thématique, lui permettant de rentrer dans les différents univers ayant inspiré le maître tout au long de sa carrière. L’esprit marinière, l’influence virginale, le tailleur revu et corrigé, les dessous-dessus, les muses, les croisements de cultures, le 3e sexe : pas de mélange dans les thèmes, mais une explosion de tenues qui témoignent de l’obsession de Jean-Paul Gaultier de produire sa créativité sous toutes les coutures. On s’étonne parfois d’un certain « classicisme » dans quelques créations par-ci par-là, mais ce serait oublier que le couturier est avant tout un remarquable technicien et un amoureux de l’artisanat haute-couture ; car derrière ses explorations parfois déroutantes, rien n’est laissé au hasard, pas même un ourlet.

Quelques belles idées viennent jalonner le parcours riche de 175 modèles créés entre 1976 et 2014, comme par exemple celle d’animer certains mannequins de visages vidéo-projetés… qui parlent ! Jean-Paul Gaultier fait d’ailleurs partie du casting (à vous de le trouver !). Ou encore cette longue estrade reproduisant un défilé version live , avec la voix de Catherine Deneuve présentant les créations : comme en vrai !

Fan de JPG depuis très longtemps, j’espérais secrètement voir parmi les modèles présentés, LA robe qui pour moi est sans doute la plus belle de toutes, celle que je rêverais de porter sur un tapis rouge. Une robe créée pour sa première collection de haute-couture, il y a plus de 15 ans, intitulée « Divine Jacqueline » : un fourreau-bustier en jean délavé, sculptée comme le corps d’une sirène, et se terminant dans un divin frou-frou de plumes d’autruche. J’ai également retrouvé quelques bijoux familiers, dont ceux de la célèbre collection Frida Kahlo.

Quelques photos viennent également habiller cette très belle expo, rappelant au passage que Jean-Paul Gaultier a également su utiliser l’image pour mettre en avant son imagination très fertile. Les plus belles femmes du monde (et quelques beaux gosses aussi) ont régulièrement posé sous sa direction…

Et parce que Jean-Paul Gaultier, c’est également l’humour incarné (il rigole tout le temps !), voici quelques exemples « clins d’oeil » qui témoignent de sa grande popularité en dehors du monde très fermé de la mode (et de notre hexagone) :

Le parcours se termine avec un sentiment de « donnez-m’en encore », tant le temps passe vite et les yeux en prennent pour leur régal. Jean-Paul Gaultier est un artiste, un vrai, un créateur contemporain qui restera forcément dans l’Histoire ; et si son talent est avant tout lié à la maitrise de sa passion, il sait aussi faire fructifier son nom, et donc sa marque. Rien d’étonnant à ce que la boutique officielle regorge de dizaines de références avec, à côté des classiques catalogue de l’expo ou cartes postales des oeuvres-clés, des mugs siglés, des coussins, des tee-shirts et même… du thé ! Business is business… 🙂

J’espère vous avoir donné envie de faire une petite virée du côté du Grand Palais.

On en ressort impressionné d’une telle production, d’une telle diversité dans les créations. Voilà un couturier qui ne masque ni les corps, ni la couleur de la peau et rend l’être humain, qu’il soit homme ou femme, universel. L’homme reprend les codes de la femme (la fameuse jupe !), la femme dévergonde les costumes virils. Nos aïeules avaient brûlé leur corset : Jean-Paul Gaultier nous le rend désirable, libéré de tout sexisme et valorisant nos formes, que certains de ses collègues, souvent, gomment dédaigneusement dans leurs défilés. Il a également rendu ses lettres de noblesse aux tattoos souvent perçus comme « voyous », valorisant ceux de ses mannequins, ou créant même ces fameux tops en résille, peints comme de véritables tatouages. Jean-Paul Gaultier est aussi un artiste prolifiquement attaché aux références. Il revendique ses indispensables muses, sans distinction, qu’elle soit sa chère grand-mère ou l’une des plus grandes chanteuses actuelles. Il rend hommage aux symboles religieux, aux codes vestimentaires des cultures du monde entier, sans jamais renier sa mission première : rendre uniques celles et ceux qui portent ses vêtements.

L’exposition a démarré ce mercredi 1er avril et prendra fin le lundi 3 août. Un conseil : essayez d’éviter les horaires « classiques », où il risque d’y avoir foule. L’immensité de cette rétrospective n’est pas installée dans les plus grandes salles du musée, et l’on peut vite se sentir étouffé sans pouvoir profiter du spectacle. D’autant que tout le monde, je dis bien TOUT LE MONDE, brandi son téléphone pour immortaliser l’intégralité des modèles. J’ai rarement vu autant d’engouement photographique de la part des visiteurs, d’autant que le public est très varié, tant en âge qu’en « profil social ». Mais, derrière ces différences, Jean-Paul Gaultier aura réussi son pari de provoquer l’unanimité.

PS : et si en prime, vous êtes un peu (beaucoup) geek, comme moi, une appli iPhone est tout juste sortie, non seulement pour vous guider dans l’exposition, mais également pour vous amuser à jouer chez vous au mannequin total-look JPG ! A télécharger en cliquant sur le lien suivant : https://appsto.re/fr/6IfY5.i

En quelques images, voici un diaporama des plus beaux modèles de cette exposition…

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L’Artisan Parfumeur passe au blanc !

Depuis plusieurs mois bruissait l’info que l’Artisan Parfumeur souhaitait remettre en avant la boule d’ambre, l’une de ses créations les plus iconiques, à laquelle les plus fidèles amateurs de la marque sont très attachés.

Cette boule en terre cuite, travaillée à la main par des artisans du Languedoc, reste depuis 1977, année de sa création, l’un des best-sellers de l’Artisan Parfumeur en matière de parfum pour la maison. Véritable objet de décoration, elle se recharge tous les 2, 5, 10 ans, voire plus (selon la taille de la boule et l’humidité de la pièce) avec des cristaux d’ambre disponibles en format « recharge ». Elle est particulièrement appréciable dans une salle de bains puisque l’action parfumée des cristaux est sensible à l’humidité de la pièce. Et son « look » en fait un objet de décoration très chic… et naturel !

L’Artisan Parfumeur vient d’annoncer qu’une nouvelle boule en terre cuite, « La Boule de Provence« , allait voir le jour au mois de mars : une boule blanche, sur le même modèle que son aînée, mais évocatrice des senteurs de cette si jolie région du Sud de la France, sans doute en écho à la ligne de bougies et diffuseurs lancée il y a quelques année, rendant hommage à Grasse sur le thème des 4 saisons.

La Boule de Provence

©ArtisanParfumeur

Lavande, foin, romarin, feuille de tomate et basilic sont les matières premières révélées dans le communiqué de presse.

A découvrir au printemps (et dans un prochain article où je vous raconterai mon histoire personnelle avec les fameuses boules d’ambre) dans les boutiques, corners, site web de la marque et ses distributeurs. aux tarifs suivants :

20g : 75€
50g : 105€
100g : 140€
Recharge : 45€

La thématique « Provence » sera également déclinée sous forme de diffuseur pour la maison (39€).

Packaging Boule de Provence

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