Lessive anthropologiste…

Parmi les nouvelles cases à cocher dans mon quotidien, il existe celle d’entasser un maximum de linge dans un minimum d’espace (l’espace étant l’un de ces fameux sacs cabas que vous vendent généreusement les grandes surfaces) descendre mes 4 étages, remonter la rue Hermel et là… confier robes, draps et petites culottes à un ogre libre-service plus communément appelé « machine à laver ».
Une tâche qui peut se dérouler dans le plus grand anonymat, mais qui le plus souvent vous fait croiser bon nombre d’habitants du quartier, tout comme vous dépourvus de cette fée de l’électroménager qui a changé la vie de bon nombre de nos grands-mères.

Machine n°25, celle où vous pouvez engouffrer jusqu’à 17kg de linge !

La première fois, vous vous sentez forcément un peu gauche, comme lors d’un premier rendez-vous, ou pire, quand habituée à la souplesse d’utilisation d’un Snow Leopard sous Mac, on vous colle un vieux PC tout juste équipé de la plus ancienne version de XP. Un vrai Bac+15 est presque nécessaire, lors de cette défloraison ménagère, pour comprendre où déposer votre lessive, puis votre assouplissant. Je ne vous parle pas de la centrale de paiement, qui selon son humeur vous engloutît gentiment votre billet de 10 Euros, mais le plus souvent n’accepte que la petite monnaie. Mieux vaut alors avoir préparé son rouleau de pièces d’un Euro, et surtout avoir mémorisé que de vous pointer avec plus de linge que de raison ne vous coûtera non plus  3€60 la machine, mais 7€50… Brillante conclusion que je viens tout juste de prendre sur le coin de la tête. C’est ça de ne pas vider son sac à temps (vous noterez que ce dernier constat est également un excellent conseil à suivre dans la vie de tous les jours, en particulier pour tout ce qui touche au relationnel).

La machine qui mange vos sous…

Opération digne d’une épreuve vicieuse made in Koh Lanta : le transvasement du linge nettoyé de la machine à laver au séchoir. Un véritable exploit de ne rien faire tomber, et si par malheur cela vous arrive, prier pour que votre voisin imberbe, en train de réviser ses épreuves de Deug, n’ait pas remarqué le string rouge qui vient de choir sur vos pieds.
De là, comptez dix minutes de séchage en chaleur maximale (pas plus, pour ne pas casser les fibres… un conseil de mon amie Nadège), et vous voilà repartie, une heure à peine après votre arrivée, linge propre et quasi sec. Un dernier effort pour grimper ces fameux quatre étages, sortir quelques cintres pour optimiser le séchage complet des vêtements… Et le tour est joué !

Oh, mon beau séchoir… Dis-moi si mes chaussettes sont sèches et archi sèches…

Ah oui ! Si l’avantage de la laverie, au contraire d’autres commerces, est d’être ouverte 7 jours sur 7, mieux vaut y regarder à deux fois avant d’enfourner son linge et de remplir les bacs : car la dernière tournée autorisée varie selon l’endroit, et je me suis un soir retrouvée comme une idiote, à vouloir faire partir une machine sans savoir que cela faisait bien 5 minutes que tout était bloqué. Grrrr…
Bon, vous vous doutez bien que de vous narrer les vicissitudes d’un tambour collectif n’est pas du premier intérêt, même si c’est une sacrée économie personnelle en terme d’électricité, d’utilisation d’eau, et de temps… C’est la crise, ma pauv’ dame !

La Mère Denis, notre modèle à tous…

L’option laverie a cette magie de vous ouvrir un peu plus au monde, à croiser des inconnus, à échanger, parfois, quelques paroles, quelques confidences. Si la laverie de la rue Hermel est sans doute la plus pratique à utiliser pour moi, c’est à celle de la rue Letort, plus éloignée mais à proximité de mon poumon alimentaire de la rue du Poteau, que j’ai fait les plus sympathiques rencontres. Celle de cette vieille dame, installée depuis 50 ans dans le quartier, et qui a partagé avec moi ses meilleures adresses de médecins, kiné ou commerçants. Ou encore ce Sénégalais pas timide pour deux sous, me demandant avec fort sourire et tutoiement à la clé de l’aider à plier ses draps tout juste secs… Il devait bien en avoir une quinzaine !
C’est aussi un moyen discret d’en savoir un peu plus sur votre voisine de tambour. Au moment où j’écris ces lignes (et oui, c’est bel et bien un reportage en quasi live !), l’une d’entre elle récupère un assortiment de linge blanc… ses tenues de Taekwondo. Une autre n’est venue que pour nettoyer et faire sécher une grosse couverture polaire. Un monsieur, croisé à mon arrivé, a lui oublié une chaussette noire…

Eyes wide opened…
Un drôle d’exercice de partager le quotidien des autres. C’est aussi ça la vie de quartier. Celle qui donne envie de rentrer tous les soirs chez soi, de regarder les yeux grands ouverts ce decorum si parisien, mi bobo – mi métissé, celui d’un morceau de vie qui passe avec douceur, d’une rue montmartroise nourrie au soleil quasi estival d’une fin de mois de mai, le polissoir d’une tâche ménagère qui devient finalement plus impliquant et plus ludique.

Home sweet home !

Trouver un nid à soi, voilà un sacré pari en 2011, en particulier dans une grande ville comme Paris où les prix à l’achat n’ont absolument pas subi la crise, et où le moindre deux-pièces situé à quelques encablures du périphérique vous menotte à un crédit d’au moins 20 ans.
 
Acheter, pas simple, mais louer… Une aventure encore plus risquée que le premier épisode de Koh-Lanta. Il faut montrer patte blanche : CDI, salaire net équivalent à deux voire trois fois le prix du loyer, garant avec les mêmes assurances financières. Si l’un de ces éléments manque à l’appel, il faut croiser les doigts et prier pour que la Providence soit des vôtres, et qu’un coup de pouce vienne du propriétaire ; que votre bonne foi soit entendue.
 
Et voilà qu’après 11 mois de recherche, de déménagements chez les uns et les autres (que je remercie, une fois encore), d’entassement de cartons dans les caves d’amies (il y en a encore, j’avoue) ou chez le garde-meubles, que les bonnes ondes se sont enfin accordées pour mettre du ciel bleu dans mon mois d’avril. C’est par un pur hasard, conséquence de plusieurs actes non contrôlés, de rendez-vous non prévus, et justement pas du tout intéressés, que j’ai trouvé ce nid. Trouvé par pur hasard, et pour lequel il a fallu prendre une belle épée et partir à la bataille car je n’avais rien de la candidate idéale. Me voilà donc à quelques mètres du métro Jules-Joffrin, à quelques encablures de la commerçante rue du Poteau, quatre lignes de bus et une station de taxis à disposition… Le décor est bien planté. Il faut ensuite prendre son souffle, entrer, passer le long couloir (et faire un coucou à la boîte aux lettres en passant), ouvrir la porte de l’interphone, regarder avec envie cet ascenseur qui n’est pas le vôtre, continuer tout droit, atterrir dans une petite cour carrée, ne pas s’y arrêter, puis là, grimper les étages. Vu le nombre, mieux vaut se laisser porter par le rythme, penser qu’on économise les frais faramineux d’une salle de sport… et repérer rapidement son paillasson histoire de ne pas se tromper d’étage !
 
 
Et quand on entrait, vers 20H, ce dimanche, cela donnait ça… Gloups !
 
 
22m2, ce n’est pas grand. Mais c’est immense quand on veut redémarrer quelque chose. Un 22m2 qui me ressemble bien plus que mon ancien 95m2 à Perpignan, vaste, mais froid, où tout était loin, trop loin. Ici quelque chose va redémarrer ; je ne sais pas encore dans quelle direction. Pour en arriver là, certains m’ont tourné le dos, cela arrive. D’autres m’ont soutenue, moralement, par des mots, des messages, des attentions. Il y a celles (et ceux, la semaine prochaine) qui ont mis à contribution muscles et sueur. Une mère qui m’envoie quotidiennement ses bonnes ondes, et bien d’autres choses, encore. Un ami qui a signé un long papier manuscrit pour que le rêve devienne réalité.  Il y a donc eu du mouvement autour de moi ; des départs, des retours, des « satellites ». La vie bouge ; il y a eu les larmes, la fatigue, l’espoir, la joie. Pour en arriver là, comme disait Dalida…
 
 
Eux sont bien là, pas encore vraiment rangés… Mais prêts pour l’appel !
 
 
Ici, rien n’est encore en ordre. Il manque des aménagements pour que rien ne traîne, que les ondes passent bien. Mais déjà, je sens comme une nouvelle dynamique. L’envie d’écrire, alors que cela a été si douloureux ces derniers mois. Pouvoir penser, à mon rythme. Ecouter le silence. Provoquer le bruit. Les miens.
 
Il est désormais temps de se retrousser les manches. Une fois de plus. Mais là, une première bataille a été gagnée. La suite sera houleuse, car rien ne s’obtient en claquant des doigts. Mais retrouver l’envie, voilà déjà un cap à tenir. Une ambition qui est mienne depuis longtemps, mais qui a trouvé ici, dans ce petit nid, une nouvelle raison de s’y accrocher…
 
Les pieds sur terre, prêts pour passer un nouveau cap !
 

2011… Ou la problématique de la carte de voeux…

Comme beaucoup de gens de mon entourage, festoyer le passage vers une nouvelle année est plus un mauvais moment à passer qu’un événement attendu avec impatience. Trop de soirées où je me suis trouvée face à des inconnus me souhaitant plein de belles choses pour les douze mois à suivre, qui ne savaient ni qui j’étais, ni ce que j’espérais de l’avenir, sachant pertinemment qu’ils ne me recroiseraient jamais de leur existence.
Les derniers réveillons ont donc été fort calmes. Celui de 2009, c’était seule dans mon appartement à Perpignan, sachant déjà que mon départ n’était qu’une question de mois. Celui de 2010 s’est déroulé avec deux autres amies blondes, célibataires, intelligentes et pleines d’humour… comme moi ! Marie-Chantal nous avait concocté une table digne des plus beaux épisodes d’un « Dîner Presque Parfait », et les gourmandises pour aller avec, dont un bloc de foie gras frais de 500g à qui Nadège et moi-même avons fait sa fête, sans oublier un sublime plateau de fruits de mer et quelques litchees réunionnaises. La fin de soirée ? A nous raconter les récents épisodes de nos vies respectives, les vieux souvenirs qui font rire… avec le recul, et, en fond sonore et imagé, un « best of » des plus grands tubes des années 80 sur W9. Beaucoup de rires, donc, au coin de la cheminée (un véritable bonheur à Paris !) et un retour au bercail à 5h du matin…
Une entrée… enthousiasmante ! ©MBazU
Je vous passe le détail d’une palourde mal digérée… Le 1er janvier, nous dirons… dans la journée… me voilà attelée à une tâche autrement plus ingrate que de passer un bon moment entre blondinettes : réfléchir à la carte qui marquera mes voeux pour cette nouvelle année. Je pourrais, me direz-vous, me contenter d’aller piocher sur n’importe quel site spécialisé, faire un envoi groupé, et voilà le travail. Mais, et il y a un « mais », quand vous avez travaillé quelques années au sein d’une agence de publicité, et que votre rôle de concepteur-rédacteur était, entre autres, dédié à la création des cartes de voeux des clients, vous prenez quelques méchantes habitudes… Comme celle de vouloir personnaliser ces gentilles et sincères pensées destinées à votre entourage.
Ceux qui me connaissent savent qu’en la matière, si on ne me pose aucune barrière, je suis très « politiquement incorrecte ». Avec l’année 2010 qui m’a réservée son lot de batailles, de retournements de situation et de retroussements de manches, c2011 est forcément très attendue, et de pied ferme ! J’ai donc opté pour la mise en avant de Bob, mon « jumeau » (rassurez-vous, je parle de sa beauté intérieure) afin de délivrer la bonne parole. Une photo qui me plait, le rapport avec l’année chinoise du lapin qui déboulera début février, le rappel du cigare… Et voilà, la version française est prête.
Car non contente d’exprimer ma créativité dans la langue de Molière, je m’attelle également à son pendant Shakespearien, vu le nombre de mes contacts anglo-saxons. Quelques secondes de réflexion ont suffit à me persuader que simplement traduire mon texte ne collerait pas au message que je voulais faire passer (parce que le naufrage des Bleus en Afrique du Sud, cela nous fait honte, mais cela fait beaucoup rire ailleurs !). Je suis donc repartie à la conquête d’un nouveau visuel, et dans ces cas-là, quand votre cerveau est en plein bouillonnement, et votre connexion Internet au point, le hasard fait souvent bien les choses. Une photo toujours trash, mais animale, cette fois-ci, pour souhaiter le meilleur à mes amis anglophones.
Il m’en reste encore une dernière à mettre en oeuvre, dont la trame est déjà trouvée, mais qui me demande un peu plus de travail… Celle réservée au monde professionnel, aux recruteurs, bref, à ceux que je souhaite ardemment convaincre que le second degré est mon credo mignon, mais qu’il y a beaucoup plus à piocher dans ma longue et polyvalente expérience professionnelle. Je m’y remets donc, et je profite de ce court billet pour vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année qui s’offre à nous. Que l’humour, la créativité et l’enthousiasme ne nous lâchent jamais, même dans les moments les plus difficiles…

Tribulations d’une parisienne version 5 zones

Voilà presque quinze jours que mon quotidien a changé du tout au tout. Désormais basée sur Colombes (jusqu’à la mi décembre), je suis missionnée pour un mois dans une agence de communication éditoriale basée à… Trappes. Pour ceux qui connaissent par coeur le réseau de transports d’Ile-de-France, l’évidence est là : sacrée galère ! Moi qui n’avais connu que les joyeusetés de mon amie RATP, ses bus, métros, voire RER (ah, cette délicieuse gare d’Arcueil pour rejoindre les bureaux de Pierre Hermé !) puis, de la CTP (le réseau de bus perpignanais) et enfin de la TaM (ou le plaisir de voyager en tramway dans Montpellier), me voilà plongée dans les méandres de cet univers très particulier : le Transilien SNCF.
Déjà, le pass Navigo (ex Carte Orange, pour les vieilles branches de mon espèce). Première fois de ma vie que je dépasse les deux zones. Colombes, c’est une zone 3, et Trappes, une zone 5. Me voilà donc armée d’un passe quasi « open bar », qui me permet, si l’envie (ou plutôt la folie) m’en prend, d’aller faire une virée sur Luzarches ou Marolles-en-Hurepoix, tout ça les doigts dans le nez, et à la barbe des contrôleurs SNCF ! Alors oui, dans un premier temps, un tel pouvoir peut donner le tournis, mais finalement, c’est surtout l’occasion de découvrir un nouveau monde, de nouveaux codes… et de jouer à l’anthropologue du pauvre, comme d’autres rêveraient d’être une fois dans leur vie dans la peau, disons… d’un président de la République !
Fauteuils ! ©MBazU
Voici en quelques thèmes les particularités que j’ai pu remarquer après 15 jours d’échauffement. Je n’ai pas encore tout vu, loin de là, puisque j’ai pour le moment échappé aux grèves, mais cette première impression de l’impitoyable univers « railleux » francilien amusera certainement mes camarades provinciaux et expatriés…
Effet domino
Le drame de la journée peut résider en un simple contretemps : celui d’avoir raté l’un de ses trains, et par conséquent, prendre une option « galère » pour arriver sans trop de retard à destination. Cela peut être celui de 7H56, raté pour cause de petit-déjeuner trop long, ou pire, parce que ledit train est déjà parti à… 7H54, sous votre nez. Cela peut aussi être de LEUR faute, comme par exemple une ligne complètement perturbée pour une histoire d’envahissement de feuilles sur la voie (deux incidents déjà, et toujours à St Cloud). Dans ces cas-là, c’est place à la résignation, et donc à la patience ou la débrouille. Il faut en tout cas se sortir de ce mauvais pas, prendre sur soi et attendre que le prochain train daigne bien montrer le bout de son nez, parfois accepter de se retrouver Gare Montparnasse et non pas à La Défense. Voire ruser, mais là je manque encore un peu d’expérience, jongler avec les multiples options que cachent les horaires du Transilien… Ne pas oublier, une fois arrivé à bon port, de pousser un gros « ouf » de soulagement, et de maudire Hermès, grand mallettier certes, mais piètre Dieu des transports…
Trains du soir depuis St Lazare… – ©MBazU
Bac +15
Je vous évoquais les multiples possibilités qu’offrent les horaires du Transilien. Je subis ma faible connaissance du réseau, il est vrai, mais je me mords les doigts de ne pas être allée plus loin que mon Bac+4. Car pour déchiffrer et clarifier cet amas d »heures et de minutes, sortir de Polytechnique me semble être le minimum. Je m’en suis aperçue avec Florence, qui m’accueille en ce moment chez elle, quand nous a pris cette folle idée de prévoir tous les cas de figure pouvant se présenter lors de mon parcours. Une base de quatre horaires pour le départ de Colombes, avec les options de changement à Asnières ou Saint Lazare pour le premier trajet, puis pour ceux du deuxième, avec étape à La Défense ou Saint-Cloud. Même chose pour le retour, avec en prime la possibilité de récupérer un bus à La Défense qui me mènerait tout droit à la Mairie de Colombes. Un tableau Excel, et une bonne migraine plus tard, je me suis retrouvée avec un véritable trésor, une arme de choix pour contrer n’importe quel obstacle. Mais il nous a quand même fallu une bonne heure pour pondre ce chef d’oeuvre !
Agence matrimoniale
Quand j’ai annoncé à mes amies les plus proches que je partais travailler au bout du monde de la banlieue, la réaction a été quasi unanime : « mais c’est génial, tu vas rencontrer l’homme de ta vie. Le train, c’est un véritable Meetic sur rails. » L’une connaissait une ancienne collègue mariée avec un voyageur croisé tous les jours dans le même train, le même wagon, à la même heure. Une autre avait déjà testé l’affaire. Bref… Alors, forcément, j’ai surveillé cela de près. Essayé d’observer quelque allure intéressante, histoire de me trouver « par hasard » dans son wagon, « par hasard » face à lui. Je ne dois pas être si motivée que ça, car pour le moment, chou blanc ! Par contre, j’ai souvenir du sosie d’un mauvais ex (oui, oui, il y en a des bons aussi) qui me regardait un soir avec beaucoup d’insistance, mais du coin de l’oeil, sur le trajet Trappes – La Défense. Je me suis dit que je n’avais pas trop envie de le recroiser, celui-là… En tout cas, il est vrai que l’ambiance assez silencieuse et le grand nombre de sièges encouragent au rapprochement. Mais pour les faire-parts, il va falloir attendre. Les charmants garçons (enfin, hommes, je n’ai pas l’âme d’une cougar) se baladent peut-être sur d’autres lignes. Sur les trois que j’emprunte, rien de grandiose pour le moment…
Autoportrait – ©MBazU
Bande de sauvageons !
Cette « sortie » de Jean-Pierre Chevènement en 1998 (et qui visait les délinquant mineurs récidivistes) me vient souvent à l’esprit à un moment particulier du voyage : quand le train arrive à quai, et que tout le monde se bouscule pour s’assurer une place assise. Coups de coude, queue de poisson, rien ne leur fait peur. Et garde si vous esquissez le moindre agacement. C’est carrément par une insulte qu’on vous répond, ou un regard bien noir. Dans ces cas-là, si subir cette ambiance très « Salon de l’Agriculture » vous est insupportable, il suffit juste de repérer, à quelques centimètres près, à quel niveau se trouvent les portes par rapport à votre position sur le quai. Oui, oui, encore du triturage de cerveau, mais cela permet de rester digne et fréquentable, et que votre mère ne se lamente pas sur « cette pauvre enfant qui avait pourtant reçu une magnifique éducation ».
Koh Lanta
Mais non, pas d’insectes à déguster de force quand vous prenez un train de banlieue, même si parfois vous croisez des rats qui se baladent sur les voies. Juste cette impression, parfois, d’imiter les candidats qui, lors du premier épisode, doivent sauter d’un bateau et plonger en mer pour rejoindre leur île. Dans le Colombes – Asnières- Saint Lazare, c’est un peu le même geste que l’on a l’impression d’effectuer, tant la distance entre le sol du wagon et le quai semblent infranchissables. La frousse n’est jamais loin quand je dois faire mon grand écart et ainsi m’assurer de ne pas tomber dans le trou. Et je me méfie toujours de l’effet « bousculade » qui va de pair avec l’éducation de certains voyageurs. Pas sûre qu’on me ramasserait si je devais chuter…. Pressés comme ils sont, ils me piétineraient sans plus se poser de question… Faut pas rater la correspondance, vous comprenez !
C’est encore plus impressionnant en vrai ! – ©MBazU
Les stations qui comptent
Comme pour les êtres humains, l’égalité n’existe pas dans le quotidien des gares. Vous avez celles qui n’ont pas droit à un arrêt régulier sur leur quai, et doivent souvent regarder passer à toute vitesse le train qui parfois, daigne leur accorder une petite visite. Ou celles qui sont au carrefour de plusieurs lignes, et que les voyageurs empruntent en toute hâte, sans même prendre le temps de lever les yeux (si ce n’est pour vérifier qu’ils n’ont pas raté leur correspondance). Et puis, vous avez les gares qui ont la côte ! Parmi celles que j’emprunte, il y en a trois qui sortent vraiment du lot : Saint-Lazare, mais qui est quasi hors-jeu, car à la fois dédiée à la banlieue et aux grandes lignes ; La Défense, repaire des heureux travailleurs des tours, aux mines souvent renfrognées, mais au costume quasi impeccable ; et enfin St Quentin-en-Yvelines, tellement populaire que vous avez l’impression, une fois les portes du train efermées, qu’il n’y a plus que vous dans le wagon. Un constat à l’aller, qui se transforme au retour à un envahissement des sièges… Mais installée depuis la station précédente, j’ai déjà pris l’option gagnante !
Elle fait mal aux yeux, cette lumière souterraine – ©MBazU
Cour des Miracles
Forcément, dans un tel décor, les populations sont variées… et variables. Vous pouvez tomber sur le vieil ado rebelle qui vous casse les oreilles avec son transistor et son rap qui « nique » le monde, le vieux couple très distingué revenant d’un séjour en Normandie mais emprunté avec ses gros bagages, ou un alcoolique et fier de l’être, qui ne lâche pas sa bouteille, ni même, parfois, sa cigarette, et vous fait prier qu’il ne décide pas de prendre le wagon pour un urinoir. Vous avez également le zozo dont il faut se méfier, celui qui tousse et éternue à tout-va, sans même prendre le soin de mettre la main devant sa bouche (ou son nez). Là, vous vous dites que ses microbes ne passeront pas par vous, et vous prenez rapidement vos distances avec cet enfant naturel des phtisiques Marguerite Gautier et Frédéric Chopin. Et puis, et ce sont les plus touchants, ces voyageurs qui se sont éveillés aux aurores et n’ont pas encore eu leur compte de sommeil. Vous les découvrez bien calés au fond du siège, la tête tournée vers la vitre, partis pour un autre voyage. Et solidarité oblige, vous leur souhaitez de ne pas rater leur station d’arrivée.
Poésie
Dans cet univers où impatience et goujaterie se mettent en ménage, il existe parfois des petites bulles pleines de poésie, qui vous font finalement reconnaître que vous avez bien de la chance de voyager assis, sans avoir la responsabilité d’un volant, et ainsi profiter pleinement du paysage. C’est la réflexion que je me fait tous les soirs, à quelques encablures de la Défense, quand je vois la Tour Eiffel scintiller aux alentours de 19 heures. Mais un tel spectacle se mérite. Il faut attraper le 18h29 à Trappes, et prier pour qu’il ne s’arrête pas impunément, pas même une minute. Il faut également s’asseoir à la bonne place, côté droit dans le sens de la marche, tout contre la vitre. Un petit plaisir qui dure à peine une minute, mais qui sonne comme une piqure de rappel. Et oui, « Paris by night », c’est tout simplement magnifique !

Des totos et des photos…

S’il y a un sujet que je ne pensais pas traiter dans ce blog, c’est bien celui de la « chose » automobile.
Tout d’abord parce que pour moi, la voiture est avant tout un moyen de transport. Alors, tant qu’elle me mène d’un point A à un point B, je ne lui en demande pas beaucoup plus.
Ensuite, parce qu’elle est bien trop souvent, à mon goût, symbole d’un signe extérieur de richesse. Insupportable de voir ces 4×4 rouler en pleine ville, tout en sachant que pour les trois-quarts, ils ne verront jamais le moindre petit bout de terrain accidenté. Je ne parle pas des grosses cylindrées dont les propriétaires vous balancent les pointes de vitesse telles qu’elles sont mises en avant chez le concessionnaire. Quand on sait qu’ils n’ont pas le droit de dépasser, au mieux, les 130 km/h…
Pour certains messieurs, l’engin à quatre roues est aussi un moyen de nous faire croire qu’il « en ont » entre les jambes. Une grosse erreur de goût dont certaines damoiselles sont aussi un peu responsables. Nous ne sommes pas bien nombreuses à trouver autant de charme à un propriétaire de Mégane qu’à celui d’une Porsche Boxster. Personnellement, j’avoue une allergie aux conducteurs d’Audi TT. Je me souviens avoir halluciné à sa sortie, il y a un peu plus de 10 ans, quand je ne voyais à son volant que des quadras gominés de près, chemise à grosses rayures de couleurs, cravate voyante et attitude de prédateur. Le look s’est un peu assagi depuis, mais mon constat sur leurs propriétaires n’a pas eu l’occasion de changer. Il faut croire qu’à une certaine voiture correspond un certain type… de type !
Donc, pas passionnée par les automobiles. Mais comme toute personne curieuse et férue de belles choses, les concept-cars m’épatent toujours. Les designers, quand ils se lâchent, donnent une nouvelle dimension à la voiture, comme si Art et technologie avaient le droit de ne faire qu’un. On se prend même à rêver de voir ces petits joujoux déambuler dans nos rues. Souvenez-vous de la Twingo, sortie en 1993 : une véritable révolution à l’époque. Une forme jamais vue, une habitabilité impressionnante, et un choix très restreint de couleurs pas forcément des plus classiques. Il y a eu ensuite la Smart, qui a mis énormément de temps à trouver sa place, mais depuis… tout se ressemble un peu trop, et beaucoup trop de projets ambitieux restent dans les cartons des grands groupes. A tel point que les rééditions de vieux modèles sont aujourd’hui de beaux succès dans ce marché si concurrentiel : la New Beetle (ex Coccinelle), la Mini, ou la 500. Renault, qui ne s’est pas encore engagé dans ce recyclage, songerait également à remettre au goût du jour l’un de ses modèles historiques. Bref, on ne se risque pas un éventuel accident industriel en surprenant les consommateurs… Vendons-leur du déjà connu, la voiture de papa remise au goût du jour.
Et quel meilleur endroit pour voir ces projets « in vivo » que le Mondial de l’Automobile ? La dernière édition parisienne vient tout juste de fermer ses portes, après 15 jours d’intense activité, et près de 1,2 millions de visiteurs… Impressionnant ! Moi qui n’aime pas la foule, j’ai finalement accepté l’invitation d’une de mes amies travaillant pour un constructeur français. Décision était prise de s’y rendre ce dimanche 17 octobre, jour de clôture, et de tenter une visite avant 15 heures. Pour déambuler (presque) tranquille.

Assez de blabla… Voici quelques photos des modèles qui ont attiré mon regard. Beaucoup de concept-cars, souvent conçus pour une utilisation en ville, la mise en avant de l’électrique (et en cette période de raréfaction de l’essence, cela parlera à beaucoup), mais également du classique, de la voiture comme je l’apprécie…

Chez Renault, cette petite voiture de ville au look à la fois sportif et gadget. Sa forme rappelle la Smart, mais niveau ouverture des portes, c’est assez renversant !
La Twinzy – Renault

Le concept-car que vous découvrez ci-dessous, le BB1, est un… quatre places ! Deux sièges avant et deux emplacements arrière (au confort un peu spartiate !) pour caser les fesses, deux modèles de sièges qui m’ont évoqué ceux que l’on trouve au Parc des Princes. Les habitués comprendront…

Le BB1 – Peugeot
Chez Cooper, la vedette était bien entendu la Mini, sous toutes ses formes… Mais c’est un scooter, totalement électrique, qui a retenu mon attention. Looké et chromé comme sa copine à quatre roues, il est absolument magnifique ! Egalement, un petit clin d’oeil au toutou estampillé « Mini », disponible à la boutique…
Le scooter Cooper
La déco (dont cette prise géante) et les produits dérivés

Autre voiture conceptualisée en scooter chez Daimler avec la fameuse Smart, qui reprend les même codes que son aînée…

Scooter Smart
Un petit tour vers le futur… et chez Honda, qui présentait un modèle à trois roues très « guerredesétoilesque », ne pouvant accueillir qu’une personne (et pas grand chose d’autre, d’ailleurs)…
Pour le fun, ce mini-bus électrique… qui se vante de se déplacer sans chauffeur !!!
Mini-bus Ligier
Chez Toyota, ce concept-car électrique m’a tapé dans l’oeil par son côté très « girlish ». J’avoue ne pas avoir très bien compris comment on s’en sert… mais comme son nom de pré-baptême correspond à mes initiales, je lui pardonne !
Le Toyota EV
Passons à mon coup de coeur… Bentley ! Un stand « so british », forcément pas très révolutionnaire… mais du très beau, avec mise en avant des belles matières et des équipements luxueux. Si comme moi vous hésitez à vous offrir l’original, il y avait la version de salon disponible pour 65 Euros. On est chic ou on ne l’est pas…
The Bentley universe
Autre symbole du chic et du bon goût mais à l’américaine, cette fois-ci, avec l’AC Cobra…
l’AC Cobra
Un peu plus loin, une voiture absolument extraordinaire ! La Venturi « Jamais Contente » 2010 a battu en août dernier le record du monde de vitesse pour un véhicule électrique, en atteignant 495 km/h (en attente de validation de la FIA). Elle monterait même jusqu’à 515 km/h. De quoi faire attraper un rhume à tous les radars de France !
Venturi « Jamais Contente »
Ma palme de l’élégance et de la modernité est décernée à la marque Kia, et à son concept-car électrique baptisé « Pop », une voiture toute en finesse, rondeur et douceur. Une deux places très citadine et féminine… qui donne envie !
La Kia Pop
Dernier coup de coeur pour une voiture pas si récente, mais qui est ma chouchoute depuis des années : la 500. Remarquablement remise au goût du jour par Fiat, c’est la voiture de mon enfance, celle que mes parents conduisaient pour m’amener au collège ou au conservatoire. La nôtre, de couleur brique, et au toit en tissu décapotable, faisait un boucan d’enfer… Mais il fallait bien ça pour que l’on nous repère, car combien de fois avons-nous échappé à l’accrochage avec les chauffeurs de bus, qui, sortant de leur stationnement, ne nous voyaient pas dans leur rétro. Il y avait également cette impression de battre des records de vitesse ; pourtant, la grande aiguille dépassait rarement les 45 km/h… Un bonheur !
Aujourd’hui, elle est beaucoup plus performante et mieux équipée, et elle me fait toujours autant vibrer.
La 500
Voilà donc un petit compte-rendu en images de ma ballade au Mondial de l’Automobile. Beaucoup de monde, pas mal de nouveautés mais souvent des modèles qui se ressemblent. Il parait que c’est une histoire de soufflerie, économies obligent.
Il existe en tout cas une volonté de donner de plus en plus d’importance à la voiture électrique, un premier pas pour des déplacements plus doux et plus propres. Mais que nos constructeurs ne s’arrêtent pas là… Il y a sûrement matière à trouver de nouvelles sources d’énergies, à encourager les citadins à voyager plus facilement et plus intelligemment. J’en serai en tout cas la première ravie, moi, la fanatique des bus parisiens !