En direct d’Instagram…

La nuit est tombée sur nos cœurs. Paris est la ville « lumière », MA ville où la beauté, les rires, l’amour et la joie sont un quotidien que j’ai l’impression, parfois, de cueillir comme un cadeau de la vie. Ce n’est pas la première fois qu’on l’a touche, qu’on l’a blesse et qu’on la tue mais toujours, elle s’est relevée. Ses enfants et ses amoureux sont dans le deuil, mais ne baissent pas les bras. Nous pleurons ses morts, tes morts… Paris, mon cœur est lourd, aujourd’hui, mais je t’aime, plus fort encore qu’hier…

Un coup de bottes aux fesses…

Il parait que c’est la crise.
Que de plus en plus de familles, d’étudiants, même de cadres, ont un mal fou à boucler leurs fins de mois.

Il parait qu’il va falloir faire des économies, car l’économie, elle, va mal.
Se serrer la ceinture, choisir à deux fois avant de s’acheter un paquet de cookies à 4 Euros ou celui, moins joli (et moins bon, parfois) à moitié prix.

Payer de nouvelles taxes, sortir quelques euros supplémentaires si l’on fume du tabac, si l’on boit de l’alcool ou des bulles sucrées.

Quand Coluche avait créé les Restos du Coeur en 1985, je suis certaine que dans ses pires cauchemars il n’aurait pas crû que des mamans célibataires, travaillant à plein temps, seraient obligées d’y quémander les produits de base à toute alimentation pour nourrir leurs enfants.

Alors même si, après avoir moi-même frôlé la correctionnelle, j’ai réussi à remonter la pente, je reste assez bouche-bée du manque de discernement de certains magazines féminins. A une époque, quelques-unes de leurs pages seulement étaient consacrées à des silhouettes « couture ». Pour le reste, vous aviez de quoi trouver votre bonheur sans pour autant gratter les fonds de tiroirs en milieu de mois.

Mais depuis quelques années, et l’apogée des hebdomadaires tels Be ou Grazia venus titiller le leadership du vétéran Elle, les « it » sont devenus le snobisme ultime de cette presse : le « it-bag », les « it-shoes », le « it-vernis »… J’en passe et des meilleurs. Sauf que, course au scoop oblige, vous retrouvez les mêmes « it » dans tous les titres  de presse féminins. Avec cette impression de racolage limite agressif qui vous fait crûment comprendre que ce « it » là est partout, et que vous, qui ne l’avez pas encore, n’appartenez pas au monde merveilleux du chic, du bon goût et de la classe made in France.

Ajoutez à ça cette tendance à placer le curseur « prix » à un niveau défiant toute logique socio-économique, avec des pages dépassant allègrement les 1000 Euros par tenue. Et de constater que la rédactrice juge une paire de bottes à 150 Euros le minimum acceptable à débourser…  dans un numéro « spécial petits prix ». Gloups.

Il m’est donc monté une sacrée colère, ces derniers jours, à cause d’une paire de cuissardes, vue dans tous les hebdos féminins, soit en couverture, soit en bonne place dans la rubrique « les Indispensables ». Signée Isabel Marant, elle se surcôte déjà de quelques centaines d’euros supplémentaires par rapport à un modèle similaire d’une marque lambda, même réputée.

Elles sont jolies, of course ! ©net-a-porter.com

Ajoutez-y des franges, c’est-à-dire un truc importable dans votre quotidien de femme active ; des franges qui forcément se coincent dans l’embrasure d’une porte de métro tout juste refermée sur soi (un truc quotidien, quoi !).
Des bottes mi-daim, mi-cuir, qui sans doute prennent l’eau à la moindre averse automnale (je ne parle même pas des effets de la neige !).
Des cuissardes qui transforment un basique mètre soixante-cinq en copie conforme d’un nain de jardin.

Mince, grande, jeune... En effet, elles lui vont bien ! ©Isabel Marant

Si malgré tout ça, il vous reste encore quelque motivation pour les ajouter sur votre shopping list, attention à l’attaque : il vous faudra débourser pas moins de 980 Euros !!! Près de 1000 Euros pour être une fashion victim fin 2011, et une has-been début 2012…

Mais loin de moi l’idée de me révolter sur le prix de ces bottes. Après tout, chacun(e) fait ce qui lui plait de son porte-monnaie. Mon coup de gueule a plutôt pour source cette vulgarisation de pièces modesques de plus en plus chères, à une époque où certains rempilent pour la quatrième année consécutive avec le même manteau, économies obligent.

Que les magazines nous placardent ces produits à la valeur équivalente d’un SMIC comme si c’étaient des produits de première nécessité est assez choquant, vu l’époque que nous vivons. Qu’ils laissent ça à Vogue, et leur lectorat ciblé « haut de gamme » depuis des décennies.

Mais qu’ils pensent à ces gamines qui souffrent dans leur identité d’adolescente et croient qu’une paire de bottes à la mode les rendront enfin « normales ». Qu’ils pensent à ces mères de famille qui cumulent boulot, éducation des enfants, tenue de la maison, tout ça en 24h chrono, 7 jours sur 7, et qui n’ont ni l’énergie, ni les moyens d’être des ménagères-mannequins. Qu’ils se rendent compte, surtout, qu’ils n’ont plus ce statut de « faiseurs de mode » en acceptant de suivre aveuglément ce que leurs disent (voire leur rédigent) les bureaux de presse.

J’y ai par contre trouvé un avantage : celui de bouder ces tendances à l’espérance de vie plus courte que la célébrité d’un candidat de télé-réalité. Et donné encore plus l’envie de trouver des pièces sympas, décalées, parfois uniques pour un total qui ne dépasse jamais deux chiffres.

C’est décidé, pour le prix de ces cuissardes, je m’offre une partie de mon futur séjour en Inde. Un luxe rien que pour moi, qui habillera mes souvenirs de jolies couleurs, de belles rencontres. Des souvenirs intemporels, qui n’auront, eux, aucun prix !

Et forcément, je craque pour ces bottes de prince Moghol qui datent du XVIIe siècle ©Musée International de la Chaussure

Valentin… cocu d’amour !

Un petit mot, rapide, sur la St Valentin, cette fête qui a été inventée comme prolongation de garantie pour les contes de fées, ceux que l’on nous fait lire, à nous les filles, dans nos jeunes années innocentes et encore toutes ingénues quant à la suite des événements.
 
Non, pas de ruminement de ma part : j’ai depuis longtemps fait mon deuil de cet événement calendaire qui, normalement, s’oublie moins facilement qu’un anniversaire. Entre les fiancés allergiques à la chose, la situation personnelle qui ne s’y prêtait pas (assez souvent, finalement), je suis dans l’incapacité de partager avec vous un quelconque souvenir personnel. Je ne peux qu’évoquer une amie en larmes, attendant toujours, à 23H45, un signe de vie de l’heureux élu ou pire, d’une camarade « récompensée », elle, d’un magnifique épilateur…
 
Finalement, ce qui me chagrine le plus, ce n’est pas le fait qu’aujourd’hui ce sera pour moi le grand désert niveau témoignages affectifs.  C’est plutôt de voir tous ces retardataires courir après le bouquet de fleurs « so romantic », le bijou qui fait beau (mais pas trop cher, non plus, hein !), le parfum qui-doit-être-celui-ci-mais-en-fait-je-n’en-suis-pas-sûr, bref, la petite pensée qui est censée apporter paix et sourires dans le couple pour au moins 24 heures.
 
Une course à la consommation de preuves matérielles d’amour, une fois l’an, alors qu’on aime toutes et tous envoyer valser le calendrier et faire la fête tous les jours.
 
Je partage avec vous ce dessin de Titom, datant de l’an dernier, et qui parle (bien) de lui-même…






Au fait… bonne fête aux Valentin !
🙂

PS : si je partage ici, avec vous, mon coup de gueule contre la surconsommation « made in » St Valentin, je n’ai pas boudé le griffonnage de quelques lignes sur le thème de l’amour par le parfum pour un article exceptionnel rassemblant tous les rédacteurs du site américain CaFleureBon. Mon choix ? Une note de tubéreuse illustrée par le souvenir d’un magnifique couple de cinéma. C’est à lire ici : « I will always love you » – on CaFleureBon

Nouvelle année, nouveaux souvenirs…

2010 s’achève… enfin !

Pourtant, rien ne va changer dans cette nuit du 31 décembre au 1er janvier. Les cons resteront des cons, les crapauds ne se transformeront pas en princes charmants et les TGV Paris-Perpignan-Paris auront toujours autant de mal à faire le parcours sans encombres. La frontière symbolique entre aujourd’hui et demain est totale, et c’est finalement dans nos têtes que tout se joue.

Que faire alors ? Enterrer vite fait bien fait cette pénible année 2010 ? Je ne connais pas grand monde dans mon entourage qui en gardera un souvenir ému. Des larmes, oui, il y en a eu, mais des sanglots dus aux épreuves, au découragement, à la faculté qu’a la vie, parfois, de vous coller des embûches quand vous pensiez avoir passé un bon coup de sécateur sur vos soucis.

Une année 2010 pleine d’imprévus, de batailles à mener, de victoires à attendre et de patience à trouver. Une année structurante, mais toutefois pas constructive, ou alors en douce, bien planquée sous le quotidien chaotique. Des leçons à retenir en tout cas, des renoncements à accepter, des trahisons à digérer, des mains tendues à ne surtout pas oublier.

Une année où il a fallu savoir passer les vitesses sans noyer le moteur, sans caler, si possible de la seconde à la cinquième en 2 secondes chrono, pour ensuite vite ralentir, se garer, et attendre de reprendre la route, valise à la main, espoir au coeur.

Une année de surprises, où l’on pensait avoir fait le tour de ce que l’on était, et où l’on se découvre différente, prête à de nouveaux paris, à 180 degrés de ce que l’on se sentait capable de faire. Des remises en question, des envies bien enfouies à déterrer, des attachements à arracher… Se transformer, accepter la mutation, devenir adulte, en tout cas son propre soi et ne plus être le personnage qu’on a voulu faire de vous.

 
Une année qui aurait pu être fatale, s’il n’y avait pas eu les autres. La mère, les ami(e)s, les ennemi(e)s, les rencontres, les rejets. Apprendre à demander, ne pas oublier de remercier. Accepter de se reconstruire, repousser ce qui nous pèse. Sourire à ceux qui prennent soin de vous, qui vous parlent, ou qui savent aussi se taire. Passer son chemin face à ceux qui ne vous écoutent pas, vous font la morale, vous toisent du haut de leur vie parfaite qui sonne pourtant si creux.
 
 
2010 ? Une année de patience, de révélations, et de petites graines qui ne demandent qu’à pousser. Ne surtout pas s’aigrir des malheurs passés, ni s’appesantir sur les incompréhensions, les couteaux dans le dos, et les portes claquées au nez. En retirer au contraire toute la sagesse qu’il en découle. Apprendre enfin à s’écouter, à écouter les autres, à suivre sa voix, à croire en soi, à ceux qu’on aime, et se souvenir qu’il y a des chemins abrupts à ne plus emprunter… On a déjà donné !
Le passage en 2011 n’est qu’une étape symbolique dans ce perpétuel apprentissage qu’est la vie. Les erreurs seront toujours là, les déceptions aussi. Mais la connaissance de soi, tourner le dos à ce qui ne nous convient plus, s’ouvrir à des horizons forcément inconnus, mais certainement pleins de belles surprises, voilà ce vers quoi il faut aller. Passer un nouveau cap dans une vie déjà bien remplie, mais dont on se rend compte qu’elle ne fait que commencer..
Bienvenue à 2011 !
 
Et bye-bye 2010 ! 😉 ©MBazU