Le soleil à mes pieds…

Paris, l’hiver… Tout un programme !

Des températures qui changent d’un jour sur l’autre, une météo qui évolue selon son bon vouloir, si possible à vous mettre fortement dans l’embarras en vous faisant croire, au petit matin, que nulle pluie ne tombera… et de vous retrouver trempée, hâtant le pas, le soir, histoire de ne pas attraper froid.

Une seule donnée qui ne varie guère : le soleil, qui semble avoir pris ses quartiers pour un long bail, passant parfois faire un rapide coucou au-dessus de nos têtes, juste le temps de cligner des yeux, de se demander où sont rangées nos lunettes de soleil… Une interrogation qui ne vaudra que quelques minutes. Déjà, la chaude lumière est partie voir ailleurs si (surtout) nous n’y étions pas, comme un fielleux bras d’honneur, histoire de vous dire : « T’as voulu rentrer à Paris ? Et bien assume, maintenant ! »

Je rêve… d’une boite à chaussures ! ©MBazU


Alors, oui, j’assume… Mais j’essaye, tant bien que mal, de trouver quelques solutions pour mettre un peu de lumière au decorum. Une tentative qui, parfois, me fait dépasser les bornes. Celles de mes petites habitudes, j’entends. Des codes qui me suivent depuis quelques années déjà et qui, essayés puis adoptés, n’ont depuis pas été remis en cause.
C’est en me baladant sur le web, il y a quelques semaines, qu’une de ses illuminations m’est venue. Cherchant la bonne affaire, et surtout, une paire de bottines pour étendre mon assortiment minimal de chaussures dû à ma situation de PDNF (Préposée aux Domiciles Non Fixes). Pas de noir, encore, ni du marron (plein les cartons) mais pourquoi pas… du beige, pour changer ? 
Arrivée sur le site de la Redoute (c’est encore là que se trouvent les meilleurs plans, parfois) je navigue, je « scrolle », j’élimine tout ce qui dépasse 40 Euros (une bonne affaire, je vous dit !). Forcément, vu le maillage de la sélection, je tombe sur du moche, du toc… du bof, quoi !
Un peu blasée, et histoire de m’auto-persuader que je ne perds pas mon temps, je me force, parfois, à sélectionner un modèle, à imaginer à l’intérieur, vus de l’extérieur, mes petons lambda (un 38 au-bout-de-deux-jours-de-soldes-y-a-plus-ta-taille). Quand la forme de la bottine me « botte », c’est la couleur qui flanche. Et quand la couleur tombe pile poil dans ma sélection pantone… c’est un modèle non soldé, of course !
Pourtant, je reviens en arrière. Sur une paire (de boots, on ne s’égare pas, s’il vous plait !) pas spécialement remarquable, un peu commune, même. Il me semblait avoir vu qu’elle était proposée en coloris doré. Allez, à quoi ça peut ressembler, un truc pareil ? Ca ne peut pas être plus vulgaire que des stilettos signés Cathy Guetta !

Et je regarde un peu mieux. L’intitulé d’abord : « beige métallisé ». Ouf ! Pas de trace de bling-bling, je suis même quasiment raccord avec ma recherche d’origine. La hauteur du talon : 6 centimètres. Du fastoche à porter, pas trop haut perchée ni ras les pâquerettes… Mais le « must », c’est le prix : soldées à 29,97 Euros au lieu de… 99 Euros. Que demande le peuple (enfin moi, surtout !) ? Juste de sélectionner la taille… et en 38, c’est disponible ! De choisir la quantité (allez, une seule paire suffira quand même…) et de valider le tout. 


©La Redoute

Ma commande est disponible quelques jours plus tard au rendez-vous catalogue de la rue du Rocher, un endroit que j’ai longtemps écumé au siècle dernier et qui, hélas, fermera bientôt ses portes, nouvelle politique de distribution Redoutienne oblige.
Vous vous en doutez, je n’ai pas pu attendre longtemps avant de les porter. A chaque fois, un effet « boeuf » : entre les regards abasourdis de certains collègues qui devaient se dire que décidément, j’avais un vaisseau en moins branché au niveau du cerveau, les « louchages » en douce dans le métro, en direction de mes pieds (louchages qui revenaient souvent à me dévisager, histoire de voir à quoi ressemblait celle qui osait porter un tel attirail). 
C’est finalement Emma, la fille de l’amie qui m’héberge actuellement, qui a le mieux résumé l’irrésistible attraction de cette nouvelle paire de bottines. Sur les conseils de sa maman (qui la connait bien !), j’avais profité de son sommeil pour poser lesdites bottines dans l’entrée de l’appartement, pas spécialement à la vue du premier venu. Lendemain matin, à 8h… Emma se lève, se dirige au radar vers la cuisine pour prendre son petit-déjeuner. Et s’arrête net : « Wouaouh, c’est à qui ces chaussures ? Je peux essayer ? ». Regard complice avec la maman, à voir sa puce du haut de ses 10 ans (une puce de plus d’1m50, quand même) faire quelques pas en pyjama et chaussures qui brillent, à peine réveillée…


©MBazU

Voilà donc ma solution trouvée pour lutter contre cette grisaille déprimante. Briller des pieds, à défaut du ciel, et mettre un peu de pétillant dans un quotidien pas toujours rose. Comme quoi, parfois, une simple paire de chaussures peut redonner le sourire, à vous, à ceux qui les découvrent, à celles qui n’oseraient pas.


©MBazU

Pour celles qui seraient tentées de, et comme je suis partageuse (pas pour tout, entendons-nous bien), voici le lien vers ces merveilles. Par contre, si elles sont toujours en promotion, le prix est légèrement remonté… Les soldes sont officiellement terminées, n’oubliez-pas !

Bottines La Redoute Création : cliquez

La lutte des sexes… version parfums !

Noël aux Galeries…
Depuis décembre 2010, j’ai l’occasion d’exercer une nouvelle activité, un genre de job d’hiver qui me permet, en plus de mon activité free-lance, de baigner dans un univers qui m’est très cher : vendeuse de parfums ! C’est derrière le comptoir d’une célèbre marque de niche française, aux Galeries Lafayette Haussmann, que j’ai découvert à quel point, parfois, il existait quelques vieux principes bien ancrés dans les traditions, comme celui de donner un sexe à un parfum.
 
Le Chevalier d’Eon… version homme, et femme…
 
« Mais où veut-elle en venir ? », me direz-vous. Simplement au fait que parfois, pour des préjugés ancrés depuis de trop longues années, certaines créations appréciées et désirées par des femmes ou des hommes n’ont pas été adoptées pour une histoire de « mais ce n’est pas un parfum pour moi » !
Le blocage peut venir d’une publicité, d’une classification dans un magasin, d’une matière première ou pire, d’une vendeuse au discours automatisé « ça c’est de la rose, c’est pour les femmes, et le vétiver, c’est pour les messieurs, vous comprenez ? » Très drôle à entendre quand on sait que la légende raconte que « Jicky », créé en 1889 par Aimé Guerlain, plaisait tellement aux hommes que la Maison, afin d’éviter toute confusion ou gêne par rapport au nom, décida de créer son quasi jumeau en 1904, cette fois-ci nommé « Mouchoir de Monsieur»… une virilisation par le nom, en quelque sorte ! Pour ceux qui aiment et connaissent les parfums, le problème ne se pose pas, mais mon expérience actuelle m’a très rapidement démontrée que bon nombre de personnes n’osaient franchir le pas, de peur de mal faire et de transgresser un interdit totalement imaginaire.
 
 
Je songe ainsi à cette cliente venue trouver un nouveau parfum à son mari. Après les questions classiques « quel est son style vestimentaire, est-ce un bon vivant, quelqu’un de traditionnel, plutôt boisé, fleuri, classique, original ? », je l’ai guidée en démarrant tout doucement par une création boisée et fraiche, pour ensuite m’enhardir sur un plus épicé, puis un gourmand. Au bout de ces trois essais, elle a finalement craqué sur un rose-patchouli qui lui paraissait évident, mais en se retenant toutefois : « mais, dîtes-moi, c’est un parfum pour homme ? » Je lui ai donc répondu que dans cette maison, les parfums étaient unisexes, et que la rose était également très portée par les hommes, et ce depuis de nombreuses années, parce qu’ils aimaient son pouvoir aphrodisiaque. Mon discours l’a comme soulagée, mais on sentait dans son regard tout le poids des « on-dit » et de cette habitude qu’ont les êtres humains de tout vouloir ranger dans des cases. Je ne sais pas si ce monsieur aimera son nouveau parfum, mais j’ai trouvé magnifique que cette femme aille plus loin que les conventions, et imagine son homme dans un sillage quasi érotique… Quelle belle preuve d’amour !
 
Publicité Aromatics Elixir par Irving Penn
Personnellement, voilà quelques années que j’ai fait mon deuil de ce sexisme primaire qui nous obligerait à nous limiter au bon vouloir des marketeurs. Il faut dire que j’ai été à bonne école : mon père, homme pourtant très discret et traditionnel, a un jour emprunté le parfum de ma mère, le fameux « Aromatics Elixir » de Clinique. Et l’a carrément adopté, pour ne plus le quitter jusqu’à la fin de sa vie. Je n’ai pas besoin de vous raconter la réaction de ma mère, furieuse d’avoir été ainsi « volée ». Mais le plus drôle dans l’histoire, c’est que mon père croyait fermement que son nouveau sillage était en fait un parfum pour homme, que ma mère, cette « originale », avait trouvé dans le mauvais rayon. Il m’a fallu du temps pour le convaincre du contraire, en fait le jour où, comme cadeau de Noël, je lui ai offert un magnifique coffret dédié à son parfum, où le flacon de 50ml côtoyait un gel douche et… un lait pour le corps !
 
Le smoking mis en beauté par les femmes, selon Yves Saint-Laurent
 
Cet épisode familial a ainsi débloqué tout jugement de valeurs sur la sexualité des parfums, me permettant ainsi d’adopter à 20 ans celui qui me faisait chavirer, le sublime « Obsession for Men » de Calvin Klein. J’avoue que la première fois que je l’ai porté, j’avais l’impression de transgresser un tabou, d’autant qu’à l’époque, les parisiennes portaient toutes « Angel » de Thierry Mugler. Le truc à la mode, c’était le sucré pour les filles… certainement pas l’épicé-boisé qui ravissait mes narines.
 
« In the Car » par Roy Lichenstein
 
J’ai un peu plus tard de nouveau pioché chez ces messieurs en découvrant « Eau  Noire » de Dior. Cette lavande vanillée, encore plus virile que celle que j’avais pourtant adulée sur un fiancé dans « Pour un Homme » de Caron, fut un coup de foudre ! Nous avions beau être en 2004, chez Colette, la boutique ultra-tendance de la rue Saint-Honoré, le vendeur m’a semblé avaler de travers quand j’ai fièrement annoncé que ce cadeau était en fait pour moi ! Deux ans plus tard, c’est « Encre Noire » de Lalique, ce vétiver-musc salué par tous les critiques, qui a remporté mes suffrages et qui a définitivement marqué mon coupage de cordon envers les parfums sexués.
 
 
« Les Amants » par Magritte
Si mon goût et mon jugement se sont aussi facilement mûs, c’est bien sûr la maturité aidant, mais également grâce au développement des marques de niche. Dans ces maisons qui ont pour ambition de proposer des créations originales et parfois risquées (même si hélas c’est de moins en moins le cas, marché concurrentiel aidant en 2010), on vous susurre très légèrement à l’oreille que ledit parfum est « plutôt » un masculin. Mais jamais on ne vous empêchera de le sentir, puis de l’essayer sur vous, ni même de l’adopter, bien au contraire. Il existe toujours ce discours de communicant, histoire de cibler les magazines qui « vendront » la nouveauté, mais il n’y a plus ce discours de vendeur à acheteur qui vous oblige à restreindre vos élans olfactifs.
 
Publicité « virile » pour Habit Rouge
Je surprends toujours un peu quand je parle de mon dernier coup de cœur, on peut même dire coup de foudre… A la recherche d’un sillage frais mais orientalisant, au caractère affirmé et à la signature impeccable, j’ai succombé à « Habit Rouge ». Tout d’abord en m’offrant (quel beau cadeau personnel, en effet !) l’Extrait, tout en cuir et épices, puis en me souvenant qu’un de mes anciens amoureux portait fort bien l’Eau de Toilette. J’ai littéralement chaviré, avec cette impression d’avoir trouvé une partie de moi-même dans ce classique de Guerlain tellement marqué au masculin. Si on me pardonne d’emprunter des créations dîtes masculines chez les créateurs de niche, je sens encore de la gêne face à certains interlocuteurs qui semblent me reprocher d’être allée me servir dans l’héritage olfactif traditionnel, d’être allée féminiser un parfum toujours plus virilisé à chaque campagne de publicité.
Défilé été 2010 « Hommes » – Jean-Paul Gaultier
 
Le sexisme envers les parfums existe bel et bien, mais peut-on pour autant les enfermer dans une guerre des sexes ? Doit-on s’interdire d’emprunter le pull de son fiancé sous prétexte qu’il l’a acheté au rayon homme ? Doit-on empêcher les petites filles de porter des pantalons ou les cheveux courts ? Doit-on rire lors d’un défilé Jean-Paul Gaultier quand ses mannequins musclés et poilus montrent leurs gambettes sous une jupe ?
 
Coccinelle, première artiste « trans » connue et reconnue en France
 
A chacun de faire comme il lui plait. Mais il serait tellement dommage de passer à côté d’une future belle histoire entre soi et un parfum. Alors, pour celles qui n’osent pas encore, voici une liste non-exhaustive des parfums que je porte… Quant aux messieurs, qu’ils n’hésitent pas à partager leur « it list » de parfums pour dames qui rendent leur sillage si viril !
 

L’Eau du Navigateur (Artisan Parfumeur)
Timbuktu (Artisan Parfumeur)
Burberry London Men (Burberry)
Obsession for Men (Calvin Klein)
Tabarome Millesime (Creed)
Eau Noire (Dior)
Vierge et Toreros (Etat Libre d’Orange)
Gomma (Etro)
Habit Rouge (Guerlain)
Cuiron (Helmut Lang)
Encre Noire (Lalique)
Espelette (Christian Louis)
Oud Cuir d’Arabie (Montale)
L’Ombre Fauve (Parfumerie Générale)
Sartorial (Penhaligon’s)
Noir (Réminiscence)
Patchouli pour Homme (Réminiscence)
Vetiver Oriental (Serge Lutens)
M7 (Yves Saint-Laurent)
 
 
Ce billet est la reprise de ma seconde chronique sur le site américain cafleurebon.com, spécialisé en parfums, et n°2 au classement Wikio. Remerciements à toute l’équipe, en particulier la rédactrice en chef, Michelyn Camen, qui a participé au choix des photos…

Le coup de la cigarette…

« Emmanuelle, toi qui est soi-disant fan de bijoux…. Tu fais grève, ou quoi, sur ton blog ? » Bon, en gros, je me suis aperçue que je n’avais pas parlé de choses légères et jolies depuis de longues semaines, et que vous pourriez mettre en doute mon esprit fifille que je revendique haut et fort (en plus, ça rassurera ma mère !). J’avais en fait prévu de vous parler d’une drôle de broche dégottée sur Internet il y a quelques temps, mais mes envies du moment avaient un peu changé la donne.
Si mes tiroirs débordent de bagues, boucles d’oreilles et colliers, on ne peut pas dire que je sois très « riche » en broches. Certainement parce que j’estime qu’un gros machin à chaque main et à chaque oreille suffisent au décorum, au risque de ressembler à un arbre de Noël avant l’heure. Mais parfois, la broche est bien plus qu’un bijou : c’est un sauve-la-face… Comme pour cette robe imprimée noire que j’adore porter mais dont le premier bouton refuse systématiquement de rester en place plus d’une heure. Et j’ai alors soit le choix de me faire connaître sous le surnom de « la fille en soutien-gorge noir » (oui, j’essaye d’assortir, quand même !), soit d’être juste congratulée sur ma tenue… grâce à la fameuse broche qui retient tout ! Et quand me prend la bonne idée de m’offrir une combinaison bordeaux à ceinture rouge chez mes camarades de H&M, je suis bien obligée de me rendre compte, une fois l’épisode cabine d’essayage expédié, que la coupe cache-cœur donne droit à une place au premier balcon d’où vous vous doutez. Sauf que… Combinaison bordeaux au décolleté XXL + ceinture rouge qui flashe = broche assortie obligatoire ! Et là… Bon courage !
« The » combinaison… ©MBazU
Comme il existe heureusement un Dieu pour les fashionistas, j’ai vite repéré sur le web l’accessoire idéal, original, et drôle. Une fausse cigarette ! Un bijou décalé, comme je les aime souvent, un peu plus « gadget » que les autres, mais comme je ne le porte pas tous les jours, autant qu’il ait de la personnalité. Et puis, la non-fumeuse que je suis y trouve un clin d’œil plutôt drôle en ce temps où les drogués de la clope sont montrés du doigt ! Même si mes rapports avec le tabac sont un peu complexes… Vous allez comprendre pourquoi.
Et un gros plan sur la broche… ©TheFrenchFactory
Mon histoire avec la cigarette…Alors… Tout d’abord un père, ancien gros fumeur ayant arrêté à ma naissance, histoire d’épargner mes poumons. Une mère qui devait consommer un paquet en deux ans, et donc s’autoriser d’en griller une à la fin d’un bon dîner au restaurant. J’avais bien deux oncles très portés sur la chose nicotinée, mais rien que d’évoquer les Gauloises Blondes de l’un, mon estomac fait un grand huit. Donc pas de mauvais exemple sous les yeux, une confiance quasi aveugle de mes parents quant à mon envie de jouer à l’ado rebelle et fumeuse… Confiance que j’ai trahie par deux fois. La première, à douze ans, lors d’une masterclass de violon à Pont St Esprit. La pianiste qui accompagnait lors des concerts nos professeurs, Frédéric Lodéon et Ivry Gitlis, fumait des Dunhill Menthe, très longues et très fines, d’une classe folle. Nous avions trouvé le moyen, avec d’autres stagiaires, d’en récupérer une, je ne sais plus de quelle façon. Mon souvenir ? Une grosse toux d’étouffement, la déception du goût peu mentholé. Bref, un échec. La seconde fois vous fera rire, je n’en doute pas. Alors âgée de 15 ans, et avec l’envie de jouer à la grande, je décidais que oui, je fumerai, sainement et sans danger pour ma santé. Direction la pharmacie pour m’offrir un paquet de cigarettes… aux plantes ! Fière de mon achat, de cette maturité déjà bien établie et de cette intelligence sanitaire, j’allumais donc ma première cigarette sous l’œil pas très convaincu de Dominique, ma meilleure amie de l’époque. Le décor était à la hauteur de mon challenge : les Champs-Elysées ! Premières bouffées tout en marchant d’un pas allègre, la tête haute et la pose limite ParisHiltonesque : tout le monde se retourne sur mon passage… J’y ai cru 15 secondes, mais les quelques neurones qu’il me restait à ce moment là ont vite repris l’ascendant. Ca sentait carrément le barbecue ! Grosse honte, bien sûr, mais surtout vaccination définitive contre la cigarette. Comme quoi, une sacrée bêtise peut vous servir jusqu’au restant de vos jours…
Depuis, j’avoue avoir développé une belle allergie à cette odeur de nicotine. Non pas que je sois une anti-fumeurs primaire, mais l’odeur de tabac froid m’est juste insupportable. Sans compter les nombreuses batailles qu’il a fallu livrer contre ces derniers au moment de l’adoption de la loi Evin. Si j’étais ravie de ne plus être enfumée dans les avions, trains et quais de gares, cela ne faisait pas plaisir à tout le monde, et j’ai souvenir que nombreux ont été ceux qui ont fait figure de résistants, en refusant délibérément de nous laisser profiter de cet air dépollué de nicotine. Il y en eu des insultes, des accusations d’empêcher de vivre librement ! Deuxième phase au bureau, quand le patron est lui-même un gros consommateur et refuse délibérément de suivre la loi, à savoir, à l’époque, réserver une salle exclusivement aux fumeurs, et préserver l’espace de ceux qui ne sont pas cigarettomanes. Chaque mois, en tant que déléguée du personnel, je remettais le non-respect de cette loi à l’ordre du jour. Et chaque mois, je me prenais un vent. J’ai même eu droit à un traitement bien particulier : déménagée dans un bureau avec trois fumeurs, qui bien sûr ne baissaient pas leur consommation pour mes beaux yeux. Troisième et dernière étape : les bars et boîtes de nuit. Je ne comptais plus le nombre de vêtements bons à jeter suite à une soirée où j’étais quasiment la seule à ne pas fumer. Et surtout, dans ces cas-là, ne rien dire, au risque de se faire là aussi insulter ou traiter de casse-pieds (je suis polie). Mais pour cette problématique, j’ai eu droit à ma petite vengeance…
Souvenir d’une soirée cigares-mojitos version montpelliéraine… ©MBazU
Car si je ne suis pas une fumeuse de cigarettes, j’ai par contre adopté le cigare. Tout d’abord parce qu’on ne le fume pas de la même façon. Une cigarette s’attrape souvent sans même y penser, par habitude, se fume à la va-vite et se jette comme on se débarrasserait d’un chewing-gum qui n’a plus de goût. Le cigare, c’est une autre histoire : il faut le choisir, ni trop sec, ni trop souple, le sentir, puis en couper l’extrémité pour enfin démarrer la dégustation. On le fume lentement, avec patience et douceur, sans jamais avaler la fumée tout en lui laissant la possibilité de venir titiller notre palais et d’y asseoir ses notes boisées, miellées, voire sucrées… Une fois les deux-tiers entamés, il faut soigner la dernière ligne droite : prendre son allumette, la passer sur la pointe encore noircie et chaude, non pas inspirer mais expirer, afin d’évacuer le gaz qui s’est accumulé lors de votre « fumage ». Et là, vous voilà reparti pour un dernier tour de piste, avec des saveurs encore plus intenses et savoureuses à déguster.
Vous l’aurez compris, cigarette et cigare n’ont rien à voir pour moi. Voilà pourquoi je me suis amusée, dans les derniers mois où les fumeurs étaient encore autorisés à l’intérieur des bars, à fumer avec délectation mon « Punch Punch » préféré sous le nez de ceux qui n’avaient jamais eu pitié de mon ras-le-bol nicotinien. J’en ai fait fuir, des arrogants et des mal élevés… Pour le coup, c’était moi qui importunait tout ce beau monde de ma fumée !
Que dire ? Que les interdits ne sont pas forcements fait pour être défiés. Qu’il faut savoir être souple, dans un sens ou dans l’autre ; savoir respecter les personnes qui ne supportent pas l’odeur de la fumée, particulièrement envahissante quand on se trouve dans un lieu vierge de toute odeur ; ne pas systématiquement râler quand dans la rue, les fumeurs profitent d’une petite pause pour céder à l’appel de la « clope » ; que fumer, finalement est un acte tout à fait noble quand il est accompli par pur plaisir, pour son propre plaisir. Il me fait souvent peine d’en voir certains ne même plus se rendre compte de ce fameux geste, d’aller chercher la cigarette dans son paquet, de l’allumer et de tirer la plus grosse des bouffées quand le train arrive à quai, histoire de ne pas en rater une miette.
En fait, nobody’s perfect…  Nous en premier ! 😉
Broche Smoke
The French Factory
16€
J’en profite également pour conseiller aux amoureux des cigares le dernier opus d’un camarade journaliste. Guillaume Tesson avait l’an dernier signé un magnifique guide sur les us, coutumes et spécificités du fameux barreau de chaise, sobrement intitulé « Cigares ». Il revient en 2010, tel Rocky Balboa qui remet son titre en jeu, avec cette fois-ci « the » Petit Larousse des Cigares, disponible dans toutes les bonnes librairies. Moi qui ne suis pas fan des conditionnements « gadgets » systématiquement proposés par quelques maisons d’éditions, j’applaudis l’idée de cet humidor qui emballe le livre, une magnifique idée cadeau pour soi ou ceux qu’on aime… et qui met KO tous les adversaires du Dieu cigare !

Le Petit Larousse des Cigares, par Guillaume Tesson
34,90€ dans son coffret en cèdre
Dans toutes les librairies et sur Internet

Il était une fois un parfum qui rendait femme…

C’est l’histoire du passage d’un âge tendre à celui qui nous mène tout droit vers la vie d’adulte. De ces moments empreints d’innocence qui peu à peu s’ouvrent à la prise de conscience d’une existence, celle qui ne dépendra plus de parents protecteurs ou de copains de classe complices, mais de ses propres choix et des belles rencontres qui jalonneront son parcours.

Parlons-en, des rencontres: elles vous font parfois réaliser que vous preniez un mauvais chemin, ou bien qu’il y a encore plus beau à découvrir, à portée de main. Elles transforment d’un coup un quotidien bien huilé en une nouvelle aventure totalement inédite. Elles marquent donc ce chemin de vie et se cochent à la manière de petites étapes qui vous construisent, et vers lesquelles vous aimez certainement revenir, histoire de vous souvenir…
Dans mon histoire personnelle avec le parfum, il est une rencontre qui a marqué un grand tournant de mon existence. J’avais alors presque 15 ans, et mon intérêt se portait simplement sur mes études (en jeune fille bien sage) et sur ma pratique du violon. Les garçons ? Non, vraiment pas. J’observais d’un air amusé mes camarades se laisser griser par ce tout nouveau sentiment amoureux, les filles en rougir, les garçons s’enhardir, mais moi, rien. D’ailleurs, ces jeunes Don Juan me le rendaient bien !

Mon parfum de l’époque ? Bonne question. Certainement quelque chose de peu marquant, et peu important. J’ai souvenir de « Vanille Bourbon » et « Pomme Cannelle », deux créations signées Jean Laporte (avant la scission avec le futur Artisan Parfumeur), que je portaient petite fille. J’aimais celui de mes parents, « KL » de Lagarfeld pour elle, « Aromatics Elixir » de Clinique, pour lui. Et mon premier contact avec un vrai parfum de femme fut un concrete de « Cinabar » d’Estée Lauder, offert par ma mère. Mais jamais, jamais je ne pensais que parfum et féminité pouvaient être liés.

L’année de mes 15 ans, donc, je partais pour un court séjour à Hammamet, en Tunisie, dans le cadre d’un stage musical. A l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, je me balade au duty-free, et décide de dépenser quelques sous confiés par mes parents pour mes loisirs. C’est en me dirigeant vers le stand parfumerie que d’un coup, l’envie de succomber à la tentation m’est venue. J’avais plusieurs fois admiré une magnifique publicité pour un nouveau parfum, et son évocation visuelle était loin d’être classique. On y voyait une femme « baguée » de flacons, un visage très sensuel et mystérieux. Le flacon, d’ailleurs, sort de l’ordinaire : du verre pourpre, emballé dans un packaging vert émeraude. Des couleurs tellement peu familières de mon environnement…

Et son nom : « Poison ». On est loin des parfums vendeurs de rêve, de douce féminité. Il évoque l’interdit, l’inconnu… il me fait rêver, même si je n’ai aucune idée de son odeur. Et d’ailleurs, cela ne m’intéresse pas. Je l’attrape, je le paye, et je le range précieusement dans mon sac, impatiente de porter pour la première fois un parfum de dame.

« Poison » ne m’a pas quittée durant toute la semaine. Il intriguait mes compagnes de chambre, qui ne portaient même pas de parfum, mais surtout, il déclenchait chez les garçons une réaction toute nouvelle : sourires, paroles échangées, invitation à se balader sur la plage ou à danser ensemble lors de nos quelques soirées en discothèque. Pour la première fois de ma vie, je regardais ailleurs et autrement, et le garçon n’était plus cet être idiot et transparent, mais finalement une personne fortement agréable quand on prenait le temps de s’y intéresser.

La question, pour m’aborder était souvent la même : « c’est quoi ton parfum ? », pour les plus courageux. Les autres prenaient parfois l’excuse de nos instruments respectifs pour glisser finement une allusion à cette fragrance qui ne ressemblait à aucune autre aux alentours. Et quand je répondais, fière de mon parfum de dame, revenait toujours la référence à cette fameuse publicité, qui à priori n’était pas passée inaperçue.


C’est lors de ce voyage que je suis tombée pour la première fois amoureuse… Drôle de coïncidence. C’est l’un de mes « admirateurs de parfum » qui m’a envoyé, peu après notre retour, ma première lettre d’amour. J’ai même le souvenir, quelques jours plus tard, en allant en cours, d’être sortie du métro, et d’avoir été « sifflée » par quelques ouvriers à quelques mètres de là. « Poison » m’avait donc ouvert la voie à la féminité, au cœur qui bat pour un autre, à l’envie de plaire, de séduire.


Aujourd’hui, bien sûr, je sais que c’est la troublante et magique tubéreuse qui fut la cause de tous ces émois. Une fleur beaucoup admirée en parfumerie, souvent moins portée qu’elle le pourrait, car encore intimidante, voire trop provocante. Je me souviens avoir ri après avoir lu qu’aux Etats-Unis, certains restaurants interdisaient leur accès aux femmes portant « Poison », comme on le fait aujourd’hui pour les fumeurs. Cela n’est heureusement jamais arrivé en France !


Pourquoi cette envie de vous parler de « Poison » ? Car jusqu’à l’an dernier, il était sagement rangé au rayon des souvenirs. Puis, une envie de le sentir à nouveau s’est présentée, et là, terrible, je découvert qu’il n’est plus distribué qu’avec parcimonie. Je m’interroge et pose la question à plusieurs vendeuses de différentes parfumeries : Dior n’a pas renouvelé les stocks depuis longtemps, et peut-être que… J’avoue que cela m’a fait un choc: le parfum qui m’a fait devenir femme disparaitrait? J’ai donc écrit un long mail à Dior, passé le message à quelques amies passionnées de parfum pour en avoir le cœur net. Finalement, pas d’arrêt, mais un ralentissement. Je n’ai donc pas hésité une seconde : je me suis racheté un flacon, désormais rangé au côté de « Carnal Flower », des Editions Frédéric Malle, et de « Tubéreuse Criminelle », de Serge Lutens. Car non seulement ce parfum m’a fait aimer devenir femme, mais il m’a également fait aimer passionnément la tubéreuse.
Et vous, chères lectrices, quel parfum a marqué votre passage de l’adolescence à la vie adulte? Vous-même, messieurs, en avez certainement une idée…

Direction artistique : Michelyn Camen

Cet article est en fait ma première chronique écrite pour le site américain CaFleureBon (top 10 des sites de parfums aux EUA). Michelyn Camen, sa rédactrice en chef, m’a demandé d’apporter mon regard sur le parfum une fois par mois (chaque troisième lundi, plus précisément), en me laissant totalement libre dans la rédaction. Merci à elle et toute son équipe de leur chaleureux accueil… Avec, je l’espère, la possibilité un jour de leur rendre une petite visite à New-York.
Pour les anglophones, la version « originale » est disponible en cliquant
ICIAvec tout plein d’articles passionnants de mes désormais « collègues » !

Sartorial by Penhaligon’s… Après le nez, les yeux !

Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de mon coup de foudre pour « Sartorial », la dernière création de Penhaligon’s (sortie prévue le 11 octobre… ça approche !).
 
Le jour où j’ai découvert cette merveille, j’ai également été épatée par une vidéo d’animation-promo très créative, et extrêmement « british » dans son humour forcément décalé.
 
Quentin Jones, son auteur, met en scène les protagonistes de Sartorial, à savoir Bertrand Duchaufour, le parfumeur, et Patrick Grant, propriétaire de Norton & Sons, puisque c’est l’atelier de ce tailleur très chic qui a été le point de départ du parfum.
 
Le tout donne un peu plus d’une minute trente d’animation autour des odeurs, des matières, du chemin parcouru pour en arriver au nouveau « bébé » signé Penhaligon’s… Le tout, avec beaucoup d’auto-dérision !
Pour les anglophones, une page dédiée à « Sartorial » a été crée par Penhaligon’s ICI...

 

Ciel, mes z’oiseaux !

Indéci(se)s de la bague qui en impose… J’ai trouvé de quoi attirer votre regard, et, peut-être, donner l’occasion à celles-qui-aimeraient-tant-mais-n’osent-pas de franchir un cap.
C’est en me baladant sur l’excellent blog de Big Beauty (ou la preuve par neuf que l’on peut avoir du style sans obligatoirement rentrer dans du 34 fillette) que j’ai découvert une boutique de bijoux et accessoires proposant plusieurs marques de jeunes créateurs, et répondant au doux nom d’Un Oiseau sur la Branche.
Comme vous avez pu le constater, la quincaillerie sur doigts est l’un de mes péchés mignons, avec, forcément, la curiosité qui va de paire. Une curiosité souvent déçue car dans ce type de boutique en ligne, tout est très joli, mais un peu trop « croquignolet » à mon goût… En langage Emmanuellesque, cela veut dire trop petit, trop fin, et trop classique.
Sauf que là, je suis tombée sur ça :
© Un oiseau sur la branche
Aaargh… une bague à deux anneaux ! Ou mieux encore, un poing américain de poétesse, qui plus est, finement doré. Et croyez-moi, trouver de la fantaisie sans signe extérieur de vulgarité dans cette finition rococo, c’est tout un monde ! Sans oublier que cela impressionne ces messieurs du rugby (testée un jour de match au stade Yves-du-Manoir de Colombes… personne n’a moufté !).
© MBazU
Ce très beau bijou est signé Day Defy. Le modèle est provisoirement en rupture de stock (promis, ce n’est pas de ma faute, je n’en ai commandé qu’une !), mais il y a d’autres merveilles à admirer au fil des pages, dont de très gracieux papillons en soie et organdi chez Jewelera.
Le prix est également un bonne surprise : 25 Euros, avec des frais de port légers, légers (2,56 Euros, en lettre Max). Et Frédérique, qui gère cette boutique « on-line », suit votre commande de près, avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité.
Bon, voici un cliché quelque peu nombriliste, histoire de vous montrer que je maîtrise l’art de l’anneau qui voit double. Cela rend très bien avec un vernis sombre, par exemple le fameux vert de Sephora dont je vous parlais précédemment, le Rouge Noir de Chanel, ou encore un beau bleu nuit…
J’ai ici tenté une petite fantaisie avec un joli gris de la marque BBU, référence Bucharest Baenasa, 11 Euros, débusqué chez Colette.
© MBazU

« Traversée du Bosphore », my Turkish Delight…

Le hasard, n’existe pas… Il semble même parfois programmé.
Ce hasard, c’est un enchaînement de petites choses qui m’ont amenée à partager ce billet avec vous, et un parfum encore enfoui dans le secret d’un atelier situé à quelques mètres du Louvre et de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. C’est là que Bertrand Duchaufour compose, dans un fouillis très organisé, propre aux artistes. Et d’avoir simplement osé contacter l’auteur de « Sartorial » (voir article précédent) juste pour l’envie de découvrir un jour, peut-être, son univers, je me suis finalement retrouvée dans l’antre quasi sacrée, nichée au premier étage de la boutique l’Artisan Parfumeur, rue de l’Amiral de Coligny.
Le pourquoi du comment ? La découverte de « Traversée du Bosphore », le prochain opus qui portera les couleurs de la Maison. Bertrand Duchaufour, son créateur, y est depuis deux ans l’équivalent d’un Directeur Artistique, un mariage qui a donné de beaux enfants, tels « Fleur de Liane », « Havana Vanille » (aujourd’hui rebaptisé « Vanille Absolument »), « Al Oudh » et « Nuit de Tubéreuse ». Et pour cette fin d’année 2010, ce n’est pas un petit Jésus qui se profile, mais plutôt une réincarnation de Fitnat Hanim, poétesse turque du XVIIIe siècle…
« Traversée du Bosphore » est l’inspiration d’un voyage à Instanbul, où l’auteur n’a bien sûr pas su résister à l’appel de son sens le plus développé. Trop d’effluves primaires, exaltées et panachées, de cuir, d’épices, de fleurs… Dans ce vertigineux bouquet odorant, il a également trouvé l’axe central qui ne nous lâche pas les narines et transpose cette palette stambouliote en véritable « Turkish Delight » : le loukoum est en effet l’invité vedette de cette ode à la sensualité, un loukoum pistache-rose forcément gourmand et féminin, qui pose sa patte dès les notes de tête et s’amplifie tout du long. D’abord vanillé, puis poudré, pour enfin se poser comme du sucre glace sur votre peau.
© Bertrand Duchaufour

Mais reprenons du début. Le cuir, non pas celui des tanneries, trop cru et trop animal, mais celui des grossistes, enroulé et entassé, prêt à être travaillé, apprêté et cousu chez les maroquiniers. C’est ce cuir qui donne le « la », ce signal qui met au diapason tout ce qui va suivre. Un cuir qui ne s’impose pas grossièrement, mais s’accouple avec une tulipe aux effets safran (Bertrand Duchaufour me souffle que l’odeur du safrol, l’un des composants de cette épice, est très proche de celle du cuir… Comme on se retrouve !). L’iris vient renforcer la note florale du parfum, et s’invite à la fête, bras dessus-bras dessous avec la grenade, si juteuse et légèrement acide.

Un départ en fanfare, avec des notes sucrées, animales, fleuries et fruitées…
Mais que se passe t-il ensuite ?
© Bertrand Duchaufour
Les épices, pardi ! Un bouquet de gingembre, safran et clou de girofle qui exulte comme un ballet de derviches tourneurs, non pas coiffé d’un bonnet rouge, mais d’un coeur de pomme. Pas n’importe laquelle, celle que l’on fume en chicha…
Hum… nous voilà parties vers les voies de l’interdit, mais Diable, pourquoi pas ?
Imaginez-vous alors sur le Bosphore, allongée dans une barque, les yeux dressés vers le ciel bleu et sans nuages d’Istanbul, enivrée par cette véritable procession d’odeurs. Vous perdez la tête, non ?
A ce moment-là, une charmante marchande de douceurs s’invite dans votre rêve. Autour d’elle, des montagnes de loukoums, tous plus appétissants les uns que les autres. « Pistache ou rose, mademoiselle ? ». Comment, il faut choisir ? Heureusement, Bertrand Duchaufour vous connait bien, et tranche dans le vif. Rose ET pistache, féminine ET fine bouche. Son parfum s’arrondit et vous enveloppe. Vous êtes prise au piège ! Alors, vous n’y tenez plus, et croquez dedans. Le sucre glace se colle à vos lèvres, la rose vous enivre et la pistache vous embarque dans la plus douce des gourmandises…. Ciel, que c’est bon !
© Bertrand Duchaufour
Rassasiée de sensations fortes, vous n’aspirez désormais qu’au repos, à une douce sieste apaisante. Vous vous imaginez enveloppée dans les chaudes brumes d’un bain turc. La chaleur, le bois du poêle, les baumes frottés sur votre corps. C’est l’abandon…
« Traversée du Bosphore », qui sortira en novembre, est une invitation au voyage qui mène  de concert à la sensualité. A la fois racé et presque doucereux, il est à l’image de LA femme, celle qui assume ses formes et son cerveau, ses talons aiguilles et sa montre d’homme. Un de ces parfums à forte personnalité qui ne vous saute pas à la gorge (ni à celle des autres) mais se fond peu à peu sur votre peau. Une peau à caresser, croquer, et, pourquoi pas… lécher !
Mais là, je vous laisse à votre douce intimité…

Traversée du Bosphore

Eau de Parfum – 100ml

L’Artisan Parfumeur




Sortie : novembre 2010


Les photos © Bertrand Duchaufour ont été prises lors de son séjour à Istanbul.

Sartorial… My tailor is chic !

En parfum, comme dans la vie, le coup de foudre n’est pas quelque chose qui vous tombe dessus tous les quatre matins. Ou à chaque année bissextile. Voire, mais là c’est bien triste… pendant toute une vie.

Souvent, d’ailleurs, le coup de foudre vous prend sans même l’avoir vu venir. Vous me direz, c’est pour cela qu’on parle de « coup » (car pour la foudre, le tonnerre a la bonne idée de le précéder). Il peut y avoir des signes avant-coureurs, comme un détail qui nous fait irrémédiablement vibrer, ou une réputation patiemment entretenue, prête à nous prendre dans ses bras.

C’est en me baladant rue Saint-Honoré que je me suis jetée dans la gueule du loup. Ou plutôt… dans celle de Sartorial, futur nouveau-né(z) de Penhaligon’s. Je n’avais pour guide qu’un article lu sur le Net (blog Indieperfumes, brièvement repris sur osmoz.fr), assez bien tourné et renseigné pour aiguiser ma curiosité.

Du cuir, de la cire d’abeille, des épices. Hmm, quelle belle invitation ! Mais entre le discours et la parole d’un parfum, il y a parfois des incompréhensions, voire de la vantardise. Et la rencontre tourne alors à la déception. A la tristesse. Au fiasco.

J’entrais donc du bout des pieds, ce vendredi, dans ce cocon « so British » qu’est la boutique Penhaligon’s. C’est une démarche toujours un peu coupable, quand vous voyez autour de vous tant de flacons, de créations prêtes à vous séduire, et de n’être là que pour une raison : faire connaissance avec celle que l’on ne voit pas encore, qui se cache avant le grand jour, et qui, forcément, aiguise votre curiosité.

Mais avant de pouvoir se serrer l’un contre l’autre, les présentations s’imposent : Sartorial est née de l’inspiration de Bertrand Duchaufour, un « nez » qui fait un sans-faute depuis quelques années déjà, avec, en figure de proue les fameux Avignon (Série Incense pour Comme des Garçons), Timbuktu, Méchant Loup, Al Oudh, Nuit de Tubéreuse,  et Absolument Vanille (ex Havana Vanille) pour l’Artisan Parfumeur, ou encore Amaranthine… pour Penhaligon’s. Une inspiration née d’une balade au coeur de Savile Row, mecque londonienne des costumes sur-mesure, avec, en contrepoint, une plongée dans l’atelier de création du tailleur Norton & Sons.

Bertrand Duchaufour a ainsi voulu transposer la richesse des couleurs, la préciosité des tissus et la douceur des formes que l’on peut trouver dans ce lieu dédié au chic masculin. Il n’a pas boudé, bien au contraire, les références olfactives au mobilier et aux outils, des lames des ciseaux à l’huile des machines à coudre. Et le résultat…

Un coup de foudre. Un éclat de matières premières qui se mêlent et s’entremêlent, jouent à se fondre dans votre peau en prenant le rythme des battements de votre coeur. Une poussée d’épices (cardamome, poivre noir, gingembre frais) aussitôt reprise en mains par un délicat cocktail de fève tonka, de lavande, de cuir et de miel. Ca bat, ça pulse, ça vit… Une pointe de patchouli vient vous titiller les narines, aussitôt doublée par une note d’ambre vanillée. Il y a du monde au balcon, mais tous s’accordent dans une même danse et vous emportent dans leur sillage à la patine foudroyante !

Les maisons de haute-couture jouent aujourd’hui la carte du « plaire à tout le monde », ce qui a pour conséquence d’imposer, en particulier en cette rentrée 2010, des parfums sans caractère et sans identité. Penhaligon’s s’est refusé à un jeu si facile, et a respecté sa culture des créations « aristocratiquement chics », tout en s’ouvrant à un univers olfactif extrêmement sensuel et racé.

Sartorial a également un sexe… celui du « perfect gentleman », car Savile Row est plutôt porté sur le costume trois-pièces. Mais sa finesse invite les femmes qui n’ont pas froid au yeux, ni au nez, à se blottir dans son sillage. Il suffit tout simplement de se laisser porter…

Mon coup de foudre demandera, hélas, un peu de patience pour vivre pleinement notre histoire. Sartorial sera en effet disponible sur Paris à partir du 11 octobre prochain, entre autres dans la boutique située au 209 rue St Honoré, en flacon de 50ml (70 Euros) ou 100ml (100 Euros).

Crédit-photo : Penhaligon’s

Un Rykiel pour 2,50 Euros…

Comme je comprends les kiosquiers…
Depuis quelques années déjà, et certainement pour relancer la vente de la presse magazine, les petits cadeaux en tout genre ou « DVD compris » se multiplient sur leurs étals. A eux de jongler avec des parutions qui prennent deux fois plus de place, glissent des présentoirs (ah, les emballages plastiques !) et s’amassent dans tous les recoins de leur espace de travail.
Mais ma « girlish-attitude-que-je-revendique-même-si-parfois-c’est-la-honte » a dernièrement fait fi des états d’âmes de nos gentils marchands de journaux.
Tout d’abord quand début août, l’hebdomadaire Elle proposait une marinière spécialement dessinée par Jean-Paul Gaultier, dans le cadre de la campagne « Born HIV Free ». Le modèle était joli, mais de plus, il était extrêmement portable, ce qui n’est pas un moindre exploit quand celui-ci est distribué en taille unique.
Aujourd’hui, j’ai réédité le concept du « lire ET se vêtir » en achetant le Biba d’octobre. Le mensuel fête ce mois-ci ses 30 ans d’existence, et pour marquer le coup, a proposé à Nathalie Rykiel de réfléchir à un cadeau élégant et forcément fashion. La digne fille de sa mère a eu l’oeil, le flair, et le coup de crayon heureux en créant un foulard imprimé léopard (mais de teinte grise, drôlement plus classe), agrémenté de gros coeurs fuschia et violet, les couleurs-phares de la maison icône du boulevard St Germain.
Une merveille ! Non seulement le modèle est facile à porter, à la fois assez sobre pour une tenue classique et totalement funky pour se sentir « à la mode », mais ses dimensions permettent toutes les fantaisies : 50cm de largeur, pour 160cm de longueur. En ceinture, en turban, en écharpe ou en bandeau… C’est sûr, celui-là ne dormira pas dans mon dressing !
Ah oui, j’oubliais… Il vous en coûtera 2,50 Euros supplémentaires par rapport au prix habituel du magazine, soit 4,40 Euros en tout.
Moi je dis, c’est meilleur pour la santé qu’une cigarette, et bien plus abordable qu’un vénérable Punch Punch !!!
Crédit-photo : Biba

Nom de code : L32…

C’est un rituel chaque année : à l’heure où nos chères têtes blondes (ou brunes, ou rousses, d’ailleurs) préparent avec plus ou moins d’impatience leur cartable tout neuf pour la rentrée scolaire, je me mets, moi, au niveau pour la sortie des nouveaux parfums ou autres collections de maquillage.

Je trainais donc tout à l’heure au Séphora de Boulogne, histoire d’humer quelques senteurs inédites. Pas grand chose, à vrai dire. « Bleu » de Chanel et  « Belle d’Opium » de Saint-Laurent, déjà fait… hélas pour mes narines !
J’ai par contre été « happée » par une vendeuse qui n’a même pas attendu que je lui réponde oui ou non : et hop, une mouillette du « nouveau parfum de Guerlain », (en fait, « Idylle », en version eau de toilette). Mon naturel gaffeur n’a pu se retenir en lâchant une grimace pas très élégante, je l’avoue. Un « beurk » qui s’est d’ailleurs amplifié quand cette même vendeuse m’a affirmé qu’il lui rappelait… « Féminité du Bois », de Lutens. Bon, et si je restais calme, et que je m’éloignais vite fait de cette énergumène en tailleur noir ?
Je continuais donc ma ballade pour m’arrêter au stand maquillage du magasin. Et mon oeil l’a repéré de suite : un beau vert, sombre, profond, tirant très légèrement sur le gris.
Je l’ai donc essayé sur l’ongle de mon pouce droit, qui joue parfois le rôle de mannequin-vedette.
Absolument sublime, très brillant, intense, facile à pinceauter, et nullement ridicule. Cela m’a d’ailleurs rappelé mon premier contact avec le fameux « Rouge Noir » de Chanel, qui à l’époque de sa sortie mettait en vedette une couleur bien à part des us et coutumes en matière de  vernis.
Chez Séphora, pas de noms poétiques ou de nombre cochable dans votre grille d’EuroMillions.
Le nom de code de ma découverte ? C’est L32 (L comme laque). Passage en caisse : 4,90 Euros.
Et le plaisir, une fois rentrée au chaud, de féliciter mon inconscient… L32 est totalement assorti à ma bague préférée. Quel talent !!!