Sartorial by Penhaligon’s… Après le nez, les yeux !

Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de mon coup de foudre pour « Sartorial », la dernière création de Penhaligon’s (sortie prévue le 11 octobre… ça approche !).
 
Le jour où j’ai découvert cette merveille, j’ai également été épatée par une vidéo d’animation-promo très créative, et extrêmement « british » dans son humour forcément décalé.
 
Quentin Jones, son auteur, met en scène les protagonistes de Sartorial, à savoir Bertrand Duchaufour, le parfumeur, et Patrick Grant, propriétaire de Norton & Sons, puisque c’est l’atelier de ce tailleur très chic qui a été le point de départ du parfum.
 
Le tout donne un peu plus d’une minute trente d’animation autour des odeurs, des matières, du chemin parcouru pour en arriver au nouveau « bébé » signé Penhaligon’s… Le tout, avec beaucoup d’auto-dérision !
Pour les anglophones, une page dédiée à « Sartorial » a été crée par Penhaligon’s ICI...

 

Ciel, mes z’oiseaux !

Indéci(se)s de la bague qui en impose… J’ai trouvé de quoi attirer votre regard, et, peut-être, donner l’occasion à celles-qui-aimeraient-tant-mais-n’osent-pas de franchir un cap.
C’est en me baladant sur l’excellent blog de Big Beauty (ou la preuve par neuf que l’on peut avoir du style sans obligatoirement rentrer dans du 34 fillette) que j’ai découvert une boutique de bijoux et accessoires proposant plusieurs marques de jeunes créateurs, et répondant au doux nom d’Un Oiseau sur la Branche.
Comme vous avez pu le constater, la quincaillerie sur doigts est l’un de mes péchés mignons, avec, forcément, la curiosité qui va de paire. Une curiosité souvent déçue car dans ce type de boutique en ligne, tout est très joli, mais un peu trop « croquignolet » à mon goût… En langage Emmanuellesque, cela veut dire trop petit, trop fin, et trop classique.
Sauf que là, je suis tombée sur ça :
© Un oiseau sur la branche
Aaargh… une bague à deux anneaux ! Ou mieux encore, un poing américain de poétesse, qui plus est, finement doré. Et croyez-moi, trouver de la fantaisie sans signe extérieur de vulgarité dans cette finition rococo, c’est tout un monde ! Sans oublier que cela impressionne ces messieurs du rugby (testée un jour de match au stade Yves-du-Manoir de Colombes… personne n’a moufté !).
© MBazU
Ce très beau bijou est signé Day Defy. Le modèle est provisoirement en rupture de stock (promis, ce n’est pas de ma faute, je n’en ai commandé qu’une !), mais il y a d’autres merveilles à admirer au fil des pages, dont de très gracieux papillons en soie et organdi chez Jewelera.
Le prix est également un bonne surprise : 25 Euros, avec des frais de port légers, légers (2,56 Euros, en lettre Max). Et Frédérique, qui gère cette boutique « on-line », suit votre commande de près, avec beaucoup de gentillesse et de disponibilité.
Bon, voici un cliché quelque peu nombriliste, histoire de vous montrer que je maîtrise l’art de l’anneau qui voit double. Cela rend très bien avec un vernis sombre, par exemple le fameux vert de Sephora dont je vous parlais précédemment, le Rouge Noir de Chanel, ou encore un beau bleu nuit…
J’ai ici tenté une petite fantaisie avec un joli gris de la marque BBU, référence Bucharest Baenasa, 11 Euros, débusqué chez Colette.
© MBazU

Dan Fante, au nom du père, du fils et de l’écriture…

Amateurs et amatrices de plumes sages, de verbiages politiquement corrects et de best-sellers Grand Journalisables, passez de suite votre chemin… L’écrivain dont il est question ici est sans rapport aucun avec M.L., le chouchou du moment, ni même avec A.N., que tant trouvent délicieusement « truffée ». Il ne raconte pas de belles histoires avec de jolies fins, ne trempe pas sa plume dans l’encre Iroshizuku couleur Yama-Guri, et ne déroule pas sous vos yeux le « Manuel du savoir-écrire en société ».
Non, Dan Fante n’est rien de tout ça. C’est un instinctif, un « fils de » (John), un gratteur de mots qui s’est découvert ce talent sur le tard, avec toute la gouaille, les situations scabreuses et les entailles morales que vous dessine une vie sacrément mouvementée.
Ne soyez pas vexé(e) si son nom ne vous dit rien, en tout cas si vous ne saviez pas que John avait un fils qui… Moi-même, la semaine dernière, j’ignorais son existence ; et c’est par le biais d’une interview réalisée par Guillaume (The Chesterfield Project), que j’ai découvert cet écrivain du vrai, du brut, et de l’instinct. J’ai choisi une défloration littéraire en douceur, avec « Régime Sec » (Short dog), un recueil de nouvelles qui traduit très bien le style Dan Fante : des paumés qui survivent, des cons qui mériteraient bien un coup de pied aux fesses, des donzelles qui sont tout sauf farouches, et tout cela dans des situations à la fois terre-à-terre et rocambolesques, où la cruauté humaine tutoie souvent la fatalité divine. Pour vous mettre en mots tout cela, un langage cru, parfois, des dialogues encore plus vrais que du vrai, souvent, et des phrases qui respirent au rythme d’un froid réalisme, toujours. Vous aventurer dans du Dan Fante, ce n’est pas vous enrouler dans un pull cachemire rose bonbon, mais plutôt vous couvrir de la veste d’uniforme poussiéreuse et pleine de trous d’un ancêtre simple soldat. A la guerre !
Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, j’ai eu la chance d’assister ce dimanche à une discussion organisée dans le cadre du festival America de Vincennes, où Dan Fante intervenait sur le thème « Fante père et fils »… Tout un programme quand on connait le parcours du romancier. Lui-même père de Michelangelo Giovanni Fante, six ans, il ne s’est pas réfugié derrière une quelconque miséricorde, se livrant avec pudeur, mais sans détours, aux nombreux spectateurs du théâtre Francis-Scott Fitzgerald.
Comme je vous le disait plus haut, la vie de Fante n’a pas été de tout repos. Alcoolique, SDF, « chouchou » des policiers, il n’avait aucune vision de ce qu’il pouvait être, mis à part le « fils de ». Et donc, du lourd. C’est un jour, par pur hasard, qu’il a découvert sa vocation.
En 1988, une énième fois sans le sou, et alors hébergé par sa mère, Dan ne trouve rien de mieux à faire que de fouiller dans le garage familial. Il y découvre la vieille machine à écrire de son père, et un reste de ramette de papier ayant servi à l’écriture de l’une de ses dernières oeuvres (John Fante est ensuite devenu aveugle). Sans réfléchir, il met un peu d’huile dans le mécanisme des touches et commence à écrire : « Pour la première fois de ma vie, j’ai pensé à une histoire, et pas à moi« . Des premiers mots tapés avec le fantôme paternel derrière son dos. « J’avais l’impression d’écouter ses conseils, de corriger une ponctuation mal placée ou une phrase qui ne voulait rien dire. Bon, au final, c’était nul ! Alors, je l’ai réécrit« .
Ainsi est né « Les anges n’ont rien dans les poches » (Chump Change). Ont suivi d’autres oeuvres aux titres… évocateurs, mais qui, en version originale, sont parfois encore plus savoureux. Des romans, « En crachant du haut des buildings » (Spitting off Tall Buildings), « La tête hors de l’eau » (Mooch), « Limousines blanches et blondes platine » (86’d), ou de la poésie en prose, « De l’alcool dur et du génie » (A Gin-pissing-raw-meat-dual-Carburator-V8-Son-of-a-bitch from Los Angeles), et « Bons baisers de la grosse barmaid » (Kissed by a fat Waitress). Quand on compare le père et le fils, le « genre Dante », la base de leur filiation littéraire existe : c’est la fiction autobiographique.
Remontons un peu, même beaucoup, en arrière. Grand-père, père, et lui-même ont tous été alcooliques, et doués pour raconter des histoires. Dan Fante nous donne une explication tout ce qu’il y a de plus parlante : « C’est comme d’avoir les yeux marrons, c’est génétique. Nous étions tous pareils« . Ce goût des vapeurs aux degrés souvent supérieurs à 40, il les explique par les origines de la famille, native des Abruzzes, en Italie. Une région nichée dans les montagnes, où l’hiver dure près de 9 mois. Il fallait bien s’occuper quand la neige envahissait le village, alors le grand-père Fante jouait et buvait. Mais il racontait également de belles histoires. John a hérité de ce talent de « performer », et l’a transmis à Dan.  Le village existe toujours, avec à peine plus d’un millier d’âmes, plus ou moins liés entre eux : « J’y retourne tous les ans, voire plus. Je m’y sens chez moi. La grand-mère du maire est une Fante, comme bon nombre d’habitants. En fait, nous sommes tous un peu cousins !« 
Revenons au rapport père-fils. Un père admiré mais avec qui les rapports filiaux n’étaient pas simples : « Vivre avec lui, c’était sans doute comme vivre avec Picasso. Il avait deux humeurs ; soit il était en colère, soit il était très en colère« . Dan Fante parle d’un homme passionné, difficile à vivre, donc, mais également très critique. Envers lui-même et ses proches. Leur relation a longtemps été tendue : « Nous communiquions en criant, et il valait mieux que nous ne nous retrouvions pas dans la même pièce ! » Le père et le fils se rapprocheront avec les années, Dan étant même le seul membre de la famille présent au chevet de John dans les derniers instants de sa vie. « Il s’est passé quelque chose de curieux le jour de sa mort. Les trois infirmières qui s’occupaient de lui se prénommaient Mary, Maria et Marie. Pour la petite histoire, mon père avait été enfant de choeur dans son enfance. Cela faisait trois jours qu’il était dans le coma. Puis d’un coup, il s’est arrêté de respirer. Je lui ai alors crié « respire », et il s’est remis à respirer. Puis de nouveau, sa respiration a cessé. L’une des infirmières, l’une des trois « Marie », m’a alors dit très simplement de le laisser partir. »
Laisser partir l’homme qui lui a fait « le plus beau cadeau« , celui de transmettre sa passion de l’écriture : « On ne peut pas donner plus important« . Et puis, les similitudes existent, en tout cas dans le plus profond de leur inconscient. John Fante avait une belle vie, jouant au golf avec ses amis, allant boire (trop) dans les bars, et surtout gagnant très bien sa vie comme scénariste à Hollywood, à la grande époque du cinéma américain. Mais cela ne le rendait pas heureux : « Mon père était partagé en deux, même si c’était difficile à percevoir. Il détestait écrire des scénarii, qui pourtant lui rapportaient beaucoup d’argent. Il préférait écrire des romans, qui ne rapportaient pas autant, bien sûr. »

« Traversée du Bosphore », my Turkish Delight…

Le hasard, n’existe pas… Il semble même parfois programmé.
Ce hasard, c’est un enchaînement de petites choses qui m’ont amenée à partager ce billet avec vous, et un parfum encore enfoui dans le secret d’un atelier situé à quelques mètres du Louvre et de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. C’est là que Bertrand Duchaufour compose, dans un fouillis très organisé, propre aux artistes. Et d’avoir simplement osé contacter l’auteur de « Sartorial » (voir article précédent) juste pour l’envie de découvrir un jour, peut-être, son univers, je me suis finalement retrouvée dans l’antre quasi sacrée, nichée au premier étage de la boutique l’Artisan Parfumeur, rue de l’Amiral de Coligny.
Le pourquoi du comment ? La découverte de « Traversée du Bosphore », le prochain opus qui portera les couleurs de la Maison. Bertrand Duchaufour, son créateur, y est depuis deux ans l’équivalent d’un Directeur Artistique, un mariage qui a donné de beaux enfants, tels « Fleur de Liane », « Havana Vanille » (aujourd’hui rebaptisé « Vanille Absolument »), « Al Oudh » et « Nuit de Tubéreuse ». Et pour cette fin d’année 2010, ce n’est pas un petit Jésus qui se profile, mais plutôt une réincarnation de Fitnat Hanim, poétesse turque du XVIIIe siècle…
« Traversée du Bosphore » est l’inspiration d’un voyage à Instanbul, où l’auteur n’a bien sûr pas su résister à l’appel de son sens le plus développé. Trop d’effluves primaires, exaltées et panachées, de cuir, d’épices, de fleurs… Dans ce vertigineux bouquet odorant, il a également trouvé l’axe central qui ne nous lâche pas les narines et transpose cette palette stambouliote en véritable « Turkish Delight » : le loukoum est en effet l’invité vedette de cette ode à la sensualité, un loukoum pistache-rose forcément gourmand et féminin, qui pose sa patte dès les notes de tête et s’amplifie tout du long. D’abord vanillé, puis poudré, pour enfin se poser comme du sucre glace sur votre peau.
© Bertrand Duchaufour

Mais reprenons du début. Le cuir, non pas celui des tanneries, trop cru et trop animal, mais celui des grossistes, enroulé et entassé, prêt à être travaillé, apprêté et cousu chez les maroquiniers. C’est ce cuir qui donne le « la », ce signal qui met au diapason tout ce qui va suivre. Un cuir qui ne s’impose pas grossièrement, mais s’accouple avec une tulipe aux effets safran (Bertrand Duchaufour me souffle que l’odeur du safrol, l’un des composants de cette épice, est très proche de celle du cuir… Comme on se retrouve !). L’iris vient renforcer la note florale du parfum, et s’invite à la fête, bras dessus-bras dessous avec la grenade, si juteuse et légèrement acide.

Un départ en fanfare, avec des notes sucrées, animales, fleuries et fruitées…
Mais que se passe t-il ensuite ?
© Bertrand Duchaufour
Les épices, pardi ! Un bouquet de gingembre, safran et clou de girofle qui exulte comme un ballet de derviches tourneurs, non pas coiffé d’un bonnet rouge, mais d’un coeur de pomme. Pas n’importe laquelle, celle que l’on fume en chicha…
Hum… nous voilà parties vers les voies de l’interdit, mais Diable, pourquoi pas ?
Imaginez-vous alors sur le Bosphore, allongée dans une barque, les yeux dressés vers le ciel bleu et sans nuages d’Istanbul, enivrée par cette véritable procession d’odeurs. Vous perdez la tête, non ?
A ce moment-là, une charmante marchande de douceurs s’invite dans votre rêve. Autour d’elle, des montagnes de loukoums, tous plus appétissants les uns que les autres. « Pistache ou rose, mademoiselle ? ». Comment, il faut choisir ? Heureusement, Bertrand Duchaufour vous connait bien, et tranche dans le vif. Rose ET pistache, féminine ET fine bouche. Son parfum s’arrondit et vous enveloppe. Vous êtes prise au piège ! Alors, vous n’y tenez plus, et croquez dedans. Le sucre glace se colle à vos lèvres, la rose vous enivre et la pistache vous embarque dans la plus douce des gourmandises…. Ciel, que c’est bon !
© Bertrand Duchaufour
Rassasiée de sensations fortes, vous n’aspirez désormais qu’au repos, à une douce sieste apaisante. Vous vous imaginez enveloppée dans les chaudes brumes d’un bain turc. La chaleur, le bois du poêle, les baumes frottés sur votre corps. C’est l’abandon…
« Traversée du Bosphore », qui sortira en novembre, est une invitation au voyage qui mène  de concert à la sensualité. A la fois racé et presque doucereux, il est à l’image de LA femme, celle qui assume ses formes et son cerveau, ses talons aiguilles et sa montre d’homme. Un de ces parfums à forte personnalité qui ne vous saute pas à la gorge (ni à celle des autres) mais se fond peu à peu sur votre peau. Une peau à caresser, croquer, et, pourquoi pas… lécher !
Mais là, je vous laisse à votre douce intimité…

Traversée du Bosphore

Eau de Parfum – 100ml

L’Artisan Parfumeur




Sortie : novembre 2010


Les photos © Bertrand Duchaufour ont été prises lors de son séjour à Istanbul.

Nikki Yanofsky, petite fée du jazz…

C’est un véritable petit génie que j’ai découvert, mardi soir, lors de l’enregistrement de l’émission « L’Heure de Jazz », animée par Jean-Yves Chaperon sur RTL. Un petit bout de femme de tout juste 16 ans, véritable sosie d’Audrey Tautou, mais dont la frêle constitution cache un organe vocal qui laisse pantois. Accompagnée par trois musiciens (piano, basse, batterie) qui n’ont pas loin d’avoir deux décennies d’avance sur elle, Nikki Yanofsky a bluffé tout le public, enchaînant classiques (« Lullaby of Birdland », « Somewhere », « You’ll have to sing it, Mr Paganini ») et compositions personnelles. Un grain de voix d’une sacrée maturité, des basses veloutées et profondes, et des aigus limpides, caractéristiques de son jeune âge.

Si j’ai été « esbroufée », c’est qu’avant de voir cette jeune canadienne anglophone sur scène, j’avais effectué un petit repérage sur Internet, histoire de vérifier dans quoi je m’engageais. Et je me souviens avoir été impressionnée par son sens du rythme, comparable à Ella Fitzgerald. Nikki maîtrise en effet le scat avec une sacrée roublardise (le scat est cette forme d’improvisation qui remplace les paroles par des onomatopées), s’amusant même, mardi soir, à en inverser l’ordre. Une technique puisée en écoutant la grande Ella, Louis Armstrong (le précurseur !) ou des soli de trompette. J’imaginais bien que l’artiste n’était pas une vétérante du jazz, mais quand Jean-Yves Chaperon nous a décliné son identité… et son âge, j’avais déjà les yeux grands ouverts.

Nikki Yanofsky a tout de même un peu de « bouteille ». Ses débuts remontent à 2006, quand le directeur du Festival de Jazz de Montréal la repère dans un concert caritatif. La gamine d’alors 12 ans ne s’est jamais frottée à l’exercice, et ne connait pas même le répertoire. Sa seule référence, un album de jazz dans la discothèque familiale, le fameux « Duets » d’Ella Fitzgerald et Louis Armstrong. Elle va donc s’atteler à apprendre quelques classiques, histoire de ne pas rater ses débuts sur la scène du plus grand festival du monde. Le succès sera immédiat, et depuis, chaque année, Montréal lui ouvre son micro et sa scène, un rendez-vous qu’elle ne raterait sous aucun prétexte.

Inconnue il y a encore quelques mois en France, c’est un autre prestigieux festival, celui de Nice, qui l’a révélée au public hexagonal. Là encore, un véritable concert de louanges, tant la jeune fille a du talent à revendre, mais également une belle énergie à partager. Sa communion avec le public n’est que sourires, regards pétillants et échanges sur ce qu’elle chante. Ainsi, mardi soir, Nikki nous a interprété « la toute première chanson (que j’ai) apprise », et s’est attaqué à une version jazzy de « Old MacDonald », une comptine extrêmement populaire chez les anglo-saxons. A l’aise devant quelques spectateurs, mais également devant près de 3,2 milliards de téléspectateurs pour interpréter la chanson officielle des JO de Vancouver, lors de la cérémonie d’ouverture. Sa seul peur, nous a t-elle avoué, était de garder l’équilibre sur ses talons de 11 cm…

© Jeff Lipsky

Chanteuse de jazz, notre sosie d’Amélie Poulain, l’est… et l’aime ! Mais il y a un « mais » : impossible pour elle de se rendre aux multiples concerts qui se donnent à Montréal, puisque la plupart se déroulent le soir, dans des clubs… interdits aux moins de 18 ans ! Malgré cette situation assez singulière, Nikki Yanofsky a pu se rattraper lors de sessions en journée, et assister à des ateliers animés par Nancy King ou Sheila Jordan, deux grandes dames du jazz.

Nikki n’a bien entendu pas encore atteint sa maturité artistique. Sa gestuelle, encore un peu enfantine et parfois gauche, laisse transparaitre son manque d’expérience de la vie, de l’amour, des blessures. Elle est de ces excellents crus qui se bonifient avec le temps, se veloutent et se drapent de mystère. Pas de doute qu’elle a devant elle une magnifique carrière… et nos oreilles, de merveilleux moments à passer en sa compagnie !

Son MySpace : http://www.myspace.com/nikkiyanofsky

Son premier album (sorti le 17 septembre 2010)
« Nikki », chez Decca

Diffusion de l’émission consacrée à Nikki Yanofsky
Dimanche 17 octobre à 23H, sur RTL

Mont-Blanc… Mon miam !

Enfin, un peu de gourmandise dans ce blog ! Je m’étonne même de ne pas avoir évoqué mon goût pour les bonnes choses auparavant, tant le sujet m’est sensible.
Je suis un bec sucré depuis très, très longtemps, étant même encouragée en ce sens par des parents limites gâteux envers leur fille unique. Mon budget bonbons était de 10 Francs par passage, ce qui faisait de moi la meilleure copine de notre boulangère. La première fois, je crois qu’elle a voulu vérifier si je ne me fichais pas d’elle. Non, non, j’avais bien les sous en poche, et je repartais toute fière avec mon gros sachet de friandises, généralement réservé pour emballer les croissants tout chauds.
Mais avec les années, mon palais s’est affiné. Tout d’abord en matière de salé. J’ai appris à aimer quasiment tout, sauf peut-être le céleri rémoulade et les endives cuites, mais là, il faut remercier les cantines de mes différents établissements scolaires. Je pense être assez gourmette pour me laisser guider au hasard des plats, partir à la découverte de nouvelles associations… tant que le produit est bon !
Pour le sucré, cet apprentissage s’est déroulé dans le cadre professionnel, par un passage chez Pierre Hermé. Un poste d’attachée de presse, qui « m’obligeait » à connaître toutes les créations. A mes premiers jours dans cette très belle maison, j’ai ainsi dû tout goûter : Ispahan, mille-feuilles, viennoiseries, délices chocolatés, et j’en passe. A chaque nouvelle collection de pâtisseries, mon travail consistait à présenter et faire goûter ces délices aux journalistes. Le rythme était intense, et mes hanches pouvaient en témoigner. Mais l’envers du décor m’a surtout permis de côtoyer Pierre Hermé, un technicien hors-pair, capable de définir par sa connaissance encyclopédique des produits les proportions idéales d’une nouvelle création. Ceux qui pratiquent la pâtisserie savent qu’à un gramme près, une recette peut s’écrouler… C’est dire le niveau de l’artiste. Autour de lui, toute une équipe de pâtissiers et pâtissières talentueux et passionnés, travaillant très tôt le matin, et en rythme encore plus effréné lors des fêtes de fin d’année. Alors, j’ai forcément appris…
L’une de mes gourmandises préférées vous parlera sans doute : le Mont-Blanc. Une tuerie composée de vermicelles de crème de marron, dissimulant sous leurs sillons une meringue surmontée de crème chantilly.
Et cet après-midi, trainant dans le quartier Tuileries (cela devient une habitude !), je n’ai pu résister à l’appel du palais, me trouvant à quelques mètres seulement du temple de Mont-Blanc, le très réputé Angelina. Le décor de ce salon de thé reste assez suranné, mais c’est finalement ce qui fait son charme. La population y est assez variée, puisque vous pouvez croiser les inévitables touristes, mais également des dames (de tout âges) très élégantes, voire même des hommes d’affaires.
Je commandais donc mon fameux Mont-Blanc, accompagné d’un thé vert, histoire de ne pas gâcher toute la suavité du marron, une alliance découverte lors d’un séjour au Japon (toujours pour Pierre Hermé), et depuis adoptée.
Mmmh… Que du bonheur ! Il ne m’a fallu que quelques minutes pour lui faire son sort, en prenant toutefois bien garde à ne pas jouer aux gloutonnes. L’union du marron, assez granuleux en bouche, avec la légèreté de la chantilly et le croquant-collant de la meringue en font une pâtisserie absolument divine, pas trop sucrée, mais extrêmement goûteuse.
Petit clin d’oeil de la vie, c’est Sébastien Bauer qui est aujourd’hui le chef pâtissier d’Angelina. Côtoyé chez Pierre Hermé (il avait alors en charge la fabrication et les tests des nouvelles créations), il a depuis bien grandi et se fait peu à peu un nom dans ce petit monde très fermé de la gastronomie, car le garçon est doué. J’avoue avoir repéré du coin de l’oeil le « Dita », un cocktail pâtissier dédié à la très belle et sensuelle effeuilleuse Dita von Teese (cocktail orange et gingembre au Cointreau et dessert en suspension : crème légère à la violette, confits suprêmes d’orange, mini baba imbibé au Cointreau, gelée de violette, gelée d’orange et gingembre). Le Mille-feuilles Fraise-Pistache me parle bien également. Et, du côté des « classiques », l’Olympe (biscuit macaron à la violette cristallisée, gelée de fraise et de framboise, crème mousseline à la violette, framboises fraîches) me fait un sacré appel du pied !
Ma dégustation… du début à la fin : 5 minutes chrono !

Angelina
226 rue de Rivoli – Paris 1er
2 place de la Porte Maillot (Palais des Congrès) – Paris 17e
Petit Trianon, Château de Versailles (boutique à emporter)

Sartorial… My tailor is chic !

En parfum, comme dans la vie, le coup de foudre n’est pas quelque chose qui vous tombe dessus tous les quatre matins. Ou à chaque année bissextile. Voire, mais là c’est bien triste… pendant toute une vie.

Souvent, d’ailleurs, le coup de foudre vous prend sans même l’avoir vu venir. Vous me direz, c’est pour cela qu’on parle de « coup » (car pour la foudre, le tonnerre a la bonne idée de le précéder). Il peut y avoir des signes avant-coureurs, comme un détail qui nous fait irrémédiablement vibrer, ou une réputation patiemment entretenue, prête à nous prendre dans ses bras.

C’est en me baladant rue Saint-Honoré que je me suis jetée dans la gueule du loup. Ou plutôt… dans celle de Sartorial, futur nouveau-né(z) de Penhaligon’s. Je n’avais pour guide qu’un article lu sur le Net (blog Indieperfumes, brièvement repris sur osmoz.fr), assez bien tourné et renseigné pour aiguiser ma curiosité.

Du cuir, de la cire d’abeille, des épices. Hmm, quelle belle invitation ! Mais entre le discours et la parole d’un parfum, il y a parfois des incompréhensions, voire de la vantardise. Et la rencontre tourne alors à la déception. A la tristesse. Au fiasco.

J’entrais donc du bout des pieds, ce vendredi, dans ce cocon « so British » qu’est la boutique Penhaligon’s. C’est une démarche toujours un peu coupable, quand vous voyez autour de vous tant de flacons, de créations prêtes à vous séduire, et de n’être là que pour une raison : faire connaissance avec celle que l’on ne voit pas encore, qui se cache avant le grand jour, et qui, forcément, aiguise votre curiosité.

Mais avant de pouvoir se serrer l’un contre l’autre, les présentations s’imposent : Sartorial est née de l’inspiration de Bertrand Duchaufour, un « nez » qui fait un sans-faute depuis quelques années déjà, avec, en figure de proue les fameux Avignon (Série Incense pour Comme des Garçons), Timbuktu, Méchant Loup, Al Oudh, Nuit de Tubéreuse,  et Absolument Vanille (ex Havana Vanille) pour l’Artisan Parfumeur, ou encore Amaranthine… pour Penhaligon’s. Une inspiration née d’une balade au coeur de Savile Row, mecque londonienne des costumes sur-mesure, avec, en contrepoint, une plongée dans l’atelier de création du tailleur Norton & Sons.

Bertrand Duchaufour a ainsi voulu transposer la richesse des couleurs, la préciosité des tissus et la douceur des formes que l’on peut trouver dans ce lieu dédié au chic masculin. Il n’a pas boudé, bien au contraire, les références olfactives au mobilier et aux outils, des lames des ciseaux à l’huile des machines à coudre. Et le résultat…

Un coup de foudre. Un éclat de matières premières qui se mêlent et s’entremêlent, jouent à se fondre dans votre peau en prenant le rythme des battements de votre coeur. Une poussée d’épices (cardamome, poivre noir, gingembre frais) aussitôt reprise en mains par un délicat cocktail de fève tonka, de lavande, de cuir et de miel. Ca bat, ça pulse, ça vit… Une pointe de patchouli vient vous titiller les narines, aussitôt doublée par une note d’ambre vanillée. Il y a du monde au balcon, mais tous s’accordent dans une même danse et vous emportent dans leur sillage à la patine foudroyante !

Les maisons de haute-couture jouent aujourd’hui la carte du « plaire à tout le monde », ce qui a pour conséquence d’imposer, en particulier en cette rentrée 2010, des parfums sans caractère et sans identité. Penhaligon’s s’est refusé à un jeu si facile, et a respecté sa culture des créations « aristocratiquement chics », tout en s’ouvrant à un univers olfactif extrêmement sensuel et racé.

Sartorial a également un sexe… celui du « perfect gentleman », car Savile Row est plutôt porté sur le costume trois-pièces. Mais sa finesse invite les femmes qui n’ont pas froid au yeux, ni au nez, à se blottir dans son sillage. Il suffit tout simplement de se laisser porter…

Mon coup de foudre demandera, hélas, un peu de patience pour vivre pleinement notre histoire. Sartorial sera en effet disponible sur Paris à partir du 11 octobre prochain, entre autres dans la boutique située au 209 rue St Honoré, en flacon de 50ml (70 Euros) ou 100ml (100 Euros).

Crédit-photo : Penhaligon’s

Un Rykiel pour 2,50 Euros…

Comme je comprends les kiosquiers…
Depuis quelques années déjà, et certainement pour relancer la vente de la presse magazine, les petits cadeaux en tout genre ou « DVD compris » se multiplient sur leurs étals. A eux de jongler avec des parutions qui prennent deux fois plus de place, glissent des présentoirs (ah, les emballages plastiques !) et s’amassent dans tous les recoins de leur espace de travail.
Mais ma « girlish-attitude-que-je-revendique-même-si-parfois-c’est-la-honte » a dernièrement fait fi des états d’âmes de nos gentils marchands de journaux.
Tout d’abord quand début août, l’hebdomadaire Elle proposait une marinière spécialement dessinée par Jean-Paul Gaultier, dans le cadre de la campagne « Born HIV Free ». Le modèle était joli, mais de plus, il était extrêmement portable, ce qui n’est pas un moindre exploit quand celui-ci est distribué en taille unique.
Aujourd’hui, j’ai réédité le concept du « lire ET se vêtir » en achetant le Biba d’octobre. Le mensuel fête ce mois-ci ses 30 ans d’existence, et pour marquer le coup, a proposé à Nathalie Rykiel de réfléchir à un cadeau élégant et forcément fashion. La digne fille de sa mère a eu l’oeil, le flair, et le coup de crayon heureux en créant un foulard imprimé léopard (mais de teinte grise, drôlement plus classe), agrémenté de gros coeurs fuschia et violet, les couleurs-phares de la maison icône du boulevard St Germain.
Une merveille ! Non seulement le modèle est facile à porter, à la fois assez sobre pour une tenue classique et totalement funky pour se sentir « à la mode », mais ses dimensions permettent toutes les fantaisies : 50cm de largeur, pour 160cm de longueur. En ceinture, en turban, en écharpe ou en bandeau… C’est sûr, celui-là ne dormira pas dans mon dressing !
Ah oui, j’oubliais… Il vous en coûtera 2,50 Euros supplémentaires par rapport au prix habituel du magazine, soit 4,40 Euros en tout.
Moi je dis, c’est meilleur pour la santé qu’une cigarette, et bien plus abordable qu’un vénérable Punch Punch !!!
Crédit-photo : Biba

Des Hommes et des Dieux, un Grand Prix éclairé…

Déjà, la bande-annonce…
Quand j’entends le deuxième mouvement de la 7e symphonie de Beethoven, quoiqu’il arrive, mon coeur bat plus fort, et le charme opère déjà.
Le sujet ? Un véritable fait-divers, celui de l’enlèvement et de l’assassinat en 1996 de plusieurs moines cisterciens de Tibhirine (Algérie). Le film nous narre la vie de ces serviteurs de Dieu, quelques mois avant le drame, sur ce qu’on imagine avoir été leur quotidien, leurs réflexions, leurs peurs…
C’est un film lent, où les images ne se bousculent pas, où le silence est omniprésent mais partie prenante des dialogues. Les lumières sont sobres, naturelles, souvent grises, austères, à l’image de l’enfermement digne et humaniste de ces moines. Il y a aussi des rayons de soleil, quand ces derniers se mêlent à la population locale, partagent leurs fêtes, ou évoquent la Bible et le Coran.
La tension est palpable tout au long de ce « docufiction ». Tout comme frère Christian et ses compagnons, on s’attend à tout moment à subir l’irruption des membres du GIA dans ce paisible monastère. Leur souffle est parfois court, et le nôtre se met au diapason. Les moines doutent, prennent peur devant la violence qui monte autour d’eux, écartelés entre leurs devoirs de religieux, et leurs faiblesses psychologiques semblables à celles de Monsieur-tout-le-monde.
Et la musique, forcément.
En fait, pas de trace de Beethoven, qui aura simplement servi pour la bande-annonce. Des chants religieux, bien sûrs. Mais également une scène absolument culte, où frère Luc pénètre dans la salle à manger, bouteille de vin et cassette à la main. L’image, assez truculente, fait sourire ses camarades. La cassette se met en route et d’un coup, « La Mort du Cygne » résonne. Suivent alors des plans magnifiques, fixés sur les regards, les sourires, puis les larmes, la peur… et la résignation. La magie de Tchaikovsky alliée à la maestria de Xavier Beauvois nous met un gros coup dans l’estomac.
Quant à la distribution, elle est tout simplement magnifique. La Presse met en avant Lambert Wilson, et à juste titre, mais les autres acteurs sont également à saluer. Jacques Herlin (frère Amédée) et Michael Lonsdale (frère Luc), sont particulièrement touchants. Le premier, le plus âgé du groupe, et sans doute le plus sage. Le second, dont l’activité de médecin le rapproche parfois plus de l’esprit des Lumières que de celui de Dieu, me rappelle de plus quelqu’un de très proche…
Il n’y a pas de secret. A l’apparition du générique de fin, très peu de paroles dans la salle. Un silence omniprésent. Du recueillement, même. Du mal à se lever de son siège. Le soulagement d’être venue seule car, et c’est assez inhabituel me concernant, aucune envie de parler ou d’échanger la moindre parole sur ce que je viens de voir. Je rentre chez moi avec ce silence dans la tête, et il m’a fallu un peu plus d’une heure pour sortir de ce calme, allumer la télévision et monter un peu le son.
La force de ce film est de ne pas sombrer dans le psychodrame-martyr, d’admirer la force intellectuelle et mystique de ces hommes qui ne sont pas dénués de tremblements, et qui, malgré leurs différences, en arrivent à la même conclusion. Il y a très peu de scènes rapides (et donc violentes), mais c’est une oeuvre très forte.
« Des Hommes et des Dieux » nous emmène sur ce chemin trop peu emprunté par les êtres humains, ces dernières semaines, celle de l’écoute, du dialogue, de la compréhension, et de l’amour de l’autre.

La bande-annonce…

Nom de code : L32…

C’est un rituel chaque année : à l’heure où nos chères têtes blondes (ou brunes, ou rousses, d’ailleurs) préparent avec plus ou moins d’impatience leur cartable tout neuf pour la rentrée scolaire, je me mets, moi, au niveau pour la sortie des nouveaux parfums ou autres collections de maquillage.

Je trainais donc tout à l’heure au Séphora de Boulogne, histoire d’humer quelques senteurs inédites. Pas grand chose, à vrai dire. « Bleu » de Chanel et  « Belle d’Opium » de Saint-Laurent, déjà fait… hélas pour mes narines !
J’ai par contre été « happée » par une vendeuse qui n’a même pas attendu que je lui réponde oui ou non : et hop, une mouillette du « nouveau parfum de Guerlain », (en fait, « Idylle », en version eau de toilette). Mon naturel gaffeur n’a pu se retenir en lâchant une grimace pas très élégante, je l’avoue. Un « beurk » qui s’est d’ailleurs amplifié quand cette même vendeuse m’a affirmé qu’il lui rappelait… « Féminité du Bois », de Lutens. Bon, et si je restais calme, et que je m’éloignais vite fait de cette énergumène en tailleur noir ?
Je continuais donc ma ballade pour m’arrêter au stand maquillage du magasin. Et mon oeil l’a repéré de suite : un beau vert, sombre, profond, tirant très légèrement sur le gris.
Je l’ai donc essayé sur l’ongle de mon pouce droit, qui joue parfois le rôle de mannequin-vedette.
Absolument sublime, très brillant, intense, facile à pinceauter, et nullement ridicule. Cela m’a d’ailleurs rappelé mon premier contact avec le fameux « Rouge Noir » de Chanel, qui à l’époque de sa sortie mettait en vedette une couleur bien à part des us et coutumes en matière de  vernis.
Chez Séphora, pas de noms poétiques ou de nombre cochable dans votre grille d’EuroMillions.
Le nom de code de ma découverte ? C’est L32 (L comme laque). Passage en caisse : 4,90 Euros.
Et le plaisir, une fois rentrée au chaud, de féliciter mon inconscient… L32 est totalement assorti à ma bague préférée. Quel talent !!!